La victoire de 6-3 contre les Canadiens de Montréal a tout d’un match signature. Une équipe qui encaisse, qui ne panique pas, qui accélère quand il le faut et qui finit par étouffer un adversaire déjà fragile.
Offensivement, c’est une démonstration de profondeur, de patience et de confiance. Défensivement, toutefois, ce match explique à lui seul pourquoi les rumeurs autour de Kent Hughes et d’un défenseur droitier de premier plan ne sont pas un caprice médiatique, mais une nécessité si le CH veut vraiment prétendre à la Coupe Stanley.
Parce qu’au cœur de cette victoire convaincante, il y a un malaise clair : l’expérience Kaiden Guhle-Arber Xhekaj a été un désastre.
Et pas un petit raté qu’on peut balayer sous le tapis en parlant de croissance ou d’apprentissage. Un vrai problème.
Mauvaises lectures, pertes d’équilibre en repli, revirements coûteux, absence de synchronisation. Deux gauchers ensemble, dans un match qui joue vite, ça n’a tout simplement pas fonctionné.
Xhekaj, pourtant encensé par plusieurs analystes au cours des derniers matchs pour sa solidité comme sixième défenseur, a vécu une soirée cauchemardesque.
Présent sur la glace pour les trois buts adverses, constamment exposé, incapable de stabiliser la paire. Ce n’est pas une question d’effort, c’est une question de talent. Xhelaj n'est pas un 6e défenseur d'une équipe prétendante à la Coupe Stanley.
Et c’est là que tout devient clair comme de l'eau de roche. Martin St-Louis n’a pas touché à la paire Alexandre Carrier - Lane Hutson, parce que ça fonctionne. Parce que c’est équilibré. Parce que c’est structuré.
Mais derrière, l’illusion s’effondre. Le Canadien peut survivre à une mauvaise soirée d’un défenseur. Il ne peut pas survivre, en séries, à une paire entière qui craque sous pression.
C’est exactement pour ça que le nom de Hughes circule autant. À Calgary pour Rasmus Andersson. À Saint-Louis pour Colton Parayko ou Justin Faulk.
Trois profils différents, une même réponse : un droitier capable d’absorber des minutes lourdes, de calmer le jeu, d’imposer une présence physique et de donner une structure claire à une brigade défensive encore trop fragile quand le tempo monte.
La fenêtre est ouverte. Tout le monde le voit. Les jeunes produisent, les vétérans tiennent la route, le groupe croit en quelque chose.
Mais ce match a rappelé une vérité cinglante : tu ne gagnes pas quatre rondes avec des bricolages à droite. Tu ne gagnes pas une Coupe Stanley en espérant que deux gauchers finissent par se comprendre sous pression.
La victoire contre Vancouver était belle, nécessaire, encourageante. Mais elle a aussi exposé, sans détour, la faille la plus évidente de cette équipe.
Et c’est précisément pour ça que, malgré six victoires en huit matchs, malgré l’euphorie ambiante, le Canadien continue de magasiner un défenseur droitier.
Pas par luxe. Par obligation. On a eu la confirmation ce soir.
