Transaction Montréal-New York: Owen Beck sur toutes les lèvres

Transaction Montréal-New York: Owen Beck sur toutes les lèvres

Par David Garel le 2026-02-15

La rumeur refuse de mourir.

Depuis des semaines, le nom de Vincent Trocheck flotte au-dessus de Montréal comme une ombre persistante. À chaque cycle médiatique, à chaque nouvel indice venu de l’Est, à chaque commentaire d’informateur, on revient au même point : le Canadien de Montréal cherche encore ce joueur capable de stabiliser le cœur de l’alignement, et Trocheck continue d’apparaître comme une solution crédible, réaliste… et de plus en plus logique.

Ce n’est pas un hasard.

On a passé l’été 2025, le camp d’entraînement et la moitié de la saison à parler du fameux deuxième centre. Puis Oliver Kapanen est arrivé, a pris sa place entre Ivan Demidov et Juraj Slafkovský, et a calmé l’urgence.

Pas éliminé le besoin... déplacé le besoin. Aujourd’hui, Montréal ne cherche plus désespérément un centre numéro deux. Il cherche un adulte dans la pièce.

Un joueur two-way capable d’absorber les missions ingrates, de gagner ses mises en jeu, de jouer contre les meilleurs trios adverses et de permettre à Nick Suzuki de respirer.

Trocheck coche toutes ces cases.

On parle d’un centre de 32 ans, intense, abrasif, qui joue plus gros que son gabarit, qui peut prendre des présences en désavantage numérique comme sur le premier avantage numérique, qui n’a pas peur du trafic lourd et qui a déjà vécu des parcours de séries éliminatoires réels. Ce n’est pas un projet. Ce n’est pas une promesse. C’est un joueur fini.

Et surtout, il veut rester dans l’Est.

Parce que si Trocheck active sa clause de non-échange partielle, Montréal devient automatiquement une destination crédible.

Géographiquement proche de New York, marché prestigieux, équipe jeune en pleine ascension, fenêtre compétitive qui commence à s’ouvrir. Pour un vétéran qui veut encore gagner, ce n’est pas un exil. C’est une opportunité.

Le problème, évidemment, c’est le prix.

Les Rangers de New York ne sont pas en mode liquidation. Ils sont en retool. Nuance importante. Ils veulent des actifs concrets : un choix de première ronde, un jeune joueur NHL-ready, un espoir structurant. Pas des billets de loterie.

Et c’est là qu’entre en scène Owen Beck.

Soyons honnêtes, sans filtre.

L’avenir de Beck n’est pas à Montréal.

On l’a déjà vu dans un autre dossier. Lorsque le Canadien a tenté de l’inclure dans la transaction Noah Dobson avec les Islanders de New York, New York n’en voulait pas. Montréal a dû pivoter et inclure Emil Einemann à la place pour faire avancer le dossier.

Ce genre d’épisode ne ment jamais.

Dans la hiérarchie interne, Beck est vu comme un bon joueur, intelligent, responsable… mais pas comme un pilier futur du top-6. Son profil crie troisième ou quatrième centre à maturité. Utile, oui. Essentiel? Non.

Et dans un échange pour Trocheck, Beck devient exactement ce qu’il doit être : une pièce mobile.

Un package réaliste commence donc à prendre forme dans les cercles bien branchés :

Choix de première ronde 2026.

Owen Beck.

Possiblement un défenseur gaucher de soutien ou un élément secondaire.

Pas Michael Hage. Pas David Reinbacher. Pas Oliver Kapanen.

Montréal trace une ligne claire.

Ce n’est pas un hasard si le nom de Beck revient constamment. C’est le genre de centre jeune, structuré, peu coûteux, que les Rangers peuvent intégrer immédiatement dans leur bottom-six tout en continuant leur transition.

Ajoute un choix de première ronde, et Chris Drury obtient exactement ce qu’il cherche : du présent contrôlable et du futur capitalisé.

Pour le Canadien, le calcul est simple.

Tu sacrifies un espoir qui n’est pas dans ton noyau projeté, tu cèdes un choix qui, dans une équipe en progression, risque d’être en fin de première ronde… et tu obtiens un centre établi capable de transformer ton alignement dès maintenant.

Parce que Trocheck ne vient pas seulement remplir une colonne.

Il change la dynamique.

Il enlève les matchups lourds à Suzuki.

Il stabilise les présences défensives tard en match.

Il apporte un niveau de compétitivité que peu de joueurs dans ce vestiaire ont déjà connu en séries.

Il permet à Demidov de jouer plus librement.

Il donne à Martin St-Louis un vrai couteau suisse au centre.

Et contrairement à d’autres options plus âgées ou plus coûteuses, son contrat à 5,625 M$ jusqu’en 2028-2029 reste parfaitement absorbable dans la structure salariale actuelle.

C’est précisément ce type de joueur que Jeff Gorton décrit quand il parle d’ajouter sans nuire à la vision à long terme.

Le dossier est aussi personnel.

Gorton et Chris Drury ont une histoire compliquée. Le départ forcé de Gorton à New York n’a jamais été digéré. (Chris Drury a poussé

Mais à ce stade-ci, ce genre de ressentiment ne peut plus entrer dans l’équation. Quand une opportunité hockey se présente, tu fais affaire. Point.

Et ce qui alimente encore plus la rumeur, c’est le silence stratégique de Montréal.

Pas de démenti.

Pas de fermeture publique.

Pas de message clair disant que Trocheck n’est pas une option.

Au contraire.

On laisse fuiter que le CH cherche un joueur capable d’aider maintenant. On confirme qu’on ne veut pas toucher à Hage. On répète que Kapanen est vu comme un centre d’avenir. Et pendant ce temps, le nom de Beck circule de plus en plus.

Ce n’est jamais accidentel.

Alors oui, il y a le débat du gabarit. Trocheck n’est pas un colosse. Mais il joue avec du papier sablé. Il va dans les coins. Il dérange. Il encaisse. Et surtout, il comprend ce que ça prend quand les séries commencent et que l’espace disparaît.

Ce que le Canadien a appris contre Washington en 2025, c’est qu’il ne suffit pas d’être talentueux. Il faut être lourd à jouer contre. Trocheck apporte exactement ce type de lourdeur fonctionnelle.

La rumeur persiste parce qu’elle fait du sens.

Elle persiste parce que le prix est atteignable.

Elle persiste parce que Montréal a enfin les moyens d’agir sans saborder son avenir.

Et elle persiste parce que, dans l’état actuel du marché, Vincent Trocheck est probablement le meilleur compromis entre impact immédiat et coût contrôlé.

Ce dossier ne disparaît pas parce qu’il est enraciné dans une réalité hockey très claire : le Canadien est prêt à avancer d’un cran, sans brûler ses fondations. Owen Beck est échangeable. Un choix de première ronde est négociable. Vincent Trocheck est disponible.

Tout le reste, ce sont des détails.

La vraie question n’est plus de savoir si Trocheck intéresse Montréal.

La vraie question est simple : à quel moment Kent Hughes décidera que c’est assez près pour appuyer sur la gâchette?