La meilleure nouvelle de l’été pour Zachary Bolduc ne vient pas de Montréal.
Elle vient d’Edmonton.
Et elle vaut exactement 20 millions de dollars.
Les Oilers viennent d’accorder un contrat de cinq ans et 20 M$ à Jason Dickinson, soit un salaire annuel de 4 millions de dollars jusqu’en 2031.

Ouch.
Le même Jason Dickinson qui a terminé la dernière saison avec seulement 17 points en 64 matchs, qui n’a jamais dépassé 35 points dans toute sa carrière, qui affiche 172 points en 566 matchs dans la LNH.
Et pourtant, Edmonton vient de lui remettre un contrat de 20 millions de dollars.
Si vous êtes Zachary Bolduc et son agent, vous ouvrez une bouteille de champagne.
Pourquoi?
Parce que cette signature change complètement la conversation.
Depuis quelques semaines, plusieurs recruteurs tentaient déjà de diminuer la valeur de Bolduc en pointant sa production de 12 buts et 30 points en 78 matchs avec le Canadien.
On répétait qu’il avait perdu du pouvoir de négociation, que Kent Hughes détenait toutes les cartes et que le jeune Québécois n’avait pas produit assez pour viser un gros contrat.
Puis Edmonton arrive et donne 4 millions par année à un attaquant qui n’a jamais démontré le potentiel offensif de Zachary Bolduc.
Soudainement, les comparaisons deviennent très intéressantes.
Bolduc a 23 ans.
Dickinson en a 30.
Bolduc est en plein dan son développement.
Dickinson est déjà ce qu’il sera pour le reste de sa carrière.
Bolduc possède un tir élite.
Dickinson n’a jamais été reconnu pour son offensive.
Bolduc a déjà démontré qu’il pouvait marquer à haut niveau dans le junior et dans la Ligue américaine.
Dickinson n’a jamais été ce type de joueur.
Alors si Jason Dickinson vaut 4 millions de dollars par année, combien vaut réellement Zachary Bolduc?
Voilà la question.
Le clan Bolduc regarde ce contrat et rit aux larmes.
Pendant des semaines, plusieurs ont tourné en ridicule les projections d’AFP Analytics qui plaçaient Zachary Bolduc dans une catégorie de contrat dépassant les 42 millions de dollars sur 7 ans.
À première vue, c’était difficile à défendre vu à quel point Martin St-Louis le méprisait.
Certains soir, Bolduc jouait... 8 minutes...
Tout cela donnait l’impression que les projections étaient complètement déconnectées de la réalité.
Mais les directeurs généraux ne paient pas uniquement pour ce qu’un joueur est aujourd’hui.
Ils paient aussi pour ce qu’il peut devenir demain.
Avant son arrivée chez le Canadien, Bolduc évoluait dans un environnement offensif beaucoup plus favorable.
Il obtenait des minutes de qualité.
Il profitait de partenaires offensifs capables d’alimenter son tir.
Il avait accès à des situations qui mettaient ses forces en valeur.
Il est passé du premier avantage numérique avec Robert Thomas... à jouer avec Kirby Dach...
Ouch.
C’est précisément ce que son agent va faire valoir lors des prochaines négociations.
Les partisans regardent les 30 points.
Les agents regardent le contexte.
Et le contexte n’aide certainement pas Kent Hughes.
Le clan Bolduc pourra toujours soutenir que la production offensive du Québécois a été freinée par son utilisation et non par son talent.
Dans cette optique, les projections d’AFP Analytics ne paraissent soudainement plus aussi absurdes qu’au lendemain de la saison.
Évidemment, personne ne parle encore d’un contrat de 42 millions de dollars.
Cette réalité appartient au passé.
Mais pendant que plusieurs annonçaient que Zachary Bolduc avait perdu des dizaines de millions de dollars depuis son arrivée à Montréal, le marché vient de rappeler que l’argent circule encore à flots dans la LNH.
Le comparatif devient encore plus intéressant lorsqu’on regarde les circonstances.
Dickinson a inscrit sept buts et dix passes pour 17 points l’an dernier.
Avec Chicago, il n’avait récolté que six buts et sept passes pour 13 points en 47 matchs.
Avec Edmonton, un but et trois passes en 17 rencontres.
On parle d’une production offensive extrêmement limitée.
D'accord, il a a l'avantage d'être un joueur de centre défensif, ce qui vaut son pesant d'or.
Mais on parle d'un plombier dans tous les sens du terme.
Malgré cela, les Oilers ont jugé qu’il méritait cinq années garanties et 20 millions de boulettes.
Bolduc produit davantage.
Bolduc possède davantage de potentiel.
Bolduc est sept ans plus jeune.
Bolduc n’a même pas encore atteint son plafond.
Cette signature devient donc un point de référence incontournable.
Kent Hughes demeure un négociateur redoutable.
Personne ne s’attend à ce qu’il distribue l’argent à la légère.
Mais le marché vient d’envoyer un message très clair.
Un jeune attaquant capable de marquer des buts et de jouer physique vaut cher.
D’autant plus que plusieurs personnes dans l’entourage du Canadien continuent de croire que Bolduc n’a pas encore été utilisé dans des conditions idéales.
Il n’a presque jamais bénéficié d’un rôle offensif stable.
Il n’a jamais joué avec Ivan Demidov.
Il a souvent été coincé dans un rôle secondaire avec un temps de glace limité.
Malgré tout, il a trouvé une façon d’inscrire 12 buts.
Imaginez maintenant ce qui arriverait s’il explosait offensivement au cours des deux prochaines saisons.
Le prix grimperait en flèche.
Voilà pourquoi le contrat Dickinson risque de faire très plaisir au clan Bolduc.
La réalité est simple.
Si Dickinson touche 20 millions de dollars sur cinq ans, Zachary Bolduc peut commencer à rêver très sérieusement au même genre d’entente.
Certains parlaient d'un contrat pont de 2 ans et 3,5 M$ par année.
Le chiffre pourrait devenir beaucoup plus élevé.
À suivre...
