Transaction Montréal–Utah : Nick Schmaltz aux côtés de Suzuki et Caufield

Transaction Montréal–Utah : Nick Schmaltz aux côtés de Suzuki et Caufield

Par André Soueidan le 2025-12-31

Un trou béant dans le top-6, ça finit toujours par coûter plus cher que prévu.

Depuis que Juraj Slafkovský a été retiré du trio de Nick Suzuki et Cole Caufield, cette chaise-là n’a jamais cessé de grincer.

Zachary Bolduc apparaît un match sur quatre.

Alex Texier essaie, mais n’impose rien.

Des solutions temporaires, jamais une réponse claire.

Résultat : le Canadien roule avec un trio et demi offensif, pendant que les matchs se décident à la marge.

Pendant ce temps, ailleurs dans la ligue, un profil coche toutes les cases… et devient tranquillement un luxe pour une équipe qui n’est pas certaine d’aller nulle part.

Nick Schmaltz.

À 29 ans, Schmaltz n’est pas un pari. C’est un métronome.

Peu importe l’uniforme, peu importe le contexte, la production est là.

Cette saison encore, avec Utah, 33 points en 40 matchs.

L’an dernier, 63 points. L’année d’avant, 61.

Cinq saisons de 20 buts ou plus.

Cinq saisons de 50 points ou plus.

Deux saisons au-delà de 60 points.

Rien d’explosif, mais rien qui disparaît non plus.

C’est exactement le genre de joueur que le Canadien n’a pas à droite de Suzuki et Caufield.

Un joueur capable de jouer à l’aile ou au centre.

Capable de compléter deux marqueurs sans exiger la rondelle à chaque présence.

Capable de produire sans avoir besoin d’un contexte parfait.

Capable d’absorber des minutes difficiles quand le match se resserre.

Et surtout : un joueur disponible au bon moment.

Schmaltz gagne 5,85 M$.

Il devient joueur autonome à la fin de la saison.

Du côté de l’Utah Mammoth, les prochaines semaines vont dicter toute la stratégie.

À deux points d’une place en séries aujourd’hui, mais avec un calendrier qui se corse et un classement qui se resserre, la marge d’erreur est mince. Très mince.

Si Utah glisse hors du portrait, Schmaltz devient automatiquement l’appât numéro un.

Pourquoi? Parce qu’il a trop de valeur pour être perdu pour rien cet été.

Parce qu’il va coûter cher sur son prochain contrat ... autour de 9 M$ par saison si la production se maintient.

Parce qu’une équipe en transition ne peut pas se permettre de regarder passer un actif de ce calibre sans retour.

Et c’est là que Montréal entre dans l’équation.

Le Canadien n’a pas besoin d’un sauveur. Il a besoin de stabilité.

D’un joueur capable de solidifier un trio qui existe déjà, sans forcer une recomposition artificielle.

Séparer Slafkovský de Demidov et Kapanen? Impensable en ce moment. Ça fonctionne trop bien. Et pour une fois, le développement suit la logique.

Michael Hage s’en vient. Ce n’est plus une projection abstraite, c’est une question de temps.

À moyen terme, le Canadien aura des options internes au centre. Mais pas maintenant.

Et c’est précisément là que Schmaltz devient intéressant : une solution transitoire crédible, sans bloquer l’avenir.

À court terme, il peut jouer à l’aile avec Suzuki et Caufield.

À moyen terme, il peut dépanner au centre si nécessaire.

Et à long terme? Rien n’oblige Montréal à le signer s’il devient trop cher. C’est un pari contrôlé, pas une camisole contractuelle.

Pendant ce temps, Kent Hughes regarde son alignement et voit la réalité telle qu’elle est : un top-6 inégal, une chaise vacante qui revient match après match, et des jeunes qui ne sont pas encore prêts à porter ce poids-là.

Nick Schmaltz, c’est l’inverse d’un coup de dés.

C’est une certitude statistique.

Un joueur qui ne fait pas de vagues, mais qui remplit toujours la feuille de pointage.

Un joueur qui peut s’insérer sans déranger ce qui fonctionne déjà.

Du côté de l’Utah, les journalistes commencent à poser la question à voix haute : qui doit partir si le Mammoth décroche?

Et le nom de Schmaltz revient constamment. Trop productif pour une reconstruction. Trop cher pour une équipe coincée entre deux cycles.

À Montréal, ce genre de profil ne passe jamais inaperçu.

Parce que le Canadien n’a pas besoin d’un projet.

Il a besoin d’un joueur qui sait exactement ce qu’il est.

Et Nick Schmaltz sait exactement ce qu’il est depuis longtemps.

Un métronome. Un stabilisateur. Une solution logique.

Reste à voir si Kent Hughes décidera que combler ce trou-là maintenant vaut plus que d’attendre encore un an.

Mais une chose est claire : si l’Utah ouvre la porte, Montréal ne peut pas faire semblant de ne pas regarder.

À suivre...