Le silence était lourd à Milan.
À 2:50 de la fin, alors que le Canada menait 5-1 contre la Suisse, tout s’est arrêté.
Les joueurs ont levé les bras. Les soigneurs ont accouru. Les spectateurs, eux, ont retenu leur souffle.
Dans un tournoi aussi relevé, chaque détail compte. Chaque imprévu change l’équilibre.
Et parfois, un seul événement peut redéfinir le marché.
Les Kings de Los Angeles le savent très bien.
Kevin Fiala est un élément clé de leur offensive.
Ailier gauche dynamique.
Présent sur la troisième ligne à forces égales, mais surtout sur la première unité d’avantage numérique.
Un joueur capable de transformer un jeu simple en occasion dangereuse grâce à son tir et sa créativité.
Une menace constante en supériorité numérique.
Perdre un profil comme celui-là, même temporairement, force une organisation à réfléchir vite.
Très vite.
Los Angeles n’est pas en reconstruction.
Les Kings ont choisi leur direction.
Ils ont appuyé sur l’accélérateur.
L’acquisition récente d’Artemi Panarin des Rangers de New York en est la preuve éclatante.
On parle d’un mouvement agressif.
D’un signal clair : le temps est maintenant.
Mais une équipe qui mise tout sur le présent ne peut pas se permettre un vide offensif.
Surtout pas sur l’avantage numérique.
Et c’est là que le lien avec Montréal devient fascinant.
À des milliers de kilomètres de Milan, Patrik Laine observe.
Depuis octobre, il est blessé.
Son avenir à Montréal est flou.
Son rôle a été remis en question.
Sa relation hockey avec l’organisation n’a jamais semblé totalement stabilisée sous Martin St-Louis.
Laine, on le connaît.
Un franc-tireur naturel.
Un spécialiste du cercle gauche.
Un joueur qui vit pour l’avantage numérique.
À son meilleur, il peut changer l’allure d’un match en un seul lancer frappé.
C’est exactement le type de profil que les Kings exploitent déjà dans leur structure offensive.
Et c’est exactement le type de profil qu’ils ne peuvent pas se permettre de perdre dans une année où la fenêtre compétitive est bien ouverte.
Kent Hughes le sait.
Le directeur général du Canadien n’est pas pressé.
Mais il est opportuniste.
Il comprend la valeur du timing.
Il comprend aussi qu’un joueur comme Laine, malgré les doutes, conserve un attrait immense pour une équipe qui cherche à maximiser sa fenêtre actuelle.
Ken Holland, de son côté, gère une formation expérimentée.
Une équipe qui ne rajeunit pas.
Une équipe qui veut gagner pendant que son noyau est encore capable de le faire.
Quand un imprévu frappe, l’inaction n’est pas une option.
Le parallèle est frappant.
Los Angeles a besoin d’un tir.
Montréal possède un tireur.
Los Angeles veut maintenir la pression en avantage numérique.
Laine excelle précisément dans ce rôle.
Ce n’est pas une question d’émotion.
C’est une question de structure.
À Montréal, Laine ne semble plus faire partie du cœur du projet.
Les rumeurs autour de son nom circulent déjà en vue de la date limite des transactions.
Sa valeur est incertaine, mais son potentiel demeure.
Et pour une équipe qui vise une longue course au printemps, ce potentiel peut devenir irrésistible.
Le marché évolue vite.
Un tournoi international peut sembler isolé de la LNH.
Un vide offensif chez les Kings crée une réflexion immédiate.
Et quand deux organisations ont des besoins complémentaires, les conversations deviennent inévitables.
Hughes a une carte.
Holland a une urgence.
Reste à voir si les intérêts convergeront assez pour transformer cette opportunité en mouvement concret.
Une chose est certaine : le dossier Patrik Laine n’est plus statique.
Il prend de l’ampleur...
À suivre
