Le nom de Vincent Trocheck commence sérieusement à circuler autour du Canadiens de Montréal. Et contrairement à bien d’autres rumeurs lancées à la volée, celle-ci mérite qu’on s’y attarde.
Parce que Trocheck coche plusieurs cases dans la grille de Kent Hughes et de Jeff Gorton : joueur établi, capable de produire immédiatement, responsable sur 200 pieds, droitier, intense, et surtout encore sous contrat pour plusieurs saisons.
À 5,625 M$ par année jusqu’en 2029, ce n’est pas un contrat toxique. C’est un engagement clair pour un joueur de top-6.
Selon James Mirtle, Trocheck serait même destiné à Montréal dans un scénario d’échange impliquant les Rangers de New York. Ce n’est pas une information confirmée, mais une projection basée sur les besoins des équipes et les pressions internes à New York, où Chris Drury chercherait à alléger sa masse salariale tout en remodelant son noyau.
Trocheck aura 33 ans cet été. Oui, c’est plus vieux que la moyenne du noyau montréalais. Mais on ne parle pas ici d’un joueur en fin de parcours.
On parle d’un centre encore productif, capable de jouer dans toutes les situations, avec une expérience de séries, une mentalité de papier sablé et un moteur constant.
Ce n’est pas un pari à court terme comme Ryan O’Reilly ou Nazem Kadri : Trocheck est signé pour quatre autres saisons. S’il arrive à Montréal, ce n’est pas pour un « push » temporaire, c’est pour s’intégrer au cœur du groupe.
La vraie question devient donc : qu’est-ce que ça coûterait?
D’abord, on peut pratiquement exclure David Reinbacher. Le Canadien ne sacrifiera pas un défenseur droitier de ce calibre pour un joueur de 32 ans, aussi bon soit-il. Même logique pour Oliver Kapanen, que Montréal projette déjà comme futur troisième centre. Ces deux noms-là ne bougeront pas.
Mais du côté des défenseurs gauchers, c’est une autre histoire.
New York cherche désespérément à se rajeunir à la ligne bleue. Des profils comme Arber Xhekaj, Adam Engström ou Jayden Struble pourraient devenir pertinents dans ce genre de discussion. Le Canadien a un surplus à gauche, et les Rangers ont besoin de mordant et de jeunesse en défense.
À ça pourrait s’ajouter Kirby Dach, un nom qui intrigue autour de la ligue malgré ses blessures. Dach demeure un projet intéressant pour une équipe qui cherche un gros attaquant polyvalent à relancer. Montréal pourrait aussi devoir inclure un choix de première ronde protégé pour rendre l’offre plus sérieuse.
Un package du genre : Dach + un défenseur gaucher + un premier choix. Voilà le type de montage qui pourrait réellement attirer Drury.
Mais il y a un éléphant dans la pièce.
Jeff Gorton et Chris Drury se détestent cordialement depuis que Drury a joué un rôle central dans l’éviction de Gorton à New York.
Rappelons que Drury (DG adjoint des Rangers) avait joué dans le dos de Jeff Gorton (pendant qu'il était DG) en allant voir le propriétaire James Dolan pour le convaincre de le congédier et lui donner le poste.
Cette fracture personnelle est connue dans les cercles de la LNH. Gorton n’a jamais digéré la manœuvre. Pourtant, à un certain point, les rancunes doivent s’effacer devant l’intérêt des organisations. À défaut, Kent Hughes pourrait très bien mener les négociations directement avec Drury, sans que Gorton soit au premier plan.
Parce que si Trocheck est réellement disponible, Montréal doit au moins écouter.
Le Canadien cherche encore un joueur capable d’évoluer dans son top-6. La direction hésite entre ajouter un centre, ce qui bloquerait la progression de Michael Hage à moyen terme, ou un ailier capable de jouer avec Nick Suzuki. (Jordan Kyrou).
Trocheck offre une solution hybride : centre naturel, mais assez polyvalent pour glisser à l’aile au besoin.
Il cadre aussi avec la philosophie actuelle : ajouter un joueur qui peut aider maintenant, mais qui ne disparaît pas dans un an.
Vincent Trocheck n’est pas une rumeur comme les autres. C’est un nom crédible, logique, cohérent avec ce que le Canadien cherche à faire : améliorer son top-6 sans hypothéquer son avenir.
Reste à voir si Jeff Gorton et Chris Drury sont capables de faire abstraction du passé. Reste à voir jusqu’où Kent Hughes est prêt à aller sans toucher à ses piliers. Et reste surtout à voir si New York acceptera un retour basé sur de la profondeur et du potentiel plutôt que sur un espoir A comme Reinbacher.
Mais une chose est claire : si Montréal décide d’ajouter un vétéran qui peut encore jouer du vrai hockey de séries pendant plusieurs années, Vincent Trocheck est exactement le type de profil qui mérite d’être exploré.
