Ça chauffe entre les Penguins de Pittsburgh et le Canadien de Montréal. Et cette fois, ce n’est pas une projection montréalaise, ni une lecture émotionnelle des gradins du Centre Bell. C’est une affirmation qui vient directement d’un ancien directeur général de la LNH, quelqu’un qui a vécu ce genre de situation de l’intérieur.
Parce que pendant que les recruteurs professionnels des équipes adverses étaient bien alignés dans la galerie de presse pour le match entre le CH et le Wild le 20 janvier dernier, Kyle Dubas, lui, n’était pas là comme simple observateur. Il était là comme décideur. Et ça, ce n’est jamais banal.
La question, tout le monde se l’est posée : est-ce qu’un DG peut se déplacer pour autre chose que pour une transaction potentielle?
Est-ce qu’on peut vraiment croire qu’un directeur général traverse le continent, après un match joué la veille, simplement pour “prendre le pouls” ou regarder un match ordinaire de saison régulière?
À cette question, Pierre Dorion a répondu sans détour en entrevue avec Martin Lemay:
« Non. Si tu vois un DG à un match, c’est pour une possible transaction. Au bout de la ligne, c’est toi qui prends la décision. Tu peux regarder sur vidéo, mais il y a des choses que tu ne peux pas voir. »
Crosby ne veut rien savoir d’un départ. Il l’a répété, son clan l’a confirmé. Continuer à brandir Crosby dans ce contexte-là, c’est alimenter une rumeur morte.
Parce que quand on élimine le sensationnalisme, il reste les dossiers crédibles. Les dossiers réalistes. Et dans cette catégorie-là, un nom ressort encore et toujours.
Anthony Mantha.
Mantha coche toutes les cases du vrai hockey de transactions. Joueur de location. Contrat de 2,5 M$ qui expire. Production honnête dans un rôle secondaire. Aucun engagement à long terme. Et surtout, un joueur que Pittsburgh peut se permettre de sacrifier si l’organisation choisit de monnayer certains actifs sans tout démolir.
Ce n’est pas une vedette. Ce n’est pas un coup de circuit. C’est exactement le genre de joueur qu’un DG regarde en personne pour répondre à une seule question :
Est-ce qu’il peut encore m’aider à court terme… ou m’aider à récupérer quelque chose avant qu’il parte pour rien?
Et c’est là que les propos de Dorion prennent tout leur sens.
Un DG ne se déplace pas pour confirmer ce qu’il sait déjà sur vidéo. Il se déplace pour valider un doute. Pour observer un détail. Pour sentir un joueur. Pour voir comment il se comporte dans un contexte précis. Pour trancher.
Mais Mantha n’est pas le seul dossier possible.
La présence de Dubas coïncidait aussi avec l’insertion de Jayden Struble dans la formation, après huit matchs d’absence. Un défenseur jeune, robuste, peu coûteux, coincé dans une congestion défensive évidente à Montréal, pendant qu’Adam Engström attend à Laval.
Pour une équipe comme Pittsburgh, qui cherche à se rajeunir à faible coût sans s’engager à long terme, ce genre de profil n’est jamais anodin.
Quand un DG décide lui-même de se pointer à un match, comme l’a dit Dorion, ce n’est jamais pour le décor. Ce n’est jamais pour faire plaisir aux médias. C’est parce qu’il y a quelque chose de concret sur la table, ou quelque chose qui pourrait rapidement le devenir.
Et quand un ancien DG de la LNH affirme noir sur blanc que ce genre de déplacement n’arrive que dans un contexte de transaction potentielle, la conclusion devient difficile à éviter.
Quelque chose se prépare. E Mantha n'est pas le seul nom qui circule à Montréal.
Rickard Rakell est aussi une option.
Ce n'est pas un nom sexy à la Crosby. Il ne fait pas exploser les réseuax sociaux. Il ne déclenche pas des montages nostalgiques sur YouTube. Mais hockeyment parlant, c’est un dossier infiniment plus crédible. Et surtout, un dossier qui colle à la réalité des deux organisations.
On parle ici d’un ailier droitier de 6 pieds 1, 32 ans, capable de jouer physiquement sans être un poids mort offensif.
Cette saison, Rakell affiche 9 buts et 13 passes pour 22 points en 31 matchs. Ce n’est pas une anomalie. L’an dernier, il a produit 70 points en 81 matchs. Et sur l’ensemble de sa carrière, c’est 541 points en 833 matchs dans la LNH.
Ce n’est pas un joueur de séquence.
Ce n’est pas un feu de paille.
C’est un producteur constant, dans un rôle clair.
Son contrat de 5 M$ jusqu'en 2028 est raisonnable. Son salaire est gérable. Son âge correspond exactement à ce que le Canadien peut absorber sans compromettre sa fenêtre à moyen terme. Et surtout, Rakell est ce type d’ailier que le CH n’a pas en surplus : un joueur capable de jouer dans un top-6, d’occuper l’espace, de compléter un Nick Suzuki et Cole Caufield sans exiger d’être la vedette.
C’est là que le fit devient intéressant.
Mantha ou Rakell à Montréal?
Dans tous les cas, Pierre Dorion fait jaser en TA...
