Un point perdu par Martin St-Louis: Lane Hutson mis de côté

Un point perdu par Martin St-Louis: Lane Hutson mis de côté

Par André Soueidan le 2026-01-13

Soyons clairs tout de suite : sans Samuel Montembeault, ce match-là se termine en temps régulier.

Pas en prolongation. Pas avec un point de consolation. En défaite sèche.

Le Canadien a joué une période et demie, gros maximum.

Le reste du temps, c’est Washington qui a dicté le tempo, qui a tiré, qui a contrôlé la rondelle, qui a forcé Montréal à survivre plutôt qu’à jouer.

Si le CH est reparti avec un point, ce n’est pas parce qu’il a bien géré son match. C’est parce que Montembeault a refusé de couler.

Et ça, c’est un problème.

Parce que ce point-là, ce n’est pas un point arraché.

C’est un point sauvé. Et surtout, c’est un point qui n’aurait jamais dû être laissé sur la table.

Le match bascule à la fin de la deuxième période.

Avantage numérique de 5 contre 3. Moment charnière.

Moment parfait pour fermer la porte, pour tuer l’espoir, pour envoyer Washington au vestiaire avec la tête basse.

Et là, Martin St-Louis s’entête.

Il sort Lane Hutson.

Il insiste avec Noah Dobson.

Il gèle complètement le jeu.

On parle ici d’un défenseur qui était quatrième pointeur chez les défenseurs de toute la LNH avec 45 points avant le match. Quatrième. Toute la ligue. Pas l’équipe. Pas la division. La ligue au complet.

Et dans un 5 contre 3, on décide que ce joueur-là n’est pas la meilleure option.

Allô?

À partir du moment où Hutson quitte la glace, tout ralentit.

Plus de mouvement. Plus de menace latérale. Plus de défenseurs qui mordent.

Le Canadien cherche le tir parfait, hésite, perd du temps, perd le contrôle de la séquence… et perd surtout l’initiative.

Noah Dobson, dans ce contexte-là, ne change rien. Il ne force rien. Il ne crée rien. Il ne désorganise rien.

Et non, ce n’est même pas proche de l’impact de Hutson. Même pas proche.

C’est là que Washington comprend que le Canadien veut gérer plutôt que frapper.

Et à partir de là, le CH commence à tricher.

Ça se voit partout. Dans les décisions. Dans les automatismes. Dans l’attitude.

Même chez le capitaine.

La mise en jeu en prolongation en est l’exemple parfait.

Phillip Danault prend le face-off.

Nick Suzuki, à l’aile, essaie de partir trop vite. Il triche.

Il veut s’échapper avant même que la rondelle tombe.

Résultat? Il se fait prendre, il doit accrocher, pénalité.

Cette séquence-là, c’est la métaphore du match au complet.

Le Canadien a voulu aller trop vite vers la sortie.

Il a voulu s’en tirer au lieu de dominer.

Et comme si ce n’était pas assez, les choix en prolongation viennent enfoncer le clou.

Ivan Demidov ne touche pas à la glace. Pas une présence. À trois contre trois.

Deux présences pour Juraj Slafkovský.

Oui, Slafkovský joue du très bon hockey depuis quelques semaines.

À cinq contre cinq, son impact est réel, physique, constant.

Mais à trois contre trois, c’est une autre réalité.

Moins de lecture. Moins de vision périphérique.

Tendance à jouer seul.

Et ce soir-là, ce n’était pas le moment.

Il lâche son joueur.

Washington n’a besoin que d’une ouverture. But. Match terminé.

Encore une décision douteuse.

Encore un moment où le Canadien se tire dans le pied.

Encore un match où le banc tente de “changer le match” au lieu de simplement laisser ses meilleurs joueurs le gagner.

Parce qu’au final, soyons honnêtes :

Le Canadien n’a pas contrôlé ce match.

Le Canadien a été dominé pendant de longues séquences.

Le Canadien a été sauvé par son gardien.

Un point gagné par Samuel Montembeault.

Un point perdu par Martin St-Louis.

Et tant que Lane Hutson continuera d’être mis de côté dans les moments où il devrait être au centre de tout, ce genre de scénario risque de se répéter.

Misère...