Le scénario est presque trop parfait pour être vrai… et pourtant, il prend de plus en plus de place dans les coulisses de la LNH. Samuel Montembeault à Toronto.
Le gardien québécois, largué par les Canadiens de Montréal après une saison catastrophique, récupéré par le rival numéro un. Rien que d’y penser, c’est un mélange de malaise, de ridicule… et d’ironie totale.
Parce qu’il faut arrêter de se mentir deux minutes : à Montréal, l’histoire de Montembeault est pratiquement terminée.
Tout le monde le voit. Tout le monde le sait. Le gars est passé de gardien numéro un à troisième roue du carrosse en quelques mois à peine.
Dépassé par Jacob Fowler, tassé dans la hiérarchie, envoyé en conditionnement à Laval comme un joueur qu’on ne sait plus trop quoi faire avec… c’est violent, mais c’est la réalité.
Et dans une organisation qui veut avancer, qui veut gagner, qui veut tourner la page sur les années de reconstruction, il n’y a plus de place pour l’incertitude devant le filet.
Montembeault, c’est l’incertitude incarnée.
Oui, il a connu une bonne séquence. Oui, il a eu une saison correcte, même surprenante. Mais dans la LNH d’aujourd’hui, ça ne suffit plus. Une seule bonne année, ça ne bâtit pas une crédibilité.
Ça ne sécurise pas un poste. Et surtout, ça ne protège pas quand tout s’écroule comme cette saison. Parce que ce qu’on voit présentement, ce n’est pas juste un gardien en difficulté… c’est un gardien qui a complètement perdu le contrôle de sa game.
Et pourtant… malgré tout ça… il y a de l’intérêt.
C’est là que ça devient fascinant.
Parce que dans une ligue où les gardiens sont rares, où les équipes paniquent dès qu’il y a une blessure ou une baisse de régime, même un gardien en chute libre comme Montembeault peut redevenir une option.
Stu Cowan l’a dit clairement : “Avec tous les problèmes de gardiens dans la LNH, Samuel Montembeault devrait avoir de la valeur sur le marché cet été.” Et il a raison.
Parce qu’on l’a vu avec Jordan Binnington, avec Sergei Bobrovsky… des gardiens qui passent par des saisons horribles, mais qui continuent d’intéresser du monde parce qu’ils ont déjà prouvé quelque chose.
Montembeault n’a pas leur CV. Il n’a pas de Coupe Stanley. Il n’a pas ce pedigree-là.
Mais il a assez montré pour intriguer.
Et là, entre en scène Toronto.
Évidemment.
Parce que s’il y a bien une organisation capable de transformer une situation absurde en feuilleton national, c’est les Maple Leafs de Toronto.
Et en ce moment, leur situation devant le filet est un cirque. Joseph Woll est brûlé à force de jouer presque tous les matchs, Anthony Stolarz vient de se faire blesser de façon complètement ridicule à l’échauffement (une rondelle dans la gorge) direction hôpital, et tout à coup, la stabilité devant le filet disparaît encore une fois.
Nylander shoots a puck at Stolarz head in warmups in Ottawa
— RGF (@rgfray1) March 21, 2026
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C’est toujours la même histoire à Toronto.
Cette équipe de perdants va va toucher le fond du baril et sera en reconstruction pour la prochaine décennie.
Alors évidemment que le nom de Montembeault circule. Le perdant... chez les perdants...
Évidemment que sur TSN, à OverDrive, ils commencent à se poser la question : est-ce qu’on pourrait le récupérer? Est-ce qu’il y a quelque chose à faire avec lui? Est-ce qu’on peut profiter de la panique à Montréal pour l'obtenir cet été?
Et c’est là que ça devient presque comique.
Parce qu’imagine le scénario.
Les Canadiens, incapables de gérer le dossier, finissent par s’en débarrasser. Peut-être via transaction. Peut-être, pire encore, via ballottage. Et là, Toronto saute dessus. Gratuitement. Sans rien donner. Ils prennent le gars que Montréal ne veut plus… et ils le vendent comme une solution.
C’est exactement le genre d’histoire que Toronto adore.
Voler quelque chose à Montréal. Même si c’est un pari. Même si c’est risqué. Même si, objectivement, ça n’a pas tant de sens.
Et le plus ironique dans tout ça?
Montembeault fitterait presque parfaitement dans ce chaos-là.
Parce que Toronto, c’est une équipe qui vit dans l’instabilité devant le filet depuis des années. Une équipe qui prend des paris.
Une équipe qui espère toujours trouver “le bon gardien” sans jamais vraiment le trouver. Et dans ce contexte-là, un gars comme Montembeault, à 3,15 millions pour un an, devient exactement ce qu’ils aiment : un gamble.
Un pari.
Un projet.
Et s’il se relève là-bas? S’il retrouve sa confiance? S’il redevient le gardien qu’on a vu pendant sa seule bonne séquence dans la LNH?
Là, ça devient une catastrophe pour Montréal.
Pas sportive.
Symbolique.
Parce que le pire scénario, ce n’est pas de perdre Montembeault. Ce n’est pas de tourner la page. C’est de le voir réussir ailleurs… et pas n’importe où.
À Toronto.
Le rival.
L’ennemi.
Le marché qui vit pour humilier le Canadien.
Imagine la scène : Montembeault qui débarque à l’aéroport Pearson, accueilli comme un projet excitant. Les médias torontois qui se convainquent qu’ils ont trouvé une perle cachée. Les partisans qui commencent à y croire après deux bonnes performances.
Et à Montréal?
On regarde ça en se disant : comment on a pu en arriver là?
Mais soyons honnêtes aussi une seconde.
Le Canadien n’est pas en train de perdre Carey Price. On parle d’un gardien qui a été incapable de maintenir un niveau de jeu stable, qui s’est fait dépasser par deux jeunes, et qui n’a plus sa place dans la hiérarchie actuelle. Kent Hughes et Jeff Gorton ne peuvent pas bâtir une équipe en se fiant à l’espoir que Montembeault redevienne bon.
Ils doivent avancer.
Et ça passe probablement par un changement devant le filet.
Que ce soit un échange. Que ce soit un remplacement par un autre vétéran. Que ce soit un pari différent.
Mais une chose est claire : l’été de Montembeault va être mouvementé.
Très mouvementé.
Et plus les semaines avancent, plus cette idée complètement folle — Samuel Montembeault à Toronto — cesse d’être une blague… pour devenir une possibilité réelle.
Une possibilité qui résume parfaitement la LNH moderne : une ligue où même les pires saisons ne ferment jamais complètement la porte… surtout quand une équipe en panique est prête à tenter n’importe quoi.
