Vente de feu à Winnipeg : Kent Hughes feuillette le catalogue

Vente de feu à Winnipeg : Kent Hughes feuillette le catalogue

Par André Soueidan le 2026-02-11

L’expression est belle.

Vente de feu. Urgence. Panique. Rabais de fin de saison.

Sur papier, Winnipeg donne l’impression d’un club prêt à tout liquider pour sauver ce qui peut encore l’être.

Dans les faits? Kent Hughes feuillette le catalogue… et referme tranquillement la page.

Parce qu’une vente de feu, encore faut-il que la marchandise en vaille la peine.

À Winnipeg, le constat est brutal.

Saison ratée. Équipe sous .500.

Fenêtre compétitive qui s’est refermée plus vite que prévu.

Après un trophée des Présidents l’an dernier, les Jets sont déjà rendus à vendre des morceaux, coincés entre un noyau vieillissant et un avenir qui n’avance pas.

Mais pour le Canadien de Montréal, cette fameuse vente ressemble beaucoup plus à un marché aux puces qu’à une opportunité stratégique.

Commençons par le nom qui revient le plus souvent : Logan Stanley.

Oui, il est immense. Oui, il frappe. Oui, il a le prototype que certains DG aiment encore afficher dans leurs présentations PowerPoint.

Mais hockey? On l’a vu contre le Canadien. Lent. Rigide.

En retard dans les lectures. Tout croche quand le jeu accélère. Stanley, c’est exactement le genre de défenseur que Montréal essaie de ne plus développer.

Dans une organisation qui mise désormais sur la mobilité, l’intelligence et la transition rapide, ajouter Stanley reviendrait à faire un pas en arrière.

Prendre des minutes à Arber Xhekaj?

Peut-être. Améliorer réellement la ligne bleue? Absolument pas. Ce serait un pansement, pas une solution.

Ensuite, Jonathan Toews.

Immense respect. Légende. Leadership. Trois Coupes Stanley.

Mais soyons sérieux deux secondes.

Toews tire de la patte. 19 points en 56 matchs.

Rôle de quatrième centre. Production minimale.

Montréal vient tout juste d’aller chercher Phillip Danault pour remplir exactement ce type de mandat : fiabilité, mises au jeu, conscience défensive.

Pourquoi répéter la même erreur avec un joueur encore plus ralenti?

Le Canadien n’est pas en manque de symboles. Il est en construction.

Et ce genre de profil-là n’aide absolument pas à élever le plafond offensif de l’équipe.

Gustav Nyquist?

On passe.

36 ans. Saison invisible. Production en chute libre.

Le CH a déjà payé trop cher pour ce type de vétéran dans le passé.

Aucun besoin d’un autre ailier neutre qui remplit une chaise sans changer l’allure d’un match.

Le reste du catalogue? Tanner Pearson. Cole Koepke. Colin Miller blessé.

Des noms qui font lever zéro sourcil à Montréal.

Et c’est là que la réalité frappe :

Winnipeg vend… mais Winnipeg n’a rien que le Canadien veut vraiment acheter.

Le seul angle qui pourrait, à la rigueur, susciter une discussion interne, c’est Stanley comme solution temporaire pour absorber des minutes physiques, protéger certains jeunes et encaisser des mises en échec que Xhekaj ne peut pas toujours prendre seul.

Et encore là, ce serait à très bas prix, sans engagement, sans illusion.

Parce que le Canadien n’est plus rendu là.

Kent Hughes ne cherche pas à sauver une saison. Il prépare une fenêtre.

Chaque transaction est analysée à travers un prisme clair :

Est-ce que ce joueur sera encore utile en 2027-2028?

Est-ce qu’il élève le plafond du top-6 ou du top-4?

Est-ce qu’il bloque un jeune ou l’aide à progresser?

À Winnipeg, aucune réponse convaincante à ces questions.

Pendant que les Jets songent à liquider leurs UFAs pour empiler des choix, Montréal regarde ailleurs.

Calgary. Columbus. Anaheim.

Des équipes où les actifs correspondent davantage à une reconstruction intelligente, pas à une liquidation désespérée.

La vente de feu à Winnipeg existe.

Mais pour le Canadien, c’est une vente où l’on regarde, on compare… et on repose le catalogue sur la table.

Parce qu’acheter juste pour acheter, c’est exactement ce qui a plombé cette organisation pendant une décennie.

Aujourd’hui, Kent Hughes n’est pas pressé.

Il observe.

Il calcule.

Et surtout, il sait reconnaître une fausse opportunité quand il en voit une.

Winnipeg brûle.

Montréal attend.

Et dans ce genre de contexte, c’est rarement le vendeur en panique qui gagne la transaction.

À suivre ...