Pendant des années, les Jets de Winnipeg ont refusé de toucher à leur noyau. Malgré les éliminations décevantes, malgré les critiques des partisans et malgré les occasions ratées de faire un grand ménage, le DG Kevin Cheveldayoff a toujours choisi la continuité.
Mais à force de lire entre les lignes, une impression commence à s’installer. Une impression que quelque chose est en train de changer à Winnipeg.
Le Winnipeg Free Press est cinglant. Les questions ne portent plus sur la façon dont les Jets vont gagner la Coupe Stanley. Elles portent sur l’avenir de Connor Hellebuyck, sur la possibilité de voir certains vétérans quitter l’organisation, sur l’arrivée potentielle de nouveaux dirigeants et sur la capacité réelle de ce groupe à rebondir après une autre saison décevante.
Et au milieu de toutes ces interrogations se trouve un nom qui risque de faire énormément jaser partout dans la LNH : Mark Scheifele.
Plus on lit entre les lignes, plus on comprend qu’il y a un malaise profond dans l’organisation. Officiellement, personne ne parle de reconstruction. Officiellement, Kevin Cheveldayoff croit encore à son noyau. Officiellement, Connor Hellebuyck prépare une saison de rédemption.
Mais le journal pose une bombe médiatiqueL combien de temps encore les Jets peuvent-ils continuer avec le même groupe?
Connor Hellebuyck a exprimé sa frustration à la fin de la saison. Les journalistes admettent qu’il surveille attentivement ce que la direction va faire cet été. Ils vont même jusqu’à écrire que si le gardien cesse de croire qu’il peut gagner la Coupe Stanley à Winnipeg, “les murmures pourraient commencer”.
C’est énorme.
On parle ici du visage de la concession. Un gardien qui a remporté trois trophées Vézina et un trophée Hart. Un gardien qui a tout donné à cette organisation. Si même lui commence à perdre patience, c’est un signal d’alarme.
Et il n’est pas le seul.
Le dossier le plus intéressant demeure celui de Mark Scheifele.
Les journalistes ne disent jamais directement qu’il veut partir. Ils ne disent jamais qu’il demande une transaction. Mais ils consacrent plusieurs passages à expliquer que les Jets doivent secouer leur noyau, que plusieurs équipes cherchent des centres élites et que l’ère du pouvoir des joueurs prend de l’ampleur partout dans la LNH.
Ils parlent de Dylan Larkin qui a demandé une transaction. Ils parlent du précédent créé par l’échange de Quinn Hughes. Ils parlent d’une nouvelle réalité où les vedettes décident davantage de leur avenir.
Et quand on regarde froidement la situation, Scheifele est exactement le genre de joueur qui pourrait faire exploser le marché.
Il vient de connaître la meilleure saison de sa carrière avec 103 points.
À 33 ans, il joue encore comme un centre numéro un dominant.
Il possède un contrat extrêmement raisonnable pour un joueur de cette qualité.
Il est encore capable de transporter une attaque.
Et surtout, il joue à une position qui est pratiquement introuvable sur le marché.
C’est pour cette raison que les partisans des Canadiens de Montréal commencent déjà à rêver.
Imaginez une seconde Ivan Demidov avec Mark Scheifele.
Imaginez un joueur de 103 points capable de servir le jeune phénomène russe.
Imaginez une attaque où Nick Suzuki n’aurait plus à porter seul tout le poids offensif.
Et contrairement à plusieurs centres vedettes de la ligue, Scheifele possède encore une valeur contractuelle très intéressante.
Imaginez le scénario. Le bourreau de Jake Evans en 2021 qui devient son coéquipier. Quand on souvient de l'agression, on en a la chair de poule:
Ouch.
Évidemment, le prix serait astronomique.
Les partisans des Jets qui circulent sur les réseaux sociaux parlent déjà de paquets comprenant Jacob Fowler, Michael Hage ou David Reinbacher et des choix de premier tour.
Attentiom.
À un certain moment, même un joueur de 103 points a un âge.
Même un joueur élite a une date d’expiration.
David Reinbacher représente peut-être le futur défenseur top-4 droitier de l’organisation.
Michael Hage pourrait devenir un centre top-6.
Jacob Fowler est considéré par plusieurs comme le gardien d’avenir.
Sacrifier un ou de ces éléments pour un joueur de 33 ans constitue un risque immense.
Mais ce qui est encore plus intéressant, c’est la situation globale des Jets.
Dans le Winnipeg Free Press, c'est rempli de questions sur l’avenir.
Les gens demandent si Hellebuyck est heureux.
Les gens demandent si Shane Doan arrive pour éventuellement remplacer Cheveldayoff.
Les gens demandent si le choix numéro huit sera échangé.
Les gens demandent pourquoi le noyau est encore intact après tant de déceptions.
Les gens demandent si Winnipeg redeviendra un jour une équipe qui dépense jusqu’au plafond salarial.
Cela ressemble davantage à une organisation qui approche d’un point de rupture qu’à une organisation convaincue de son avenir.
Les Jets sortent d’une autre saison décevante.
Leur profondeur s’est effondrée.
Leur fenêtre de championnat rétrécit.
Leurs vedettes vieillissent.
Leurs jeunes joueurs ne semblent pas prêts à prendre le relais immédiatement.
Et pendant ce temps, plusieurs équipes montent rapidement dans la hiérarchie de la LNH.
Les Canadiens de Montréal en font partie.
C’est pourquoi le nom de Scheifele risque de revenir constamment au cours des prochaines semaines.
Surtout dans une ligue où les joueurs vedettes prennent de plus en plus le contrôle de leur destinée.
Ça sent la vente de feu à Winnipeg.
Et si jamais les Jets en arrivent là, Mark Scheifele deviendra instantanément l’un des joueurs les plus convoités de toute la LNH.
Les Canadiens de Montréal feraient alors partie des équipes qui devront décider jusqu’où elles sont prêtes à aller pour obtenir un centre capable de produire plus de 100 points.
Car un joueur comme lui n’arrive presque jamais sur le marché. Et lorsqu’il arrive, toute la ligue écoute.
