La bombe lancée par Darren Dreger a eu l’effet d’un seau d’eau glacée sur les partisans du Canadien. Une phrase. Une seule. Mais lourde de conséquences : si jamais les Penguins de Pittsburgh acceptaient de discuter d’un échange impliquant Sidney Crosby, si Crosby acceptait de lever sa clause de non-mouvement, alors Kyle Dubas demanderait Michael Hage.
Dubas se fout d'un choix de 1re ronde, d'Arber Xhekaj, d'Owen Beck ou d'Adam Engström. Il se fout des package deals qui circulent sur la toile. Il ne veut même pas le prodige Alexander Zharovsky.
Il veut Michael Hage, point final.
Et c’est exactement à cet instant précis que le rêve de voir Crosby à Montréal s’est officiellement écrasé contre le mur de la réalité.
Parce que non, le Canadiens de Montréal ne donnera jamais Michael Hage. Il était déjà intouchable. Imaginez après tout ce qu'il a accompli sous les yeux de toute la planète hockey.
Un espoir du Canadien en tête des pointeurs du Championnat du monde junior avec 15 points en seulement 7 matchs, c’est déjà exceptionnel.
Mais dans l’histoire moderne du CH, c’est inédit. Michael Hage ne fait pas que produire : il domine. Sa performance au championnat du monde junior est la meilleure... depuis Connor Bedard...
Il impose son rythme. Il dicte le jeu. Dix de ses quinze points ont été récoltés en seulement quatre matchs contre la Tchéquie et la Finlande, deux puissances du hockey junior.
Ce n’est pas un feu de paille contre des nations mineures. C’est une démonstration de talent brut dans les matchs les plus exigeants.
Oui, le marché de Montréal exagère parfois. Certains parlent déjà du prochain Jack Eichel, d’autres préfèrent tempérer et évoquer un scénario à la Ryan Poehling, qui avait été nommé MVP du tournoi et qui avait choké sa vie dans la LNH.
Mais même en prenant du recul : Hage est un espoir que toutes les organisations voudraient avoir.
Les recruteurs sondés sont unanimes sur un point fondamental : il n’est pas encore prêt pour la LNH. Il doit devenir plus fort, plus endurant, plus responsable défensivement.
On ne sait pas à cent pour cent s'il deviendra un centre ou un ailier.
Mais aucun ne remet en doute son plafond offensif. Aucun ne banalise ce qu’il fait présentement. Et surtout, l’un d’eux le voit déjà comme un futur centre de deuxième trio de grande qualité, ce qui, à Montréal, est précisément la denrée la plus rare depuis une décennie.
Comparer Hage à Ryan Poehling ne tient tout simplement pas la route quand on regarde les chiffres et le contexte.
Poehling produisait modestement dans la NCAA. Hage, lui, a récolté 34 points en 33 matchs à sa première saison à l’Université du Michigan, puis 28 points en 20 matchs cette année.
À l’œil nu, ses mains, sa vision, son exécution sautent aux yeux. Ce n’est pas un espoir marginal. C’est un stud offensif, encore imparfait, mais déjà spécial.
Et c’est précisément pour cette raison que la déclaration de Dreger ferme le dossier Crosby à Montréal.
Parce que demander Michael Hage pour un Crosby de 38 ans, aussi mythique soit-il, c’est demander au Canadien de sacrifier un pilier de son avenir pour un pari à court terme.
Kent Hughes n’est pas ce genre de directeur général. Il n’a pas bâti cette reconstruction patiemment pour la dynamiter au moment où elle commence à livrer.
Hage est identifié à l’interne comme une pièce clé de la quête pour la Coupe Stanley, un joueur autour duquel on veut construire, pas une monnaie d’échange émotionnelle.
Alors oui, les liens entre Montréal et Crosby ont existé. Oui, le rêve a fait vibrer le Québec. Oui, l’idée était romantique. Mais la réalité est brutale : si le prix est Michael Hage, la discussion est terminée avant même d’avoir commencé.
Dreger n’a pas seulement lancé une rumeur. Il a mis le doigt sur la ligne rouge du Canadien. Et cette ligne s’appelle Michael Hage.
C’est la fin du rêve Crosby à Montréal.
Et honnêtement? Avec un espoir qui a brûlé le Mondial junior comme Hage l'a fait, c’est peut-être la meilleure nouvelle possible pour l’avenir du CH.
