Rarement un nom aura autant divisé les partisans du Canadien avant même qu’un joueur dispute un seul match dans la LNH.
Pendant des mois, le débat faisait rage.
Fallait-il repêcher Juraj Slafkovsky ou Shane Wright avec le tout premier choix du repêchage de 2022?
Une bonne partie du Québec voyait déjà Wright comme le futur premier centre du Canadien.
Les dépisteurs, eux, avaient finalement choisi une autre direction.
Kent Hughes et Jeff Gorton avaient misé sur le Slovaque… et quatre ans plus tard, voilà que le destin replace soudainement Shane Wright sur le marché des transactions.
Selon Elliotte Friedman, Seattle demeure ouvert à écouter les offres pour son jeune joueur de centre.
Ce n’est pas une nouveauté.
Wright circulait déjà dans les discussions à la dernière date limite des échanges et aurait même pu servir de pièce maîtresse dans une transaction impliquant Artemi Panarin si le vétéran avait accepté de lever sa clause de non-mouvement.
Le dossier est donc toujours vivant.
Encore plus intéressant, son propre agent, Kurt Overhardt, a confirmé à Sportsnet que le directeur général Jason Botterill « est d’accord pour échanger Shane à une équipe qui cherche un bon jeune centre cet été ».
Voilà une déclaration qui risque de faire tourner plusieurs têtes… surtout à Montréal.
Depuis des mois, Kent Hughes cherche un deuxième centre capable de grandir avec son jeune noyau.
Sur papier, Shane Wright coche plusieurs cases.
Âgé de seulement 22 ans, le droitier de six pieds et 192 livres possède encore un profil qui intrigue énormément les dirigeants de la LNH.
Son contrat constitue aussi un avantage majeur.
Il ne coûte que 886 666 $ sur la masse salariale et deviendra joueur autonome avec compensation à l’été 2027.

Autrement dit, l’équipe qui l’acquerra conservera encore le contrôle de son développement pendant plusieurs saisons.
Le problème… c’est que son développement ne s’est jamais déroulé comme plusieurs l’avaient imaginé.
Longtemps annoncé comme un futur premier choix au total, Wright a finalement glissé jusqu’au quatrième rang lorsque le Canadien a surpris toute la planète hockey en sélectionnant Juraj Slafkovsky.
Seattle croyait alors avoir réalisé le vol du repêchage.
Quatre ans plus tard, personne ne peut affirmer que ce pari a porté ses fruits.
Après une campagne encourageante de 44 points en 79 matchs en 2024-2025, plusieurs croyaient qu’il était enfin prêt à exploser offensivement.
La saison dernière a plutôt ramené tout le monde sur terre avec seulement 12 buts et 27 points en 74 rencontres.

Ce ne sont pas les statistiques d’un deuxième centre établi.
Ce ne sont même pas les chiffres d’un joueur qui a démontré qu’il pouvait porter une attaque sur ses épaules.
C’est précisément ce qui rend le dossier aussi complexe.
Montréal cherche un deuxième centre prêt à aider Ivan Demidov, Cole Caufield et Juraj Slafkovsky immédiatement. Wright, lui, représente encore un projet.
Un ancien espoir élite qui possède toujours un plafond intéressant, mais qui continue de miser davantage sur son potentiel que sur sa production.
Le Canadien a déjà plusieurs jeunes joueurs qui entrent dans cette catégorie.
Acquérir Wright reviendrait à faire un autre pari.
Cela dit, Kent Hughes adore ce genre de dossier lorsque le prix demeure raisonnable.
Il a bâti une bonne partie de sa reconstruction en misant sur des joueurs dont la valeur avait diminué.
Kirby Dach en est l’exemple parfait, même si cette expérience s’est compliquée avec les blessures.
Alexandre Carrier, lui aussi, représentait un pari calculé.... tout comme Alex Newhook.
Shane Wright pourrait entrer exactement dans cette philosophie.
Reste maintenant la question qui décidera de tout.
Quel sera le prix demandé par Jason Botterill?
Seattle n’est pas une organisation désespérée.
Le Kraken n’a aucune obligation d’échanger son jeune centre. Wright demeure sous contrôle contractuel, coûte moins d’un million de dollars sur la masse salariale et possède encore une réputation qui conserve une certaine valeur autour de la ligue.
Si Botterill exige un choix de premier tour ou un jeune joueur important, Kent Hughes risque fort de raccrocher rapidement.
En revanche, si Seattle accepte un échange basé sur un actif secondaire ou un joueur qui ne fait plus partie des plans à long terme du Canadien, la conversation pourrait devenir beaucoup plus intéressante.
Au fond, cette histoire ressemble presque à un étrange retour en arrière.
Le joueur que plusieurs rêvaient de voir entendre son nom au Centre Bell en 2022 devient soudainement accessible… mais plus personne n’est convaincu qu’il représente la solution idéale.
Le temps a changé la perception.
Le marché aussi.
Et Kent Hughes devra maintenant répondre à une question qu’il croyait sans doute ne plus jamais avoir à se poser.
Shane Wright vaut-il encore le pari?
À suivre…
