Dans la tête de Zachary Bolduc, les choses sont assez claires.
Même si la production offensive ne suit pas comme il le souhaiterait, le jeune attaquant du Canadien affirme qu’il joue de la bonne façon. Il crée des chances, il travaille fort en échec avant et il croit que son jeu aide l’équipe.
«Oui c’est fâchant, mais je joue de la bonne façon. Je crée des choses offensivement et j’aide l’équipe à avoir du succès.»
La confiance est là. Du moins, publiquement.
Mais à Montréal, cette confiance commence à susciter un certain malaise.
Parce que pendant que Bolduc affirme que son jeu est solide, les questions se multiplient autour de sa situation… et autour de celle de l’organisation.
Il faut rappeler une chose importante : Zachary Bolduc n’est pas un inconnu qui découvre la LNH.
Le petit gars de Trois-Rivières, aujourd’hui âgé de 23 ans, est entré dans la Ligue nationale avec les Blues de Saint-Louis lors de la saison 2023-2024. Et surtout, il a connu une progression très intéressante l’an dernier.
En 2024-2025, Bolduc a récolté 36 points en 72 matchs, dont 19 buts et 17 passes.
Autrement dit : la production offensive était bien réelle.
Il s’agissait d’un jeune marqueur en pleine progression. Un attaquant capable de trouver le fond du filet. Un joueur qui semblait prendre confiance dans la meilleure ligue au monde.
C’est exactement ce genre de profil que le Canadien espérait obtenir.
Mais depuis son arrivée à Montréal, plusieurs observateurs commencent à se poser des questions.
La première touche directement au système de jeu de Martin St-Louis.
Le Canadien utilise une couverture défensive homme à homme, un système exigeant où les attaquants doivent constamment suivre leur joueur et lire rapidement les déplacements adverses.
Pour certains joueurs offensifs, ce genre de structure peut devenir lourd mentalement.
Est-ce que Zachary Bolduc est présentement débordé par ces responsabilités défensives?
Est-ce que ce système est en train d’affecter son instinct offensif?
Pour l’instant, personne n’a de réponse claire.
Mais la question circule de plus en plus.
Parce que lorsqu’un marqueur naturel semble hésiter, réfléchir davantage et perdre un peu de son flair offensif, il est souvent légitime de regarder du côté du système dans lequel il évolue.
Il y a aussi une autre réalité qui alimente les discussions : les décisions de l’organisation.
Bolduc a même été laissé de côté récemment. Un signal qui démontre que tout n’est pas parfaitement réglé.
Et pourtant, Martin St-Louis continue de lui donner des opportunités dans l’alignement.
C’est là que le regard se tourne tranquillement vers le directeur général Kent Hughes.
Parce qu’au Québec, l’arrivée de Zachary Bolduc a évidemment une dimension particulière. C’est un joueur d’ici. Un Québécois. Un jeune attaquant qui représente aussi un pari organisationnel.
Et lorsqu’un directeur général effectue un échange important pour obtenir un joueur, il est parfois tenté de lui donner du temps pour prouver que la décision était la bonne.
Est-ce que Kent Hughes est en train de pousser pour que Bolduc joue afin de justifier la transaction?
Est-ce qu’il veut démontrer que son pari peut fonctionner?
Ou est-ce simplement Martin St-Louis qui croit encore que le joueur peut débloquer offensivement à tout moment?
Les questions deviennent encore plus sensibles lorsqu’on regarde la situation d’autres joueurs dans l’alignement.
Certains vétérans offensifs vivent aussi des moments difficiles, et les décisions d’utilisation commencent à faire jaser.
À l’interne, il n’y a évidemment personne qui va parler ouvertement de malaise.
Mais dans un marché comme Montréal, les perceptions comptent presque autant que les performances.
Et présentement, l’impression qui se dégage est assez particulière.
D’un côté, Zachary Bolduc affiche une confiance bien réelle et répète qu’il joue de la bonne façon.
De l’autre, les interrogations continuent de grandir autour de sa situation, du système de jeu et des décisions de l’organisation.
Bolduc a seulement 23 ans. Il possède encore le talent pour redevenir le marqueur qu’il a démontré être à Saint-Louis.
Mais à Montréal, une chose est certaine : quand la confiance d’un joueur reste élevée alors que les résultats tardent à suivre, la pression finit toujours par se déplacer vers la direction.
Et dans ce dossier-là, c’est Kent Hughes qui commence tranquillement à sentir le malaise monter.
À suivre...
