Salaire minimum: Zachary Bolduc dans de beaux draps

Salaire minimum: Zachary Bolduc dans de beaux draps

Par David Garel le 2026-01-13

Sur les ondes de TVA Sports, le verdict est tombé sans détour, presque froidement, par la voix de Jean-Charles Lajoie, appuyé par Philippe Boucher : l’avenir de Zachary Bolduc n’est probablement pas à Montréal. Pas parce qu’il manque de talent. Pas parce qu’il est inutile. Mais parce que la réalité de l’alignement, elle, est sans pitié.

Le retour graduel des blessés change complètement la dynamique. Après Josh Anderson ce soir, Jake Evans, Kirby Dach, Patrik Laine et Alex Newhook vont finir par revenir.

Des joueurs établis reprennent leur place, les minutes se resserrent, les rôles se figent. Dans ce contexte, Bolduc se retrouve coincé entre deux mondes : pas assez productif pour s’imposer dans le top-6, pas assez fiable défensivement pour devenir indispensable plus bas dans l’alignement.

Selon Lajoie et Boucher, la suite logique devient évidente : sortir de l’alignement… ou prendre le chemin de Laval.

Ou impliqué dans une transaction...

Quand TVA Sports commence à normaliser publiquement l’idée que l’aventure montréalaise tire à sa fin pour un jeune attaquant de 22 ans, ce n’est plus une rumeur de coulisse. C’est un signal. Et un signal lourd.

Pendant ce temps, un autre nom lié à l’histoire récente du Canadiens de Montréal refait surface pour de mauvaises raisons : Logan Mailloux.

Il y a un peu plus de six mois, Mailloux était échangé aux Blues de St. Louis dans une transaction rendue possible par la profondeur défensive du CH après l’arrivée de Noah Dobson.

Montréal croyait alors convertir un surplus à la ligne bleue en renfort offensif avec Bolduc. Sur papier, la logique tenait.

Aujourd’hui, la diffrence fait mal.

Bolduc, malgré une saison loin d’être spectaculaire, affiche quand même 10 buts et 17 points en 46 matchs. Ce n’est pas l’éclosion espérée, mais ce n’est pas un désert offensif non plus.

Mailloux, lui, peine sérieusement à suivre le rythme de la LNH : deux points en 32 matchs, un jeu défensif encore très fragile, et même un passage par la LAH plus tôt cette saison pour tenter de se replacer.

Et pourtant, c’est Mailloux qui vient de sécuriser son avenir immédiat. Les Blues lui ont offert une prolongation d’un an à 850 000 $, soit le salaire minimum de la LNH l’an prochain.

Un contrat surprenant, surtout en janvier, mais révélateur. Un contrat à un volet, qui garantit le même salaire qu’il joue dans la LNH ou dans la LAH. En clair : une assurance contre la chute.

Dans le milieu, ce genre de signature est souvent interprété comme un aveu silencieux. Mailloux a accepté de signer au plus bas de sa valeur, renonçant à l’idée de se repositionner avec une bonne deuxième moitié de saison pour négocier mieux cet été. Il a choisi la sécurité. Le chèque garanti. La certitude.

Et c’est là que le parallèle devient brutal pour Bolduc.

Si la pression continue de monter à Montréal, si les retours de blessure le poussent hors du portrait, si Laval devient une option de plus en plus sérieuse, Bolduc pourrait lui aussi se retrouver devant un choix semblable.

Accepter un contrat modeste, garanti, pour rester dans le circuit Bettman… avant d’être rétrogradé. Ou attendre, risquer, espérer que la valeur remonte.

Ouch.

Certains, à TVA Sports comme ailleurs, murmurent même que Bolduc pourrait déjà être sur le marché des transactions. Rien de confirmé, mais son nom circule à Vancouver dans une possible transaction pour Kiefer Sherwood.

Le simple fait que cette hypothèse circule en dit long sur la perception actuelle du joueur. À Montréal, quand un jeune cesse d’être perçu comme une solution et devient un dossier, la pente devient glissante.

Il y a quelque chose de profondément inconfortable dans cette séquence. Le Canadien a échangé Mailloux pour Bolduc en croyant solidifier son attaque à moyen terme. Six mois plus tard, Mailloux se protège avec un contrat minimal garanti, pendant que Bolduc voit son avenir remis en question à la télévision nationale.

Deux trajectoires qui se croisent à la baisse. Deux joueurs qui, pour des raisons différentes, semblent déjà penser à la survie plutôt qu’à l’ambition.

À Montréal, ça chauffe. Et pour Zachary Bolduc, le timing ne pourrait pas être pire.