Transaction Montréal-Seattle-Anaheim: revirement de situation au Centre Bell

Transaction Montréal-Seattle-Anaheim: revirement de situation au Centre Bell

Par David Garel le 2025-08-30

Après la transaction de Logan Mailloux, Jeff Gorton répétait sur toutes les tribunes que le CH ne pouvait pas se permettre de multiplier les paris coûteux.

L’échange du défenseur talentueux contre Zachary Bolduc en était l’exemple parfait : il avait fallu sacrifier un profil rare pour combler un besoin immédiat. Gorton l’avait dit lui-même après lMéchange complété :

« Il n’y a pas des tonnes de Logan Mailloux dans un bassin d’espoirs. Il n’y a pas des tonnes de choix de première ronde non plus. Il faut faire attention. »

Cette prudence semblait dicter toute la stratégie du duo Hughes–Gorton. Préserver les choix de premier tour, protéger les joyaux comme David Reinbacher et Michael Hage, et ne jamais hypothéquer l’avenir pour combler un trou immédiat.

Or, les choses viennent de changer.

Lundi, le 1er septembre, on pourrait voir un revirement de situation incroyable: le CH serait prêt à sacrifier son choix de 1ère ronde 2026 (protégé) pour aller chercher ce fameux 2e centre.

Selon ce qui circule depuis le début de la fin semaine, la direction du Canadien aurait bel et bien tranché : oui, elle est prête à sacrifier son choix de première ronde 2026 dans une transaction d’envergure. Un renversement spectaculaire par rapport au discours de l’été dernier.

Pourquoi ce changement? Parce qu’après trois ans de reconstruction prudente, la patience des partisans s’épuise, et l’organisation a conscience que le moment est venu d’accélérer le processus.

Le club est mieux structuré : Nick Suzuki est capitaine et indiscutable premier centre, Cole Caufield et Juraj Slafkovsky sont sous contrat long terme, Ivan Demidov a déjà l’étiquette de futur joueur de concession, et la défensive compte maintenant Dobson, Reinbacher, Hutson et Guhle.

Le trou béant reste le même : le deuxième centre.

Kent Hughes n’avance pas à l’aveuglette. Deux noms ressortent : Mason McTavish (Anaheim Ducks) et Jared McCann (Seattle Kraken).

McTavish coche toutes les cases : 22 ans, gros gabarit, centre naturel, déjà 52 points l’an dernier, et surtout une efficacité exceptionnelle au cercle des mises en jeu (plus de 51 %).

Mais Anaheim réclame la lune. Les Ducks insistent pour obtenir un jeune défenseur droitier comme Reinbacher, ce que le CH refuse catégoriquement.

Pour contourner l’impasse, Hughes pourrait mettre sur la table un choix de première ronde non protégé, accompagné d’un vétéran comme Mike Matheson et d’un jeune attaquant (Owen Beck? Joshua Roy?).

Cela risque de ne pas être assez, mais au moins, il y a de quoi construire autour de cette offre.

Un autre nom revient souvent dans les rumeurs : Josh Anderson. Plusieurs propositions de transaction Montréal-Anaheim incluaient l’attaquant de puissance, notamment pour alléger la masse salariale du Canadien.

Mais Kent Hughes hésite. Pourquoi? Parce qu’il sait qu’en séries éliminatoires, le CH aura besoin de ce type de joueur.

Anderson, malgré ses saisons irrégulières, demeure un attaquant rare dans la ligue : un ailier droit de 6 pieds 3, capable de marquer en vitesse, de frapper fort et de changer le momentum d’un match par une seule présence.

Hughes ne veut pas se retrouver à bâtir une équipe trop légère à l’attaque. Sacrifier Anderson trop tôt, ce serait prendre le risque de reproduire les erreurs passées: une équipe excitante, rapide, mais incapable de survivre au hockey de printemps.

Voilà pourquoi, malgré toutes les rumeurs, le DG n'est pas le plus chaud à l'idée de sacrifier son cheval de puissance.

Pendant ce temps, Jared McCann, lui, est plus abordable. À 29 ans, sous contrat à 5 M$ pour deux autres saisons, il représente une solution immédiate et fiable.

Trois campagnes consécutives au-dessus de 60 points, dont une saison de 40 buts, démontrent sa constance. Seattle, en pleine restructuration, eux qui veulent faire de Matty Beniers et Shane Wright leurs centre 1-2, écouterait les offres pour récupérer des choix et des espoirs.

C’est dans ce dossier que le premier choix de 2026 pourrait faire toute la différence.

Ce qui rend la situation fascinante, c’est la mémoire encore vive de l’échange Mailloux–Bolduc. Gorton avait insisté : on ne pouvait pas se permettre de multiplier ce genre de sacrifices.

Or, voilà qu’un an plus tard, il accepte de sacrifier son choix le plus précieux, un premier tour, pour combler le besoin urgent au centre.

C’est un aveu clair : l’organisation ne veut pas rater sa fenêtre de progression. Demidov, Slafkovský, Caufield, Hutson et Suzuki sont prêts à franchir l’étape suivante. Attendre que Hage se développe ou que Dach se stabilise est trop risqué.

Évidemment, céder un choix de première ronde non-protégé, est un geste dangereux. Le repêchage 2026 est celui de Gavin McKenna, considéré comme un joueur générationnel. Perdre une loterie et voir McKenna échapper au CH à cause de cette transaction serait catastrophique.

Si le prodige attire tous les projecteurs, il faut insister sur le fait que Keaton Verhoeff est en train de transformer le repêchage 2026 en un cru historique.

Défenseur droitier de 6 pieds 4 et 212 livres, engagé avec l’Université de North Dakota, il est déjà comparé à Chris Pronger pour son gabarit et sa robustesse, mais avec un coup de patin digne de Shea Theodore.

Plusieurs recruteurs vont même jusqu’à affirmer à Elliotte Friedman que « Verhoeff doit être placé dans la même conversation que McKenna », preuve que la cuvée 2026 pourrait marquer une génération entière.

En clair, ce n’est plus seulement McKenna qui pousse les dirigeants du Canadien à protéger coûte que coûte leur choix de premier tour : c’est aussi la perspective de mettre la main sur Verhoeff, un défenseur générationnel comme il en sort un par décennie.

Et c’est cette peur de rater l’occasion qui explique pourquoi Jeff Gorton a fermé la porte aux offres hostiles et aux demandes insistantes d’Anaheim dans le dossier Mason McTavish.

Mais Hughes semble accepter... un certain risque...

On parle d'ajouter une protection « top 10 » à ce choix. Anaheim, de son côté, pousse pour un choix totalement libre, ce qui est hors de question pour les dirigeants du CH.

Reste que c’est un virage majeur. Deux mois après avoir dit qu’on ne pouvait pas se permettre de perdre un autre premier choix ou un autre espoir unique, Gorton et Hughes sont prêts à briser leur propre règle.

La pression de livrer, de donner aux partisans un club compétitif maintenant, pèse plus lourd que la peur de rater un futur Gavin McKenna.

Si Montréal obtient McTavish ou McCann, ce sera le coup de circuit attendu. Mais si le choix 2026 protégé se transforme en un prodige le duo Gorton-Hughes pourrait revivre le cauchemar d’un autre « Sergachev–Drouin » revisité.

Le pari est colossal. Montréal vient d’accepter de miser gros. Reste à savoir Hughes pourra "fermer le deal".