Tremblement à venir au Centre Bell: Phil Danault a déjà des frissons

Tremblement à venir au Centre Bell: Phil Danault a déjà des frissons

Par David Garel le 2026-01-07

Rapatrié par le Canadien de Montréal le 19 décembre, Phillip Danault a dû attendre près de trois semaines avant de disputer son premier match au Centre Bell.

Trois semaines lourdes, étirées, presque inconfortables pour un joueur qui sortait d’une fin de parcours pénible à Los Angeles et qui savait très bien que son vrai jugement ne se ferait pas à Boston ou à Dallas, mais chez lui, devant les siens.

« Dès le départ, la date du 7 janvier était encerclée sur le calendrier, a-t-il admis. Toute la famille était excitée, fébrile. J'ai déjà des frissons. »

Le Centre Bell va exploser pour Ti-Phil ce soir:

«C’est comme si je n’avais jamais quitté. Rien n’a changé. Je me sens comme à la maison.»

«J’ai serré des mains. Les gens sont respectueux. Ils sont contents de me voir, autant que je suis content de les voir, a raconté le numéro 24. Ça fait plaisir de jaser en français. Tu vois la passion des gens. Ça me manquait.»

Ce retour-là, Danault ne l’a jamais traité comme un match ordinaire. Il est passé de l'enfer au paradis.

Parce qu’à Los Angeles, la rupture n’a jamais été propre. Le temps de jeu a fondu, le rôle s’est brisé, la confiance avec son coach s'est effondré.

. Danault ne s’en cache plus.

« Vers la fin, je me sentais impuissant et inutile, a-t-il reconnu. Avec ce qu’on me donnait, je trouvais que je ne pouvais rien amener à l’équipe. »

Moins de 15 minutes par soir, un recul marqué en désavantage numérique, et cette impression persistante d’être devenu interchangeable.

« Quand tu n’es pas bien à une place, ça peut aller vite dans la mauvaise direction. Ça devient un entonnoir. » Ce mot-là, il l’a choisi avec soin.

À Montréal, le contraste est immédiat. Dès ses premiers pas au Centre Bell, Danault parle d’un sentiment familier.

« C’est comme si je n’avais jamais quitté. Rien n’a changé. Je me sens comme à la maison. » Et les partisans le lui rendent bien. Poignées de main, regards bienveillants, discussions en français. «

Les gens sont respectueux, contents de me voir. Ça fait plaisir de jaser en français. Tu vois la passion. Ça me manquait. » Ce n’est pas anodin pour un joueur qui sort d’un marché où il avait graduellement disparu du radar émotionnel.

Sur la glace, le confort passe aussi par les repères. Retrouver Brendan Gallagher, avec qui il a partagé la majorité de ses années à Montréal, a accéléré l’intégration.

« La dernière fois que j’ai joué ici, c’était avec Gally. On a joué ensemble pendant six ans. La chimie était là dès le départ. »

Mais Danault est lucide : la nostalgie ne gagnera pas des matchs. Il doit encore s’ajuster au système de Martin St-Louis, beaucoup plus offensif que ce qu’il a connu récemment.

« Le Canadien est extrêmement offensif. Je veux faire partie de ça. Malgré mon début de saison difficile, je sais que j’ai ça en moi. »

Et pourtant, tout n’est pas parfait. Danault le reconnaît lui-même. Il admet avoir été rouillé à ses débuts, admet des erreurs, des lectures en retard, des mises en jeu perdues à des moments clés.

« Je voulais disputer un gros match, j’avais beaucoup de stress. C’était un bon stress, mais ça reste une adaptation. »

Il ne fuit pas ses responsabilités, même lorsque ça fait mal. Il sait très bien que certaines séquences auraient pu coûter cher, et que sans quelques arrêts importants de Samuel Montembeault, le récit serait différent. Comme quand il a raté sa couverture sur Wyatt Johnson et que Montembeault l'a sauvé.

La différence, c’est qu’à Montréal, on lui redonne un rôle clair. Infériorité numérique, mises en jeu importantes, confrontations difficiles.

« C’était ma job de gagner la mise au jeu, a-t-il dit après le but gagnant de Lane Hutson. Ensuite, Lane a fait un christie de tir. » Ce genre de phrase, brute, honnête, sans filtre, résume bien où en est Danault : pas dans le discours de rédemption, mais dans celui de l’utilité.

Il sait aussi que la lune de miel ne durera pas éternellement. Les médias sont encore bienveillants, les questions douces, le ton respectueux.

Mais Danault n’est pas naïf. Il sait que la patience de Montréal est conditionnelle à l’impact réel. « Quand tu te sens bien mentalement, la rondelle te suit », dit-il. Encore faudra-t-il qu’elle finisse par entrer.

Le Phillip Danault qui revient au Centre Bell n’est plus celui des grandes années avec Tatar et Gallagher. La vitesse n’est plus la même, le corps a changé, et il a maintenant 32 ans. Il le sait.

Le Canadien le sait. Mais ce retour n’a jamais été vendu comme celui d’un sauveur offensif. Il a été vendu comme celui d’un joueur fiable, intelligent, capable de stabiliser une équipe jeune dans des moments où ça déraille.

Et c’est exactement là que Danault joue sa crédibilité. Pas dans les applaudissements du retour, mais dans la constance à venir.

Parce qu’à Montréal, l’amour est réel… mais il est toujours conditionnel à la performance.