7 millions de dollars: Jason Robertson écarté à Montréal pour Martin St-Louis

7 millions de dollars: Jason Robertson écarté à Montréal pour Martin St-Louis

David Garel
Le 2026-07-06

Il y a quelque chose qui ne tourne plus rond à Montréal.

Depuis des mois, Kent Hughes répète le même message. Il faut respecter la structure salariale. Impossible de donner 15 millions de dollars à Jason Robertson. Impossible de déposer une offre hostile monstre à Leo Carlsson. Impossible de faire sauter la banque pour un joueur autonome. Impossible d’aller chercher Mason Marchment à près de 7 millions de dollars par saison.

Chaque fois, le même argument revient.

Il faut protéger la structure interne.

Très bien.

Mais alors, comment expliquer que cette même organisation s’apprête à faire de Martin St-Louis l’entraîneur le mieux payé de toute la LNH?

Voilà la question que plusieurs commencent à se poser.

Tout le monde comprend pourquoi Kent Hughes refuse d’en parler publiquement. Tout le monde sait aussi pourquoi il n’a toujours pas annoncé la prolongation de son entraîneur. Parce qu’au moment où les chiffres sortiront, le débat va exploser.

Comment peux-tu expliquer à ton vestiaire que personne ne mérite de casser la banque… sauf ton entraîneur?

C’est là que le malaise commence.

Le Canadien refuse d’offrir 15 millions à Jason Robertson, un joueur qui a déjà prouvé qu’il pouvait marquer plus de 40 buts et dépasser les 100 points.

Le Canadien refuse de se lancer dans la folie des offres hostiles pour aller chercher un véritable joueur de concession.

Le Canadien refuse de suivre l’explosion du marché des joueurs.

Mais, en parallèle, il serait prêt à faire une exception gigantesque derrière le banc.

Pourquoi?

Kent Hughes sait très bien qu’un contrat de six ou sept millions par année pour Martin St-Louis ferait immédiatement de lui l’un des entraîneurs les mieux rémunérés de la planète hockey.

À ce salaire-là, on ne parle plus d’un entraîneur en apprentissage.

On ne parle plus d’un excellent pédagogue.

On parle d’un entraîneur qui doit être capable de rivaliser avec Jon Cooper, Mike Sullivan, Rod Brind’Amour et tous les grands stratèges de la LNH.

Et c’est précisément là où le débat devient inconfortable.

Parce que la dernière fois que Martin St-Louis s’est retrouvé face à Rod Brind’Amour, le Canadien a été complètement dominé tactiquement.

Les ajustements?

À sens unique.

Les unités spéciales?

À sens unique.

Le contrôle du jeu?

À sens unique.

Voilà pourquoi plusieurs trouvent étrange que Kent Hughes refuse d’investir massivement sur la glace… mais semble prêt à investir massivement derrière le banc.

Le message envoyé aux joueurs peut devenir délicat.

Imaginez Cole Caufield.

Imaginez Juraj Slafkovsky.

Imaginez Nick Suzuki.

Ces joueurs ont accepté des contrats à long terme qui ressemblent aujourd’hui à des aubaines avec l’explosion du plafond salarial.

Pendant ce temps, l’organisation refuse d’aller chercher un joueur d’élite parce qu’elle invoque la discipline salariale…

…mais elle pourrait offrir un contrat record à son entraîneur.

C’est une contradiction qui sera difficile à défendre.

Encore aujourd’hui, Kent Hughes a plusieurs dossiers majeurs qui demeurent sans réponse.

Le fameux deuxième centre n’est toujours pas arrivé.

L’ailier top-6 recherché n’est toujours pas arrivé.

Le défenseur droit capable de stabiliser le top-4 n’est toujours pas arrivé.

Le joueur de robustesse souhaité pour le quatrième trio n’est toujours pas arrivé.

Pendant ce temps, les offres hostiles secouent la LNH.

Les salaires explosent.

Les directeurs généraux prennent des risques.

À Montréal, on prêche encore la patience.

Personne ne remet en question tout le travail accompli par Kent Hughes depuis son arrivée.

Mais à un certain moment, les gestes doivent suivre le discours.

Si la philosophie est réellement de ne jamais dépasser la structure salariale de l’équipe, alors cette philosophie doit s’appliquer partout.

Sinon, le message devient difficile à comprendre.

Pourquoi Jason Robertson serait-il trop cher?

Pourquoi Leo Carlsson ne vaudrait-il pas une offre hostile?

Pourquoi Mason Marchment coûterait-il trop cher?

…mais sept millions pour un entraîneur deviendraient soudainement acceptables?

Kent Hughes devra éventuellement répondre à cette question.

Parce que lorsque Martin St-Louis signera sa prolongation, ce ne sera plus seulement une histoire d’entraîneur.

Ce sera aussi une question de cohérence.

Et dans une organisation où l’on répète constamment que chaque dollar compte, les partisans auront le droit de demander pourquoi certains dollars semblent compter davantage que d’autres.