La victoire du Canadien contre les Flames a été convaincante, structurée, maîtrisée, portée par des joueurs qui ont répondu présents quand l’équipe avait besoin d’eux, mais au milieu de cette soirée où presque tout fonctionnait, un nom ressort à contresens, comme une tache sur un tableau : Zachary Bolduc.
Bolduc a traversé ce match sans laisser la moindre empreinte, ni offensivement, ni défensivement, ni émotionnellement, au point où son invisibilité est devenue un facteur en soi, un problème impossible à ignorer dans une rencontre pourtant largement à l’avantage du Canadiens de Montréal.
Tandis que Alexandre Texier poursuivait sa rédemption avec autorité, que Phillip Danault retrouvait son ADN de centre fiable et intelligent, et que même Brendan Gallagher semblait plus branché que lors de plusieurs sorties précédentes, Bolduc donnait l’impression de ralentir tout ce qu’il touchait, comme si chaque présence devenait une zone morte dans le tempo du jeu.
Les chiffres avancés confirment brutalement ce que l’œil percevait déjà. Le trio Danault-Bolduc-Gallagher a terminé la soirée avec le pire pourcentage de buts attendus de l’équipe, à 58,5 % contre, une statistique accablante dans un match où Montréal contrôlait pourtant la majorité des séquences.
Bolduc, individuellement, se retrouve au bas de l’échelle dans pratiquement toutes les catégories défensives clés : peu de batailles gagnées, quasi aucune récupération de rondelle significative, très peu d’implication dans les zones dangereuses, et une incapacité persistante à transformer une présence en momentum positif.
Pendant ce temps, Danault jouait 18 minutes et 22 secondes, remportait 11 mises en jeu sur 13, était utilisé en infériorité numérique et contribuait directement au pointage avec une passe, démontrant exactement ce que signifie être utile sans être spectaculaire.
Texier, de son côté, ajoutait un but et deux passes depuis son arrivée à Montréal, atteignait le plateau des 100 points en carrière, et confirmait qu’il méritait pleinement la confiance que Martin St-Louis lui accorde, malgré le torrent de critiques initiales.
Bolduc, lui, n’a rien justifié. Aucun tir marquant. Aucun repli déterminant. Aucun jeu physique capable de réveiller une séquence.
Aucun signe d’urgence dans son langage corporel. Rien. Et quand une équipe gagne malgré toi, le verdict est encore plus sévère que lors d’une défaite : tu n’as pas seulement été mauvais, tu as été inutile.
Zachary Boldu a pourant eu la chance d'être exposé au premier trio, placé dans la vitrine la plus prestigieuse possible, avec des responsabilités offensives claires et une occasion nette de s’imposer.
Mais il a choké... et Alexandre Texier l'a tassé pour de bon.
On peut oublier la thèse voulant que Bolduc soit simplement une victime du système ou d’un entraîneur trop rigide.
De plus en plus, les médias québécois, pourtant très critiques à l’endroit de St-Louis depuis des semaines, commencent à admettre une réalité inconfortable : le coach a peut-être raison dans ce dossier précis.
Les punitions de temps de glace, les rétrogradations, les refus de l’installer durablement dans un rôle offensif ne semblent plus relever de l’acharnement, mais d’une lecture froide de la performance.
À force d’accumuler des matchs où il devient un poids plutôt qu’un levier, Bolduc se place lui-même dans une position intenable.
L’argument du potentiel ne suffit plus quand les données avancées le placent systématiquement parmi les joueurs les moins efficaces de l’alignement. Le discours sur son talent brut s’effrite à mesure que son impact réel disparaît.
La victoire contre Calgary aurait dû être une soirée de soulagement collectif. Pour Zachary Bolduc, elle devient plutôt une autre alarme, plus bruyante que les précédentes, indiquant que quelque chose ne fonctionne plus, ni dans son jeu, ni dans sa relation avec l’environnement montréalais.
Pendant que les autres sourient, avancent et consolident leur place, lui reste figé, à contre-courant, prisonnier de statistiques qui ne pardonnent pas.
Et à ce stade de la saison, ce sont rarement les chiffres qui mentent.
La question à un million de dollars: quand Jake Evans, Alex Newhook, Kirby Dach et Patrik Laine seront prêt à revenir, Bloduc va-t-il prendre le chemin des gradins?
Aujourd'hui, Martin St-Louis répondrait... oui...
