Ça tremble autour du Canadien de Montréal, et cette fois, le débat dépasse largement la patinoire.
Les prix des billets explosent. Les partisans dénoncent. Une soirée au Centre Bell devient de plus en plus difficile à justifier pour une famille québécoise. Et pendant que la colère monte devant le coût d’un simple match de hockey, Réjean Tremblay vient de lancer une réflexion qui risque de faire grincer des dents.
Parce que selon lui, il faut arrêter de faire comme si quelqu’un obligeait les gens à acheter un billet.
« Les gens aiment se plaindre. Le club, le prix des billets, l’horaire des matchs. Pourtant, personne n’est obligé d’acheter un ticket. »
« Personne n’est forcé de s’asseoir dimanche sur l’heure du souper pour regarder le match. Et personne n’est obligé de s’intéresser au CH. C’est un loisir, un plaisir qu’on se paye. »
Voilà le paradoxe du Canadien.
Les partisans sont furieux contre les prix, mais leur passion demeure tellement forte qu’ils continuent de payer.
Et c’est précisément cette passion qui a transformé le Canadien en une véritable machine financière.
Réjean Tremblay le rappelle sans détour : « C’est vous qui faites la richesse de Geoff Molson et de Gary Bettman. »
Le Canadien vaut maintenant plus de deux milliards de dollars américains.
Geoff Molson avait acheté l’équipe pour environ 595 millions de dollars.
La valeur de l’organisation a donc explosé.
Et qui a financé cette explosion?
Les partisans.
Chaque billet acheté.
Chaque chandail.
Chaque abonnement.
Chaque repas au Centre Bell.
Chaque match regardé à la télévision.
Chaque clic.
Chaque déplacement.
Chaque dollar dépensé pour vivre cette passion.
C’est justement ce qui rend la situation aussi particulière.
Le public québécois se plaint de plus en plus du prix des billets, mais il demeure extrêmement difficile pour une équipe comme le Canadien de réduire ses prix lorsque la demande demeure aussi forte.
Et le marché vient de recevoir une nouvelle démonstration spectaculaire.
Le calendrier 2026-2027 vient à peine d’être dévoilé que les prix de certains matchs donnent déjà le vertige.
Le meilleur exemple?
Le 26 décembre.
Les Maple Leafs de Toronto débarquent au Centre Bell, un samedi, immédiatement après Noël.
Et les prix sont complètement différents de ceux observés pour plusieurs autres rencontres.
Dans les sections 300, les billets les moins chers pour plusieurs matchs du début de saison tournent autour de 100 $ à 250 $.
Même le match d’ouverture contre les Hurricanes de la Caroline affiche des prix beaucoup plus raisonnables en comparaison.
Mais pour Toronto le 26 décembre?
Les billets les moins chers grimpent autour de 350 $.
Et dans les sections rouges, il devient pratiquement impossible de trouver une place sous les 600 $.
On ne parle même pas d’un match de séries.
Mais tout est réuni pour faire exploser la demande.
Toronto.
Les rivaux de division.
Le samedi.
Le lendemain de Noël.
Une date où plusieurs familles cherchent justement une activité à faire ensemble.
Et surtout, une occasion parfaite de transformer le match en cadeau de Noël.
Le Canadien l’a bien compris.
Le marché aussi.
Et les prix suivent.
Pendant ce temps, les partisans du CH envahissent les autres villes
C’est probablement l’aspect le plus trsiste de toute cette histoire.
Pendant que Montréal devient de plus en plus inaccessible, les partisans du Canadien se déplacent massivement ailleurs.
On l’a vu en Floride, Tampa, Buffalo, dans l'ouest canadien.
Des milliers de Québécois prennent l’avion, réservent un hôtel et vont voir leur équipe favorite à l’extérieur.
Et parfois, malgré le coût du voyage, l’expérience complète revient moins cher qu’une soirée au Centre Bell.
Prenons Tampa comme exemple.
Un billet peut coûter autour de 300 $ canadiens.
Un vol aller-retour Montréal-Tampa peut tourner autour de 400 $ ou 450 $.
Une chambre d’hôtel peut coûter environ 160 $ à 180 $.
Vous pouvez donc vous retrouver à Tampa, assister au match, dormir sur place et vivre une véritable petite escapade pour une facture qui demeure comparable, voire inférieure, à certaines places au Centre Bell.
Le Canadien possède probablement les partisans les plus passionnés de la LNH.
Mais cette passion devient progressivement un produit de luxe.
Une entreprise a parfaitement le droit de fixer ses prix en fonction de la demande.
Mais il faut également comprendre pourquoi autant de partisans sont frustrés.
Ce n’est pas seulement une question de prix.
C’est une question d’appartenance.
Pendant des décennies, le Canadien était présenté comme l’équipe de tout le Québec.
Le Centre Bell était un endroit où des familles pouvaient aller voir leur équipe.
Un père pouvait amener son fils.
Des jeunes pouvaient découvrir leur première expérience de hockey professionnel.
Aujourd’hui, une famille de quatre personnes peut facilement regarder le prix d’une soirée au Centre Bell et décider que ce n’est tout simplement plus raisonnable.
Les partisans ne veulent pas que les billets soient gratuits.
Ils veulent simplement avoir l’impression qu’il existe encore une place pour eux.
Geoff Molson possède quelque chose de très rare: les meilleurs fans au monde.
Et le prix de cette passion augmente.
C’est exactement ce que Réjean Tremblay voulait rappeler.
« C’est l’amour des fans qui les rend riches… et c’est bien ainsi. »
Le vrai problème, c’est que l’amour du Canadien est en train de devenir trop cher pour une partie de ceux qui l’ont fait vivre pendant des générations.
Et ça, Geoff Molson ne peut pas simplement l’ignorer.
