Virage inquiétant à Montréal : Kent Hughes et Martin St-Louis abandonnent Ivan Demidov

Virage inquiétant à Montréal : Kent Hughes et Martin St-Louis abandonnent Ivan Demidov

Par André Soueidan le 2026-03-08

Un chiffre qui dérange. Un chiffre qui raconte une histoire que personne n’a vraiment envie de regarder en face.

Onze minutes trente.

Voilà le temps de glace accordé à Ivan Demidov samedi soir contre les Kings de Los Angeles. Dans une victoire dramatique de 4 à 3 du Canadien, un détail s’est glissé sous le radar.

Un détail qui soulève une question inquiétante.

Qu’est-ce que le Canadien fait exactement avec Ivan Demidov?

Parce que depuis quelques semaines, quelque chose semble avoir changé dans la relation entre le jeune prodige russe et son entraîneur.

Derrière le banc, Martin St-Louis cherche encore la bonne formule. Et à force d’expérimenter, le temps de glace de Demidov devient de plus en plus instable.

Contre Anaheim vendredi, le jeune attaquant avait obtenu 15 minutes 11 de jeu. Une utilisation normale pour un joueur de son talent.

Mais le lendemain à Los Angeles, la confiance semblait beaucoup plus fragile.

Onze minutes trente.

Une chute brutale.

Et soudainement, Demidov disparaît presque de la rotation offensive.

Le contraste est frappant lorsque l’on regarde ce qui se passe ailleurs dans l’alignement.

Oliver Kapanen a joué 18 minutes 34 dans ce même match.

Nick Suzuki et Cole Caufield continuent d’être utilisés dans toutes les situations.

Pendant ce temps, le joueur le plus électrisant du Canadien avec la rondelle se retrouve limité.

Pourquoi?

La réponse se cache peut-être dans un détail que plusieurs ont remarqué depuis le retour de la pause olympique.

Juraj Slafkovsky n’est plus sur sa ligne.

Pendant plusieurs semaines, la combinaison Slafkovsky–Demidov fonctionnait étonnamment bien. Slafkovsky apportait le moteur physique, le forecheck, la récupération des rondelles.

Demidov, lui, créait la magie.

Une complémentarité presque parfaite.

Mais depuis que Slafkovsky a été replacé sur le premier trio avec Suzuki et Caufield, l’équilibre a complètement changé.

Demidov se retrouve maintenant à jouer avec Alex Newhook.

Et la différence est frappante.

Depuis ce changement, le jeune phénomène russe traverse une période beaucoup plus tranquille. Aucun point récemment à forces égales.

Les séquences offensives deviennent plus difficiles à générer.

Et c’est là que la vraie réalité de Demidov commence à apparaître.

Avec la rondelle, le talent est indéniable.

Vision du jeu exceptionnelle.

Capacité de tourner sur un dix sous en zone offensive.

Tirs précis.

Création d’occasions à partir de presque rien.

Mais sans la rondelle, le portrait devient plus compliqué.

Le travail défensif demeure en développement. Les récupérations de rondelles sont moins constantes. Le forecheck manque parfois de mordant.

Des détails qui, dans la Ligue nationale, font toute la différence à cinq contre cinq.

Martin St-Louis le voit.

Et c’est probablement ce qui explique son hésitation.

Parce que dans un match serré comme celui de samedi contre les Kings, chaque présence doit être fiable.

Dans ce contexte, limiter les minutes d’un jeune joueur devient une décision de gestion.

Mais derrière cette décision se cache aussi une autre réalité.

Une réalité qui mène directement au bureau du directeur général.

Kent Hughes n’a toujours pas trouvé le fameux deuxième centre que tout le monde attend à Montréal.

Un joueur capable de piloter une ligne offensive.

Un joueur capable de soutenir Demidov.

Un joueur capable de créer de l’espace pour son talent.

Sans cette pièce du puzzle, Demidov se retrouve dans une situation délicate. Trop talentueux pour être un joueur secondaire.

Mais pas encore assez complet pour porter une ligne à lui seul.

Le résultat?

Un jeune phénomène qui brille en avantage numérique… mais qui cherche encore sa place à cinq contre cinq.

Certains partisans restent impressionnés par ce que Demidov accomplit déjà à seulement 19 ans.

Et ils ont raison.

La créativité qu’il démontre avec la rondelle est rare. Les habiletés offensives sont évidentes. Les flashs de génie apparaissent régulièrement.

Mais d’autres commencent aussi à se poser des questions.

Parce que les attentes étaient gigantesques.

Après ses records offensifs en KHL pour un joueur recrue, plusieurs observateurs le comparaient déjà à Kirill Kaprizov.

Une comparaison flatteuse.

Mais peut-être un peu prématurée.

La vérité est souvent plus nuancée dans le développement d’un jeune joueur.

Demidov reste un projet.

Un projet extrêmement talentueux.

Mais un projet quand même.

Et dans une équipe qui se bat présentement pour une place en séries, Martin St-Louis n’a pas toujours le luxe de lui donner toutes les minutes qu’il voudrait.

Résultat : le phénomène russe navigue dans une zone grise.

Par moments, il éblouit.

À d’autres moments, il disparaît du match.

Et tant que le Canadien ne trouvera pas la pièce manquante au centre pour l’accompagner… cette réalité risque de continuer.

Parce que dans la LNH, même les talents les plus explosifs ont parfois besoin d’aide pour briller.

Ouch...