Transaction Montréal-Floride: bombe sportive pour Kent Hughes

Transaction Montréal-Floride: bombe sportive pour Kent Hughes

Par Nicolas Pérusse le 2025-07-22

Anton Lundell est en train de vivre une crise silencieuse.

Il a deux bagues de la Coupe Stanley, un contrat béton jusqu’en 2030, et pourtant, il est coincé dans un rôle qui l’étouffe.

Troisième centre dans un alignement où rien ne bouge. Barkov est indétrônable. Bennett vient de signer un contrat à long terme. Lundell, lui, regarde autour… et voit la cage se refermer.

Il n’a jamais chialé publiquement. Mais ceux qui le connaissent savent. L’entourage commence à grogner. Son agent, Markus Letho, n’est pas du genre à faire du bruit dans les médias, mais il est clair que la patience commence à s’effriter.

Lundell a prouvé tout ce qu’il avait à prouver dans un rôle limité. Il veut plus. Il mérite plus.

Et Kent Hughes doit être à l’écoute.

Parce que Lundell, dans n’importe quelle autre organisation, serait déjà installé comme un deuxième centre fiable, complet, et en pleine ascension.

À 23 ans, il a déjà disputé près de 300 matchs dans la LNH. Il produit de façon stable, il excelle en défensive, il comprend le jeu mieux que la moitié de la ligue. Il a la réputation d’un joueur sérieux, mature.

Au repêchage, certains l’avaient étiqueté comme un centre défensif pur. Mais depuis, il a fermé des bouches. Il a démontré qu’il pouvait faire bien plus qu’annihiler des menaces adverses.

Le problème, c’est qu’en Floride, personne ne veut lui ouvrir la porte. On lui offre des miettes de temps de glace. Jamais plus que seize minutes par soir. Aucune chance sur le premier power play.

Et malgré tout, il produit. Malgré tout, il progresse.

Et c’est précisément pour ça qu’il est devenu le joueur parfait à sacrifier pour les Panthers.

Florida a gagné, mais à quel prix. Pas de choix de première ronde pendant trois ans. Pas de relève à la défense. Rien au poste de gardien. Bobrovsky a 37 ans. La banque est vide. Et l’espace sous le plafond est mince.

Ils n’ont pas le luxe de garder tout le monde. Ils ont misé sur leur noyau. Marchand, Bennett, Ekblad. Tous ont été prolongés. Tous grugent l’espace salarial. Quelqu’un doit tomber.

Et Lundell est la pièce qui rapporte gros, sans briser la dynamique.

Ce n’est pas un secret. Dans les coulisses, plusieurs équipes se préparent. Et Kent Hughes doit en faire partie.

Parce que Lundell, c’est exactement ce que le Canadien recherche depuis deux ans.

Un centre two-way, responsable, jeune, déjà établi, et signé à prix d’ami. Cinq millions par année pour un joueur qui pourrait devenir un deuxième centre élite, c’est une aubaine comme on en trouve peu.

Et le fit avec Martin St-Louis est limpide.

Lundell est un joueur intelligent, coachable, intense. Il joue sur 200 pieds, il n’a pas besoin d’être encadré. Il rend les autres meilleurs.

C’est le genre de centre qui ferait briller Demidov et qui stabiliserait l’attaque immédiatement. Il ne fait pas de bruit, il ne se plaint pas, mais il joue du gros hockey. Le genre de gars que tu veux dans ton noyau pour dix ans.

Et c’est là que le bras de fer commence.

Parce qu’à l’interne, les Panthers ont un besoin criant devant le filet. Bobrovsky n’a plus qu’un an de contrat. Il a 37 ans. Spencer Knight n’a pas convaincu. Et leur pipeline est vide. Il ne reste rien. Ils veulent un gardien d’avenir. Et ils ont un nom en tête : Jacob Fowler.

Le joyau du Canadien.

Et là, la réponse de Kent Hughes est venue rapidement. Non.

Pas question de sacrifier Fowler. Pas question de céder le prochain Carey Price dans un échange, peu importe la tentation.

Le Canadien a déjà trop attendu pour avoir un vrai gardien numéro un en devenir. Fowler est à Laval, il s’en vient, il frappe fort et t le CH le protège comme un joyau. 

Même si la Floride insiste, Montréal propose une autre option : Samuel Montembeault.

Le gardien québécois, celui que les Panthers eux-mêmes avaient soumis au ballottage en 2021, est devenu un actif précieux.

Il n’a pas de clause. Il a un contrat d’une valeur incroyable. Et il est stable. Solide. Fiable. Exactement ce que la Floride recherche pour maintenir son niveau de jeu derrière Bobrovsky une dernière saison, tout en assurant une transition douce.

Mais le Floride ne veut rien savoir de rapatrier par transaction un joueur qu'il ont placé au ballotage. Même deux coupes Stanley ne pourraient effacer ce constat d'échec. 

Et pendant ce temps, Lundell continue d’avancer, sans savoir où il jouera en octobre.

Il est encore sur le top 9 des Panthers, mais il sait très bien que son nom est sur toutes les lèvres.

Son entourage le sait aussi. Son agent commence à sortir en public. Pas pour forcer un échange. Pas pour créer un drame. Mais pour sonder les options. Pour préparer un plan B.

Lundell est trop bon pour rester dans l’ombre. Trop mature. Trop complet. Il mérite un rôle plus grand. Et la Floride, dans son obsession de garder son noyau, est sur le point de le gaspiller.

Le Canadien a une ouverture. Mais il doit trouver le bon package.

Pas question de céder Fowler. Il faudra être intelligent. Créatif. 

Parce que le CH a lui aussi des ambitions. Il ne veut pas acheter au prix fort. Il veut bâtir. Solidement. Et Lundell, dans ce contexte, est un pari calculé. Un pari sur le talent. Sur la maturité. Sur un joueur qu’on ne regrette jamais d’avoir acquis.

Et si la Floride continue de faire la sourde oreille, elle risque de perdre plus qu’un centre. Elle risque de rater sa transition. De laisser filer une pièce maîtresse pour trop peu.

Lundell ne dira rien. Il ne demandera pas de transaction. Mais il n’a pas besoin de parler. Son jeu parle pour lui. Et ceux qui comprennent le hockey savent. Ce n’est plus une question de s’il va partir.

C’est une question de quand. Et surtout… pour combien.