Victoire pour Kent Hughes : Alexandre Carrier devient un symbole
Kent Hughes et Alexandre Carrier. Capture d'écran Youtube

Victoire pour Kent Hughes : Alexandre Carrier devient un symbole

André Soueidan
Le 2026-09-26

Deux ans après avoir bougé une pièce qui ne faisait plus vraiment partie des plans à Montréal, Kent Hughes reçoit aujourd’hui une confirmation qui tombe particulièrement bien.

Justin Barron se retrouve au ballottage à Nashville… pendant qu’Alexandre Carrier continue de représenter exactement le genre de défenseur que le directeur général du Canadien cherchait lorsqu’il a décidé de faire cette transaction.

Et tout ça ramène à une soirée de décembre 2024.

À l’époque, Hughes avait envoyé Justin Barron aux Predators en retour de Carrier.

Barron était un jeune défenseur droitier avec un certain potentiel, un ancien choix de première ronde qui possédait des qualités intéressantes, notamment son gabarit et son coup de patin.

Nashville voyait encore beaucoup de choses à développer chez lui.

Barry Trotz avait même expliqué que les Predators l’avaient dans leur mire depuis un certain temps et qu’ils croyaient pouvoir l’aider à atteindre son potentiel. NHL

Mais à Montréal, la situation était différente.

Barron n’avait jamais réussi à s’installer complètement dans la confiance de Martin St-Louis.

Son temps de jeu fluctuait, les erreurs coûtaient cher et, surtout, le Canadien avait besoin d’un défenseur capable d’apporter quelque chose de plus immédiat à une brigade qui cherchait encore son identité.

Hughes est donc allé chercher Carrier.

Pas un joueur flamboyant. Pas une vedette qui allait remplir les manchettes tous les matins.

Un défenseur droitier fiable, capable de jouer contre les meilleurs éléments adverses, de tuer des pénalités et de manger des minutes importantes.

Au moment de la transaction, Carrier avait déjà 245 matchs d’expérience dans la LNH et occupait un rôle important chez les Predators. NHL

Et surtout… il rentrait chez lui.

Carrier, un Québécois qui avait grandi avec le Canadien dans les yeux, venait soudainement de passer de Nashville à Montréal.

La transaction était évidemment un échange hockey, mais elle possédait aussi cette petite couche émotionnelle qui rendait l'histoire beaucoup plus intéressante.

Kent Hughes n'avait pas simplement remplacé Barron par un autre défenseur.

Il avait changé le profil de sa défensive.

C’est exactement ce qui rend la situation actuelle avec Barron aussi intéressante.

Nashville avait alors fait le pari inverse.

Les Predators croyaient pouvoir prendre un jeune défenseur encore en développement et lui donner une nouvelle chance.

Trotz voyait chez Barron un joueur sous-utilisé à Montréal, avec de la taille, du patin et une marge de progression.

Sauf qu’aujourd’hui, le scénario prend une drôle de tournure.

Barron, maintenant âgé de 24 ans et toujours avec Nashville, se retrouve au ballottage.

Et soudainement, la transaction qui avait été analysée sous tous les angles en décembre 2024 revient dans l'actualité avec une tout autre saveur.

Parce qu'à Montréal, Carrier est toujours là.

Il a pris sa place. Il a traversé les changements de personnel, les différentes combinaisons défensives et les périodes plus difficiles. Il est devenu une présence familière dans la brigade montréalaise.

Pendant ce temps, Barron cherche encore son endroit dans la LNH.

C’est précisément pour cette raison que le mot « victoire » peut être utilisé lorsqu’on regarde cette transaction du point de vue de Kent Hughes.

Pas parce que Barron serait un mauvais joueur ou parce que son histoire serait terminée. À 24 ans, il possède encore le temps pour relancer sa carrière.

Mais une transaction se juge aussi par ce que chaque équipe obtient réellement après le changement.

Et dans le cas de Montréal, Hughes avait besoin d’un défenseur qui pouvait entrer dans la formation et répondre immédiatement aux besoins de son entraîneur.

Il a obtenu Alexandre Carrier.

Le plus ironique dans cette histoire, c’est que Nashville croyait aussi avoir une bonne raison de faire le mouvement.

Les Predators voulaient rajeunir leur défensive et avaient déjà une grande confiance envers leur capacité à développer Barron.

Deux ans plus tard, le tableau est devenu beaucoup plus clair.

Carrier représente encore une pièce importante à Montréal.

Barron se retrouve au ballottage.

Et Kent Hughes, lui, peut regarder cette transaction avec le petit sourire du gars qui avait peut-être compris quelque chose avant tout le monde.

Alexandre Carrier n’est plus seulement le joueur obtenu en échange de Justin Barron.

Avec le temps, il est devenu le symbole d’une décision où Hughes a identifié exactement ce dont son équipe avait besoin… et n’a pas eu peur de bouger.

La transaction vieillit bien.

Très bien même.

Amen…