Achat du CF Montréal: Geoff Molson lance une bombe médiatique
Geoff Molson et Joey Saputo. Getty, CF Montréal

Achat du CF Montréal: Geoff Molson lance une bombe médiatique

David Garel
Le 2026-10-25

Le CF Montréal est peut-être en train de vivre les derniers chapitres de son histoire dans la métropole. Maxime Truman vient de lancer un avertissement qui devrait faire réfléchir tous les partisans de soccer au Québec : selon lui, le déménagement du club est désormais probable.

Pendant ce temps, Geoff Molson lance une bombe bédiatique en pleine Classique Héritage: il serait ouvert à l’idée d’investir dans une autre équipe professionnelle à Montréal.

Le propriétaire du Canadien parle de nouvelles occasions d’affaires, de la possibilité de faire venir une autre formation dans la métropole et de son intérêt pour des projets sportifs.

Mais pendant que certains rêvent au retour des Expos ou à l’arrivée d’une équipe de la NBA, une question devient de plus en plus inquiétante : qui se préoccupe réellement de l’avenir du CF Montréal?

Les propos de Maxime Truman sont tellement préoccupants. Le journaliste, qui avait longtemps refusé d’adhérer à la théorie selon laquelle le CF Montréal finirait par quitter la ville, affirme maintenant que plusieurs informations obtenues auprès de personnes crédibles l’ont amené à revoir complètement sa position.

« Le déménagement de ce club au sud de la frontière est bel et bien une possibilité », explique-t-il avant d’aller encore plus loin : selon lui, ce départ serait désormais probable, même s’il ne s’agit pas d’une certitude.

Truman précise qu’il espère sincèrement se tromper. Mais son message est sans pitié : si on lui demandait de miser 1000 $ sur l’avenir du club, il choisirait maintenant le scénario du déménagement plutôt que celui du maintien à Montréal.

Quand quelqu’un qui a longtemps défendu la viabilité du marché montréalais en arrive à cette conclusion, il devient difficile de balayer ses inquiétudes du revers de la main.

Le CF Montréal vient de toucher un nouveau fond. Pire équipe de la MLS, pire propriétaire (Joey Saputo), pires directeurs sportifs (les fils de Joey Saputo), cette organisation est la pire honte de notre ville.

Le CF Montréal possède pourtant une base de partisans, une histoire et un potentiel commercial considérables. Le soccer est profondément ancré dans la région métropolitaine, et la ville dispose d’un bassin de population qui devrait permettre à une organisation bien dirigée de bâtir un projet ambitieux.

Le problème, c’est que le potentiel d’un marché ne garantit rien lorsque les infrastructures, les résultats sportifs et les décisions des propriétaires ne suivent pas.

Le changement de calendrier de la Major League Soccer représente un défi majeur pour Montréal.

Selon l’annonce officielle de la ligue, la saison 2027-2028 commencera à la mi-juillet 2027 et se terminera en mai 2028. La MLS prévoit une trêve de la mi-décembre au début février : aucun match en janvier, puis reprise en février.

La décision rapproche la MLS des grands championnats européens et présente plusieurs avantages sportifs et commerciaux.

Mais pour le CF Montréal, elle crée un problème bien concret : comment organiser des matchs à domicile pendant les périodes froides dans une ville où les conditions hivernales peuvent être particulièrement difficiles?

Le Stade Saputo n’est pas conçu pour accueillir des rencontres au cœur de l’hiver. Le club a donc besoin d’une solution couverte, et le Stade olympique représente une possibilité majeure.

Or, l’avenir de cette solution demeure lié aux rénovations du Stade olympique et aux discussions avec les autorités publiques.

En mai dernier, le président du CF Montréal, Gabriel Gervais, reconnaissait que l’absence d’un échéancier clair concernant la modernisation du stade inquiétait l’organisation. Le club a besoin de savoir à quoi s’en tenir pour planifier son avenir sportif et financier.

C’est ici que le dossier devient dangereux. Si le CF Montréal ne dispose pas d’une solution viable pour accueillir ses partisans pendant la saison hivernale, il devra trouver une autre façon de gérer ses matchs à domicile.

