Le nom de Patrik Laine recommence à circuler du côté des Blues de Saint-Louis. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas parce que Saint-Louis voit soudainement en Laine un joueur clé pour son avenir. C’est beaucoup plus froid que ça. Beaucoup plus calculé.
On est en train d’entrer dans la phase stratégique du dossier.
En entrevue à TSN 690, Pierre LeBrun a posé un jalon important : pour la première fois depuis des semaines, il a ouvert publiquement la porte à un scénario où le Canadien pourrait… ne pas échanger Laine avant le 6 mars. Pas par conviction sportive. Par logique d’affaires.
LeBrun a été très clair dans son raisonnement, qu’on peut résumer ainsi :
« Le contrat de Laine pourrait bouger dans une transaction plus large si Kent Hughes voit une vraie occasion d’améliorer son top-6. Mais si cette opportunité-là ne se présente pas, Montréal pourrait très bien terminer la saison avec lui. Toutes les options sont sur la table. »
Autrement dit : le Canadien refuse maintenant de payer pour se débarrasser de Laine juste pour calmer le bruit médiatique.
Et ce changement de discours est majeur.
Jusqu’ici, tout pointait vers un départ inévitable. Maintenant, on parle d’un départ conditionnel. Conditionnel à l’arrivée d’un attaquant significatif. Conditionnel à une vraie opportunité hockey. Conditionnel au prix réel pour sortir le contrat.
Pourquoi? Parce que garder Laine devient soudainement une option rationnelle.
Après la date limite, Montréal devra respecter le plafond salarial, mais ne sera plus limité à 23 joueurs. Et surtout : si Laine reste dans l’organisation sans jouer, son contrat n’affectera pas la masse salariale des séries. À l’inverse, s’il est échangé avec rétention, ce montant comptera sur la masse de séries.
Ce détail-là change complètement l’équation.
Résultat : Kent Hughes n’a plus aucune raison de brûler un actif ou de retenir du salaire simplement pour « tourner la page ». Si aucune acquisition offensive majeure n’est possible, garder Laine jusqu’à la fin de la saison devient paradoxalement l’option la plus logique.
Et c’est exactement là que Saint-Louis entre dans le portrait.
Parce que pendant que le dossier Laine se refroidit à Montréal, le Canadien est revenu à la charge, pour une quatrième fois, dans le dossier Jordan Kyrou.
Tout concorde.
Montréal a essentiellement mis Robert Thomas sur la glace, jugeant le prix demandé irréaliste. Les Blues exigeaient l’équivalent de trois actifs majeurs (trois choix top-15), incluant un défenseur premium, un jeune centre et un choix de première ronde. Le CH a refusé d’aller là. Michael Hage est intouchable, tout comme Alexander Zharovsky. Oliver Kapanen est vu comme le futur troisième centre de cette équipe. Kaiden Guhle est protégé.
Contrairement à David Reinbacher, qui pourrait prendre le chemin de St-Louis avec Laine.
Alors le Canadien a pivoté.
Kyrou devient la cible.
Et soudainement, Laine prend tout son sens dans cette négociation.
Pourquoi?
Parce que Kyrou gagne 8,125 M$ par saison.
Laine est à 8,7 M$.
Les contrats sont pratiquement jumeaux.
Ce que Saint-Louis regarde présentement, ce n’est pas Laine comme joueur. C’est Laine comme outil comptable. Dans un montage impliquant Kyrou, Laine peut servir de salary dump intégré à la transaction, permettant aux deux équipes d’équilibrer les chiffres sans ajouter un autre contrat lourd.
Dans ce scénario, Montréal envoie Laine à Saint-Louis pour faire fonctionner la mécanique financière, pendant que le retour hockey tourne autour de Kyrou, avec, possiblement, David Reinbacher comme pièce centrale.
Et là, on comprend pourquoi le Canadien est revenu frapper à la porte.
Guhle n’a jamais été disponible pour Kyrou. Saint-Louis a essayé cet été. Refus catégorique.
Mais Reinbacher? Selon ce qui circule, les Blues seraient maintenant prêts à discuter sérieusement autour de lui pour Kyrou. C’est nouveau. Et c’est là que le dossier devient réel.
Parce que Reinbacher est devenu, au fil des semaines, la vraie variable d’ajustement du Canadien. Pas Hage. Pas Guhle. Reinbacher.
Montréal peut envisager de bouger un défenseur de premier plan. Montréal peut absorber ou déplacer Laine pour équilibrer un échange. Montréal est prêt à donner du capital.
Mais Montréal refuse toujours de sacrifier ses piliers offensifs d’avenir.
Patrik Laine n’est plus simplement un joueur à échanger.
Il est devenu un levier stratégique.
Le Canadien n’est plus pressé. Il observe. Il compare Thomas, Kyrou, Kadri, O’Reilly. Il attend que le marché se révèle. Et si aucune vraie amélioration offensive n’est au bout du tunnel, garder Laine devient une option parfaitement défendable.
Mais si Kyrou est réellement disponible à un prix structuré autour de Reinbacher, avec Laine servant de pièce salariale?
Là, Montréal écoute.
On n’est plus dans la rumeur.
On est dans une négociation active.
Et pour la première fois depuis longtemps, le Canadien n’agit pas en position de faiblesse.
Il contrôle le tempo.
Ce n’est plus une question d’émotion.
C’est une question d’arithmétique, de timing… et de pouvoir.
Laine, lui... est impuissant... jusqu'à la corde...
