Triste scène en direct: Zachary Bolduc abandonne Martin St-Louis

Triste scène en direct: Zachary Bolduc abandonne Martin St-Louis

Par David Garel le 2026-01-14

À Washington, tout le monde a vu la même chose. Pas besoin de ralentis sophistiqués, pas besoin d’analystes pour décortiquer la séquence image par image.

Ça sautait aux yeux. Zachary Bolduc a décroché. Pas tactiquement. Mentalement. Et à Montréal, ce genre de décrochage ne passe jamais inaperçu, encore moins quand il arrive exactement au moment où le match exige l’inverse.

Il y a des séquences qui passent inaperçues parce qu’elles sont noyées dans le flot d’un match. Et il y a celles qui deviennent des symboles. Celle de Zachary Bolduc, hier à Washington, appartient clairement à la deuxième catégorie.

Le Canadien mène 2-0. Le match est encore sous contrôle. Rien n’oblige à forcer le jeu, rien n’impose le risque. Et pourtant, sur une perte de rondelle en zone offensive, Bolduc ne se replie pas. Il ralentit. Il abandonne totalement.

Il ne coupe pas la ligne centrale. Il arrête de patiner. Pendant ce temps-là, la structure défensive s’effondre.

Phillip Danault et Josh Anderson se retrouvent à défendre une situation de surnombre. Quand Bolduc finit par revenir dans l’image, le jeu est déjà mort. Ethan Frank attaque le filet sans réelle opposition et marque. Le but ne devrait jamais exister.

Ce n’est pas une erreur tactique.

Ce n’est pas une mauvaise lecture du système.

C’est un problème d’engagement.

Et c’est exactement pour ça que cette séquence frappe aussi fort.

Dans l’écosystème du Canadien, il y a une hiérarchie non écrite. Les jeunes peuvent se tromper. Ils peuvent hésiter. Ils peuvent apprendre à la dure. Mais ce qui est intolérable, surtout sous Martin St-Louis, c’est l’impression de décrocher mentalement, même pour une seconde.

Ce qui a choqué, ce n’est pas seulement le but accordé. C’est la différence brutale entre l’urgence du moment et l’attitude du joueur.

Quand tu es un attaquant de soutien, sans rôle verrouillé, sans minutes garanties, sans statut protégé, chaque présence est une audition. Et hier, Bolduc a raté la sienne devant tout le monde.

Il a abandonné non seulement son coach, mais aussi ses coéquipiers.

La réaction a été immédiate. Les images ont circulé. Les ralentis aussi. Les commentaires n’ont pas tardé à pointer le même élément : l’absence de repli, l’effort jugé insuffisant, le timing catastrophique.

Dans un marché comme Montréal, la perception compte presque autant que la réalité. Et la perception, présentement, est sévère.

Ce qui rend la situation encore plus fragile, c’est le contexte. Zachary Bolduc est exempté du ballottage. Le Canadien s’apprête à récupérer des attaquants blessés. Jake Evans se rapproche. Kirby Dach aussi. Patrik Laine aussi. Alex Newhook suivra.

La congestion offensive arrive, et quand elle arrive, ce ne sont pas les joueurs établis qui écopent.

Bolduc, aujourd’hui, n’a pas de chaise attachée au sol. Son contrat d’entrée ne le protège pas. Son rôle non plus. Et surtout, son style de jeu, axé sur l’offensive, exige un effort défensif irréprochable pour justifier sa présence, surtout qu'il ne produit pas et qu'il est en léthargie complète.

Quand tu craches sur ton coach et tes coéquipiers ainsi, l’équation devient très simple pour un entraîneur comme Martin St-Louis.

Ce n’est pas un hasard si cette séquence a pris autant d’ampleur. Elle touche exactement au nerf exposé de la relation entre Bolduc et son coach : la confiance sans la rondelle. Depuis plusieurs semaines, on sent que cette confiance est fragile. Hier, elle a été publiquement ébranlée.

Le reste du match n’a pas aidé. En troisième période et en prolongation, le Canadien a été dominé comme une équipe pee-wee.

Les erreurs se sont multipliées. D’autres joueurs ont mal joué des couvertures. Mais aucune autre erreur n’a envoyé un message aussi clair que celle de Bolduc, parce qu’elle ressemblait moins à une erreur qu’à un relâchement.

À Montréal, ce genre de moment colle à la peau. Il te suit. Il revient dans les discussions. Il influence les décisions futures, même inconsciemment.

Quand l’entraîneur parle de maturité, d’awareness, de responsabilité collective, c’est exactement ce genre de séquence qu’il a en tête.

Personne ne dit que Zachary Bolduc est fini. Personne ne dit qu’il n’a pas de talent. Mais ce qui est en train de se produire est beaucoup plus sournois : il est en train de perdre le bénéfice du doute.

Et dans la Ligue nationale, surtout à Montréal, quand tu perds le bénéfice du doute au moment où l’alignement se resserre, la pente devient très abrupte.

Quand les blessés reviendront, quand les décisions difficiles devront être prises, est-ce que Martin St-Louis pourra encore faire confiance à Zachary Bolduc dans un match serré, avec une avance à protéger ?

Après la séquence d’hier, cette réponse n’est plus aussi évidente qu’elle l’était il y a une semaine.

Quand on l'a vu lâcher la serviette en direct, on avait envie de pleurer. Quelle triste scène...