José Théodore n’a pas simplement critiqué Juraj Slafkovsky. Il lui a passé un véritable savon sur les ondes de Cogeco. L’ancien gardien du Canadien a choisi ses mots, mais le message était suffisamment violent pour que le numéro 20 du Tricolore en ressente les secousses.
Et cette fois, Slafkovsky ne peut pas se cacher derrière ses statistiques offensives.
Après l’effondrement absolument inexplicable du Canadien contre les Jets de Winnipeg, une avance de 4-0 transformée en défaite de 5-4, Théodore a livré une lecture particulièrement sévère de ce qu’il avait vu. Il n’a pas seulement dénoncé le manque de discipline collective. Il a pointé du doigt une attitude qui, à ses yeux, résume parfaitement le problème de Montréal : des joueurs davantage préoccupés par leur petite récolte personnelle que par les besoins de leur équipe.
« Je trouve qu'il a été égoïste et toute l'équipe a été égoïste. On voulait notre petit but. On a essayé de tricher », a lancé Théodore.
Voilà le genre de commentaire qui fait mal. Et Slafkovsky se retrouve directement dans la ligne de mire avec ces accusations de tricherie.
L’ancien gardien n’a pas tourné autour du pot lorsqu’il a abordé le rendement du grand Slovaque. « Slafkovsky, il a été mauvais hier. On va s’entendre… »
Une déclaration sèche, sans détour, qui brise la patience dont bénéficie encore le troisième choix au total du repêchage de 2022.
Le problème, c’est que les reproches ne sortent pas de nulle part.
Slafkovsky possède un gabarit exceptionnel, une force physique que très peu d’attaquants du Canadien peuvent égaler et des qualités offensives qui ont longtemps laissé croire qu’il pouvait devenir une véritable force dominante dans la Ligue nationale.
Pourtant, quand son équipe avait besoin de lui contre Winnipeg, il n’a pas donné l’impression d’un joueur prêt à faire le travail ingrat pour protéger une avance.
Au lieu de jouer avec puissance, d’imposer sa présence et de gagner les batailles le long des bandes, il a donné l’impression de chercher sa récompense personnelle. Chercher son petit but, sa petite statistique, son moment offensif.
Voilà ce que Théodore reproche au groupe montréalais, et Slafkovsky n’échappe certainement pas à cette critique. On sentait que Théo était en colère tellement il trouvait Slaf lâche.
Le plus inquiétant, c’est que cette sortie arrive au moment où les questions sur son identité comme joueur deviennent de plus en plus difficiles à éviter. On parle d’un attaquant de puissance qui ne distribue pratiquement plus de coups d’épaule, qui ne fait pas suffisamment sentir sa présence physique et qui peut disparaître pendant plusieurs rencontres. Son gabarit devrait être une arme. Il devient trop souvent un simple élément décoratif.
On ne demande pas à Slafkovsky de marquer à chaque match. On lui demande de jouer comme un homme de 6 pieds 3 pouces et de plus de 230 livres. De protéger la rondelle, de gagner ses duels, de déranger les défenseurs adverses et de faire payer le prix à ceux qui s’approchent de lui. Quand l’attaque ne fonctionne pas, il doit avoir d’autres moyens de contribuer. C’est précisément ce qui distingue un joueur complet d’un joueur qui attend que les choses tournent en sa faveur.
Théodore a également rappelé une autre réalité embarrassante pour le Canadien : sans Jacob Fowler, le match n’aurait même pas été aussi serré. « Si tu n’as pas Fowler, il n’y a pas de match », a-t-il affirmé. Il a aussi souligné les 47 tirs accordés et cette confiance excessive qui a fini par coûter très cher à Montréal.
Son diagnostic est dur, mais il touche une question fondamentale : le Canadien a-t-il commencé à se croire meilleur qu’il ne l’est réellement?
La remontée des Jets devrait servir d’avertissement à tout le vestiaire. Une avance de quatre buts ne donne pas le droit de relâcher l’effort, de chercher des statistiques personnelles ou de négliger les responsabilités défensives. Dans la Ligue nationale, personne ne vous donnera la victoire simplement parce que vous avez bien commencé la rencontre.
Pour Slafkovsky, le problème dépasse maintenant une mauvaise soirée. Il doit comprendre qu’on ne devient pas un attaquant dominant uniquement en accumulant des points sur l’avantage numérique. Il faut être présent quand le match devient difficile, quand les jambes deviennent lourdes et quand l’équipe a besoin d’un joueur capable de prendre les choses en main.
José Théodore vient de lui envoyer un message particulièrement cinglant. Le genre de message qu’un jeune joueur devrait recevoir comme un électrochoc.
Le talent de Slafkovsky n’a jamais été remis en question. Son engagement, son implication physique et sa capacité à faire passer le Canadien avant ses statistiques personnelles deviennent toutefois des sujets de discussion beaucoup plus sérieux.
Et après une défaite aussi honteuse, personne dans le vestiaire montréalais ne devrait se sentir à l’abri des critiques.
