Nazem Kadri ne fait plus semblant.
Après des semaines de rumeurs, de signaux indirects et de conversations de corridor, le message est maintenant clair dans les cercles bien branchés de la LNH : Nazem Kadri veut un nouveau départ. Il veut partir. Et son avenir se joue essentiellement entre deux marchés : le Canadiens de Montréal et les Kings de Los Angeles.
Ce n’est pas une surprise totale. On le sentait depuis un moment. Calgary est rendu ailleurs dans sa courbe, l’équipe plafonne, et Kadri, lui, ne veut pas terminer ses meilleures années dans une reconstruction molle.
l veut encore gagner. Il veut encore être au cœur de l’action. Et surtout, détail majeur, il rêve de jouer à Montréal. L’équipe de son enfance. L’équipe de son père. Le marché ne lui fait pas peur. La pression ne l’intimide pas. Contrairement à Blake Coleman, Kadri embrasse exactement ce que Montréal représente.
C’est là que le dossier devient explosif.
Parce que le Canadien est toujours intéressé.
Kent Hughes et Jeff Gorton n’ont jamais fermé la porte. Même quand Oliver Kapanen a commencé à calmer les inquiétudes au centre, même quand le besoin immédiat s’est déplacé vers l’aile droite, Kadri est demeuré dans le décor comme option hybride : centre capable de jouer à l’aile, moteur émotionnel, joueur bâti pour les séries, capable d’absorber du gros hockey quand ça devient lourd.
Kadri, ce n’est pas un complément.
C’est un vétéran qui change le ton d’un match, d’une série, d’un vestiaire.
Et à Montréal, on sait très bien que ce type de joueur ne pousse pas dans les arbres.
Mais évidemment, rien ne sera gratuit avec les Flames de Calgary.
Calgary veut rajeunir. Calgary veut des actifs. Calgary veut du contrôle.
Et là, la vraie question devient : qu’est-ce que Montréal est prêt à sacrifier?
Une chose est déjà claire dans tout ce dossier : Oliver Kapanen n’est pas disponible. Le Canadien l’a choisi. Point final. Kapanen est vu comme une pièce structurante à moyen terme, pas comme une monnaie d’échange.
Alors on regarde ailleurs.
Du côté de Calgary, l’intérêt pour Kirby Dach n’a jamais complètement disparu. Dach reste un profil intrigant pour les Flames : gros gabarit, talent brut, encore jeune. S’il faut mettre un attaquant établi dans l’équation, c’est lui qu’on regarde en premier.
Mais le vrai nerf de la guerre est probablement à la ligne bleue.
Montréal regorge de défenseurs gauchers… et Calgary le sait.
Un des trois devra presque assurément faire partie du montage :
Arber Xhekaj, pour son côté intimidant et identitaire.
Jayden Struble, pour son jeu simple et robuste.
Ou Adam Engstrom, pour son potentiel à long terme.
Il y aura un défenseur gaucher dans l’histoire. C’est pratiquement inévitable.
Reste à savoir lequel.
Ensuite vient la question du choix de première ronde. Est-ce qu’un "first" est sur la table? Très possible surtout si les Flames retiennent du salaire, alors que le contrat de Kadri est de 7 M$ par année jusqu'en 2029.
Un package réaliste commence à ressembler à ça :
Kirby Dach et/ou un jeunedéfenseur gaucher de soutien.
Un choix de première ronde (protégé) ou un actif équivalent
Ce n’est pas rien.
Mais Kadri, à son meilleur, c’est un centre top-6 capable de changer le destin du CH en séries.
Et pendant ce temps, à Los Angeles, on observe.
Les Kings sont dans le coup, Mais Kadri, lui, regarde Montréal en premier. Ce n’est pas anodin. Dans une ligue où les joueurs utilisent de plus en plus leur influence pour orienter leur destination, ce genre de préférence pèse lourd dans une négociation, surtout avec une liste "no-trade" de 13 équipes.
Ajoutez à ça que Blake Coleman est officiellement hors du portrait montréalais (il veut aller à Dallas, sa famille est là-bas, sa maison est là-bas, son avenir est là-bas) et soudainement, Kadri devient la cible la plus logique si le Canadien décide d’ajouter du poids et du caractère à son alignement.
Le gel des transactions est terminé.
La date limite approche (6 mars).
Les lignes sont tracées.
Nazem Kadri veut partir.
Montréal est prêt à écouter.
Calgary attend son prix.
Ce n’est plus une rumeur abstraite.
C’est un vrai dossier actif.
Et si Kent Hughes décide d’appuyer sur la gâchette, ce ne sera pas pour un joueur périphérique. Ce sera pour un gars qui accepte Montréal. Qui veut Montréal. Qui choisit Montréal.
Dans un marché où tant de joueurs fuient la pression, ça vaut quelque chose.
Et Nazem Kadri, lui, ne fuit pas.