Jouer sur la route pendant plusieurs semaines pourrait devenir une option temporaire, mais ce ne serait pas une solution satisfaisante à long terme.

Le problème ne se limite donc pas à une question de confort pour les spectateurs. Il touche directement la capacité du club à vendre des billets, à attirer des commanditaires et à maintenir une relation solide avec ses partisans.

Les inquiétudes concernant l’avenir du CF Montréal ne sont pas nouvelles. L’an dernier, des rumeurs de déménagement vers Détroit avaient déjà provoqué une vive réaction chez les partisans. Joey Saputo avait alors rejeté ces spéculations avec des propos très durs.

Aujourd’hui, les villes évoquées dans les discussions sont différentes. San Antonio et La Nouvelle-Orléans figurent parmi les marchés qui reviennent lorsqu’il est question d’un éventuel déplacement du club.

Cela ne signifie pas qu’une décision a été prise, ni qu’une de ces villes a officiellement été choisie. Mais la multiplication des scénarios contribue à alimenter les craintes.

Le cas des Whitecaps de Vancouver ajoute une autre dimension au problème. L’avenir de l’organisation fait également l’objet d’incertitudes, alors que le club est à vendre et que la possibilité d’un départ vers Las Vegas a été évoquée.

Pour le soccer canadien, perdre Montréal ou Vancouver serait déjà une mauvaise nouvelle. Perdre les deux organisations représenterait un revers majeur pour le développement des jeunes joueurs et pour la présence du Canada dans la MLS.

Les académies des clubs canadiens ont contribué à former plusieurs joueurs importants de la sélection nationale. Les organisations de Montréal, Toronto et Vancouver ont joué un rôle dans le développement de nombreux talents qui ont ensuite évolué sur la scène internationale.

La disparition d’un club ne ferait pas disparaître automatiquement tout ce travail, mais elle réduirait les possibilités offertes aux jeunes joueurs et affaiblirait la présence institutionnelle du soccer canadien dans la ligue.

C’est dans ce contexte que les propos de Geoff Molson ont l'effet d'une bombe.

Le propriétaire du Canadien a expliqué que plusieurs occasions d’investir dans d’autres équipes s’étaient présentées au cours de sa carrière avec le Tricolore. Il n’a pas fermé la porte à de futurs projets sportifs et a affirmé que son groupe étudierait les possibilités si une occasion intéressante se présentait.

« Nous sommes très heureux avec les Canadiens, mais on a dit non, jamais. Alors, plusieurs fois dans ma carrière avec les Canadiens, il y a eu des opportunités d’acheter des équipes ou de faire partie d’un groupe qui achète des équipes. On va étudier toutes les opportunités. Si on a la chance d’amener une autre équipe à Molson ne confirme pas qu’il veut acheter une équipe de baseball ou une formation de la NBA.

Le retour des Expos demeure un souhait profond pour de nombreux amateurs de baseball. L’arrivée d’une équipe de la NBA serait également un événement majeur pour la métropole. Ce sont deux projets qui pourraient mobiliser des investisseurs, des partenaires commerciaux et des partisans prêts à remplir les gradins.

Le soccer, lui, risque de se retrouver dans une position beaucoup moins enviable si les problèmes du CF Montréal continuent de s’accumuler.

Le départ des Expos a laissé une cicatrice profonde dans le paysage sportif montréalais. Depuis, les amateurs de baseball attendent toujours de savoir si une équipe reviendra un jour dans la métropole.

Voir le CF Montréal partir à son tour serait un autre coup dur pour la ville. Le soccer professionnel représente une partie importante de la culture sportive montréalaise, et le club possède une histoire qui mérite mieux que ce fiasco.

Maxime Truman a lancé un avertissement.

Est-ce que Molson pourrait sauver le CF Montréal?

Il a toujours dit qu'il n'aimait pas le soccer. Mais là, il peut être le héros qui sauve le club du vilain Joey Saputo.

Molson a toujours aimé être le bon gars de l'histoire. Il vient d'ouvrir la porte.