Transaction d'un défenseur offensif pour un vétéran: Kent Hughes va trancher

Transaction d'un défenseur offensif pour un vétéran: Kent Hughes va trancher

Par David Garel le 2026-01-10

Il n’y a plus de débat possible : Bryce Pickford est en train de faire exactement ce qu’un jeune joueur ambitieux doit faire pour forcer la discussion. Il marque. Il marque encore. Il marque trop pour qu’on l’ignore.

Un autre tour du chapeau hier.

Avec 31 buts, au premier rang de toute la WHL, et 58 points, quatrième meilleur pointeur du circuit, Pickford n’est plus simplement un défenseur offensif intéressant : il est devenu un phénomène statistique, toutes positions confondues. Et c’est précisément là que le dossier devient fascinant… et délicat.

Parce que si Pickford attire autant l’attention, ce n’est pas seulement à cause de ce qu’il est en train de faire, mais à cause du contexte dans lequel il le fait.

La WHL actuelle est la pire ligue du junior, affaiblie défensivement, vidée d’une partie de son talent vers la NCAA. Pickford, lui, est un overager : né le 2 avril 2006, il aura 20 ans au printemps.

Il ne domine pas à 17 ans contre des hommes, il exploite parfaitement une fenêtre où son corps, son tir et sa confiance ont rattrapé la ligue. Ce n’est pas un reproche. C’est une lecture honnête.

Et surtout, cette explosion n’est pas sortie de nulle part. Pickford n’a jamais été un prodige instantané. À 16 et 17 ans, il apprenait.

L’an dernier, il a progressé. Cette saison, il a appuyé sur l’accélérateur. Ce genre de progression tardive excite énormément les recruteurs professionnels, parce qu’elle suggère un joueur qui a trouvé son identité… même si cette identité devra être remodelée chez les pros.

C’est exactement pour cette raison que le Canadien de Montréal a agi rapidement en lui offrant un contrat d’entrée de trois ans. Mais il faut être clair : signer un joueur ne signifie pas le sacrer intouchable. Surtout pas dans l’organisation actuelle du CH.

À Montréal, la ligne bleue n’est pas vide. Elle est congestionnée. Lane Hutson est déjà le prodige et le moteur offensif.

Noah Dobson et Mike Matheson sont aussi des défenseurs de nature offensive.

Kaiden Guhle et David Reinbacher forment le noyau défensif du futur. Adam Engström a pris de l’avance sur Arber Xhekaj et Jayden Struble dans la hiérarchie du futur.

Et Mike Matheson, qu’on le veuille ou non, est encore là pour manger des minutes et porter la rondelle. La question n’est donc pas émotive. Elle est structurelle : a-t-on vraiment besoin d’un autre défenseur offensif droitier à développer, à polir, à replacer dans un rôle?

La réponse interne, selon ce qui circule dans la ligue, est beaucoup plus nuancée que l’enthousiasme des partisans. Et c’est là que Pickford devient extrêmement intéressant… pour les autres équipes.

Le Canadien, lui, sait exactement ce qu’il cherche présentement. Pas un autre défenseur spectaculaire à long terme.

Il cherche de l’impact maintenant. Un attaquant robuste capable de marquer. Une peste de séries. Un train qui frappe et qui produit.

Les noms circulent depuis des semaines : Kiefer Sherwood, Blake Coleman, parfois même un gros poisson plus coûteux. En défense, Montréal regarde aussi du côté des droitiers établis, des options A et B capables de stabiliser l’arrière-garde immédiatement.

Et dans presque tous ces scénarios, le problème est le même : le prix. Un attaquant top-6 ou un défenseur droitier de premier plan ne s’obtient jamais à rabais.

Kent Hughes refuse de toucher à ses vrais intouchables (Reinbacher, Guhle, Hage, Zharovsky), mais il doit quand même présenter des actifs séduisants.

C’est exactement là que Bryce Pickford entre dans la conversation de la LNH.

Un défenseur droitier de 6 pieds 1, 186 livres, en feu dans le junior, sous contrat, spectaculaire, pas intouchable, et encore loin de la LNH.

Pour plusieurs équipes, c’est un rêve de monnaie d’échange. Un joueur qu’on peut intégrer dans un package sans compromettre le cœur du futur montréalais, mais qui fait grimper immédiatement la valeur globale d’une offre.

Des discussions théoriques circulent déjà dans les coulisses : Pickford + Owen Beck + un choix élevé au repêchage, parfois combiné à un défenseur déjà établi comme Struble, commence à ressembler à une proposition sérieuse pour débloquer un dossier majeur comme Rasmus Andersson.

Pour Sherwood ou Coleman, le prix sera inférieur à ce package, mais Pickford pourrait bel et bien être impliqué.

Pas parce que Pickford est “jetable”. Mais parce que le hockey professionnel n’est pas une accumulation de chiffres bruts. C’est une question de fenêtres, de rôles et de priorités.

À Montréal, la fenêtre s’ouvre dans une direction très claire. Elle ne passe pas par l’empilement d’un autre défenseur offensif qui devra se réinventer à 20 ans dans la Ligue américaine. Elle passe par l’acquisition d’un joueur capable d’aider maintenant, dans un vestiaire qui commence à croire pour vrai.

C’est toute la complexité et toute la brutalité du dossier Pickford. Plus il marque, plus il devient précieux. Mais pas nécessairement pour ce qu’il sera à Montréal. Pour ce qu’il peut rapporter à Montréal.

Kent Hughes et Jeff Gorton le savent. Ils ont signé ce contrat en comprenant très bien que ce joueur pouvait devenir une clé de négociation majeure au bon moment

. Et ce moment approche. Dans une ligue où l’impact immédiat se paie au prix fort, un défenseur offensif en feu, même overager, même imparfait, peut faire sauter une digue.

Ce n’est peut-être que le début pour Bryce Pickford.

Mais ce début-là pourrait très bien se poursuivre… ailleurs.