La transaction de Samuel Girard n’a pas seulement fait jaser au Colorado.
Elle a fait lever des sourcils partout dans la LNH.
Girard à Pittsburgh. Brett Kulak à Denver. Un choix de deuxième ronde qui change de mains. Et surtout… 8,7 millions de dollars libérés sur la masse salariale de l’Colorado Avalanche.
Huit point sept.
Exactement.
Un chiffre rond. Propre. Chirurgical.
Et c’est là que le malaise commence.
Parce que 8,7 millions, c’est aussi le salaire exact de Sidney Crosby.
Au dollar près.
Coïncidence?
Peut-être.
Mais dans une ligue où les directeurs généraux calculent au millimètre, où chaque mouvement est anticipé des semaines à l’avance, on ne libère pas presque neuf millions sans plan derrière.
Le Colorado n’avait pas besoin de bouger.
Ils sont dominants.
Ils sont installés au sommet.
Ils jouent avec confiance, profondeur et vitesse.
Ils font partie d’une catégorie à part cette saison.
Alors pourquoi créer cet espace?
Pourquoi maintenant?
La réponse simple serait : flexibilité.
La réponse excitante serait : ambition.
Parce que si l’Avalanche décide d’ajouter une pièce d’impact pour les séries, elle vient de se donner exactement la marge nécessaire pour frapper très fort.
Et quand on parle de pièce d’impact…
On pense à Crosby.
On ne parle pas d’un joueur secondaire. On parle d’un capitaine historique. D’un joueur qui, même blessé en ce moment, demeure l’un des cerveaux les plus dangereux du hockey mondial. Crosby n’a pas joué la demi-finale ni la finale olympique à Milan en 2026. Il est clairement diminué. Mais le Colorado n’a pas besoin de lui aujourd’hui.
Ils auraient besoin de lui en avril.
En mai.
Quand chaque mise au jeu compte.
Quand chaque possession en zone offensive peut décider d’une série.
Et pendant ce temps, à Pittsburgh, la réalité est plus dure.
Les Pittsburgh Penguins ne sont plus l’équipe dominante d’autrefois. Sans Crosby en uniforme, ils peinent à générer de l’attaque constante. Le rythme ralentit. La structure craque. Et la course aux séries devient de plus en plus incertaine.
Le classement n’attend personne.
Le temps non plus.
Pour Crosby, la fenêtre se referme tranquillement. Les Penguins se battent pour rester pertinents, mais la marge est mince, et sans leur capitaine pour stabiliser le jeu, l’équipe paraît vulnérable. Chaque semaine sans lui accentue l’impression que le cycle est arrivé à un point critique.
Et c’est là que l’urgence apparaît.
Crosby a déjà laissé entendre qu’il aimerait terminer sa carrière à Pittsburgh. C’est son équipe. Son identité. Mais s’il devait bouger pour maximiser une dernière vraie chance de soulever la Coupe Stanley, deux destinations feraient sens.
Le Colorado.
Ou Montréal.
Le Colorado pour gagner immédiatement avec Nathan MacKinnon.
Montréal pour l’histoire, pour le Québec, pour les années passées à dominer la LHJMQ.
Mais soyons honnêtes.
Aujourd’hui, le Colorado est prêt.
Leur fenêtre est ouverte.
Leur noyau est en plein prime.
Leur profondeur est déjà impressionnante.
Ajouter Crosby ne serait pas une nécessité.
Ce serait une arme.
Une assurance.
Un luxe stratégique.
Et imaginez le scénario.
Crosby et MacKinnon dans le même vestiaire.
Deux amis proches depuis l’adolescence.
Deux compétiteurs obsessionnels.
La chimie existe déjà.
Elle ne serait pas à construire.
Elle serait à libérer.
Oui, Crosby est blessé.
Oui, son genou fait jaser.
Oui, il n’a pas terminé le tournoi olympique.
Mais ce n’est pas une course pour février.
C’est une course pour les séries.
Et un Crosby à 80 % en séries reste un Crosby.
Le chiffre dérange.
Le timing intrigue.
Le silence alimente tout.
Le Colorado n’avait pas besoin de faire ce mouvement.
Ils l’ont fait quand même.
Et si cette transaction n’était pas une fin…
Mais le début d’un plan beaucoup plus grand?
Huit point sept millions.
Pile.
Dans une ligue où rien n’est laissé au hasard.
C’est peut-être une coïncidence.
Ou peut-être que l’Avalanche vient simplement d’ouvrir la porte au plus gros coup de l’année.
À suivre...
