Transaction Montréal-New York: Mathieu Darche se fait avoir

Transaction Montréal-New York: Mathieu Darche se fait avoir

Par David Garel le 2026-01-05

Quel revirement de situation à New York!

Il n’y a pas si longtemps, les commentateurs détruisaient Kent Hughes pour avoir payé trop cher afin d'aller chercher Noah Dobson.

On parlait de vol des Islanders, on évoquait la "perte" de Kashawn Aitcheson et Victor Eklund, repêchés 16e et 17e par Mathieu Darche, comme d’un crime de hockey, et certains allaient jusqu’à dire que Patrick Roy avait convaincu Mathieu Darche de sacrifier un défenseur qu’il jugeait nonchalant et soft.

Or, il aura suffi de quelques semaines, d’un Mondial junior, et d’un tournoi atroce d’Aitcheson pour que le vent tourne. Radicalement.

Sur les réseaux sociaux, c’est un massacre. « Horrible tournoi. Pire défenseur de l’équipe », suivi d’une salve d’insultes comparant Aitcheson à Darnell Nurse, celui qu'on surnomme "Cash" se fait passer un véritable savon.

Ce qui est fou, quand on se souvient que plusieurs analystes, dont Éric Fichaud de TVA Sports, comparaient justement Dobson à Nurse… le défenseur le plus surpayé de la LNH.

Aujourd’hui, avec 27 points en 42 matchs, un différentiel de +2 et des présences de 23 à 27 minutes par soir, Dobson est tout simplement essentiel au Canadien.

Il ne joue pas avec robustesse, mais avec une fluidité tranquille, quasi clinique. Son style nonchalant, qui agaçait tant Patrick Roy, est devenu une force. Et les chiffres le confirment : le CH n’a pas gagné cette transaction. Il l’a écrasée.

Pendant ce temps, à Long Island, c’est la débandade. Kashawn Aitcheson a été repêché pour envoyer un message à Dobson: on t'a sacrifié pour un défenseur robuste qui frappe tout ce qui bouge.

On voulait déjà catapulter Aitcheson comme le successeur de Dobson à la ligne bleue, mais il a été le pire défenseur du Canada au Mondial junior.

Invisibilité défensive, revirements, erreurs de lecture, lent sur ses patins… la liste est longue. Il s'est fait manger par les attaquants tchèques toute la soirée.

« Il a un super-pouvoir : être visible pour toutes les mauvaises raisons », écrit un fan des Islanders.

« Il sera pire que Struble », ajoute un autre fan du CH pour enfoncer le clou. Même les partisans les plus fidèles n’ont plus d’argument.

Et dans ce contexte, c’est l’ombre de Patrick Roy qui revient hanter les Islanders. On le sait : Roy n’a jamais pu sentir Dobson. À ses yeux, il représentait tout ce qu’il déteste chez un défenseur: cérébral, passif, calculateur pour ne pas payer le prix et se briser un ongle dans le coin.

Il voulait un bulldozer, un gars qui fait sauter la bande, pas un défenseur "mou" et offensif.

Dobson a été isolé, parfois humilié dans ses minutes d’utilisation. Et Roy a poussé fort pour l’échanger, convaincu qu’il allait sortir gagnant. Aujourd’hui, c’est lui qui encaisse les coups.

Et le constat fait mal. Victor Eklund, obtenu dans la transaction, connaît un tournoi correct, sans éclat. Personne ne doute qu’il pourra jouer dans la LNH, mais pas au sommet d’un alignement

. Il sera, au mieux, un bon allié secondaire. Il n’a pas la vision d’un premier trio, ni l’explosivité d’un créateur d’élite.

Et Aitcheson, autre pièce du retour, est en chute libre.

« Je n’échangerais même pas Carrier contre Aitcheson » écrit un autre fan du CH. C’est dire l’étendue du naufrage.

Ce retournement médiatique est si brutal que plusieurs chroniqueurs qui criaient au vol de Long Island ont simplement… disparu.

Plus personne ne parle du vol. Plus personne ne défend Roy. Plus personne ne tape sur Dobson. Au contraire, les plus lucides révisent leur position. Et ce n’est pas un hasard.

Le défenseur du CH est en feu. Il produit, il ferme le jeu, il inspire la stabilité. Il est devenu une pièce centrale de la relance. Il ne sera jamais spectaculaire ou physique, mais il est d’une efficacité clinique.

Et pendant ce temps, les déboires d’Aitcheson viennent confirmer une réalité douloureuse : le junior canadien n’est plus ce qu’il était.

Trop de talents désertent pour la NCAA. Si tu performes dans la OHL en tant que joueur de 19 ans, cela ne veut rien dire.

On comprend maintenant pourquoi Aitcheson a marqué 19 buts et amassé 13 passes pour 32 points en 27 matchs avec les Colts de Barrie.

Mais au championnat du monde, la vitesse du jeu a exposé les lacunes d’un jeune défenseur qui brillait dans une ligue trop lente pour lui.

Face à l'élite, il a sombré. Et avec lui, le mythe d’un vol orchestré par Patrick Roy et Mathieu Darche.

Mathieu Darche s'est-il fait influencé par son coach?

Dans tous les cas, il n’a pas seulement perdu une transaction. Il s'est fait humilier sur la scène internationale.

Noah Dobson doit tellement être crampé.