Parlons-en franchement, sans détour et regardons la réalité en face : ce qu’on a vu hier avec Arber Xhekaj, c’était un malaise hockey pur et dur.
Le shérif va quitter le CH cet été. On en est persuadé. Et toute la LNH le sait.
7 minutes et 9 secondes de temps de jeu pour un défenseur dans un match de la LNH. Pas en fin de rencontre déjà perdue. Pas à cause d’une blessure. Pas parce qu’il a écopé de punitions en cascade. 7:09, point. À ce niveau-là, ce n’est même plus « réchauffer le banc ». C’est ne pas jouer.
Et c’est là que le parallèle devient brutal : Arber Xhekaj est officiellement devenu le nouveau Michael Pezzetta du Canadien. P
Un joueur habillé par obligation, utilisé par défaut, retiré du jeu dès que le match devient sérieux. Quand un défenseur joue à peine deux minutes par période, le message est cinglant: non seulement l’entraîneur ne te fait pas confiance... mais il te méprise...
Regardons les chiffres, parce qu’ils ne mentent jamais. Pendant que Xhekaj regardait l’horloge tourner, Mike Matheson avalait 27:31, Kaiden Guhle jouait 19:29, Alexandre Carrier montait à 20:26, Lane Hutson était à 20:12 minutes, Noah Dobson à 20:34. Et Xhekaj ? 7:09. Ce n’est pas une rotation. Ce n’est pas une soirée difficile. C’est une exclusion fonctionnelle.
Et le plus troublant, c’est l’image. La caméra qui se pose sur lui. Le regard dans le vide. Le sourire figé. Le rire jaunede quelqu’un qui comprend très bien ce qui est en train de se passer, mais qui n’a aucun levier pour le changer.
Ce sourire-là, ce n’est pas de l’insouciance. C’est le masque classique d’un joueur qui sait qu’il est coincé. Coincé entre son statut public, son rôle fantasmé par les partisans, et la réalité froide imposée par son entraîneur.
Parce que soyons clairs : Martin St-Louis ne croit pas en Arber Xhekaj. Pas à cinq contre cinq. Pas dans les moments serrés. Pas quand le match se joue sur des détails.
Ce n’est pas nouveau, mais hier, c’était impossible à cacher. St-Louis ne l’a pas puni pour une erreur précise ; il l’a simplement retiré de l’équation. Et quand un coach agit ainsi, ce n’est jamais accidentel.
On peut bien parler de robustesse, d’identité, de caractère, de ce qu’il apporte « dans le vestiaire ». À un moment donné, la LNH s’en fout. Un défenseur doit être capable de jouer, point.
De tenir son territoire, de gérer la rondelle, de suivre le tempo. Quand ton entraîneur choisit sciemment de te laisser sur le banc pendant que les autres mangent les grosses minutes, il te dit exactement ce qu’il pense de ton utilité réelle.
La question devient alors inévitable : pensez-vous vraiment qu’Arber Xhekaj va re-signer à Montréal cet été ? Un joueur autonome avec restriction, un joueur fier, conscient de sa valeur perçue ailleurs, et surtout lucide sur sa situation ici.
Pourquoi accepterait-il de prolonger dans une organisation où il est traité comme un accessoire, où chaque présence semble conditionnelle, où son temps de jeu peut fondre à 7 minutes sans explication publique ?
Ce n’est pas une question d’argent. C’est une question de respect professionnel. Et dans la LNH, le temps de glace est le seul langage qui compte.
Ce qui rend la scène encore plus cruelle, c’est le contexte. Le Canadien parle d’identité physique. On évoque la nécessité de protéger les jeunes défenseurs. On vend l’idée d’un club plus dur à affronter.
Et quand vient le temps de l’appliquer… le shérif est assis. Non seulement assis, mais muselé. Habillé pour la forme. Utilisé comme un figurant.
À force de jouer avec le feu, Montréal est en train de transformer un actif imparfait, mais unique, en dossier inévitablement perdant.
Parce qu’à ce rythme-là, Xhekaj ne retrouvera pas de valeur ici. Et lui, de son côté, n’aura aucune raison de croire que ça va changer. Pas avec cet entraîneur. Pas avec cette hiérarchie. Pas avec ce rôle.
La réalité, elle est trite, mais elle est claire comme de l’eau de roche : Arber Xhekaj va quitter Montréal. Peut-être par transaction. Peut-être par offre hostile. Peut-être par une rupture nette et sans pitié si le CH décide de ne pas lui offrir une offre qualificative et le laisse aller... pour rien.
Mais la cassure est déjà là. Elle s’est vue hier, sur le banc, dans ce sourire figé d’un joueur qui savait très bien qu’il ne jouait pas un match… mais ses derniers chapitres avec le Canadien.
Et dans la LNH, quand un défenseur joue 7 minutes et 9 secondes, ce n’est jamais un hasard. C’est une conclusion en cours d’écriture.
