Congédiement de Martin St-Louis: le coach répond à Jean-Charles Lajoie
Jean-Charles Lajoie et Martin St-Louis. Capture d'écran-youtube, Reddit

Congédiement de Martin St-Louis: le coach répond à Jean-Charles Lajoie

David Garel
Le 2026-10-25

Martin St-Louis vient de livrer l’une des déclarations les plus cinglantes de son passage derrière le banc du Canadien de Montréal.

Dans une entrevue accordée au balado 32 Thoughts avec Elliotte Friedman, l’entraîneur-chef a parlé ouvertement de son avenir, de son emploi et de sa volonté de continuer à gagner le respect des gens autour de lui.

Ses propos arrivent à un moment tendu, alors que Jean-Charles Lajoie et TVA Sports ont remis en question sa capacité à devenir l’entraîneur qui conduira le Canadien jusqu’aux grands honneurs.

Clairement, St-Louis répond à Lajoie… dans ses dents…

Le message de Lajoie est clair : St-Louis doit cesser de se comporter uniquement comme un pédagogue et commencer à imposer davantage son autorité. Sinon, il sera congédié.

Or, qu’est-ce que St-Louis répond lorsqu’il entend parler de son avenir et de la possibilité de perdre son emploi?

« Je ne peux pas tout contrôler. Je ne sais pas combien de temps je serai l’entraîneur et ça ne m’inquiète pas. Je vais essayer d’être la meilleure version de moi-même chaque jour, d’aider ce groupe à atteindre ses objectifs collectivement et individuellement. »

Puis, il ajoute une phrase qui envoie promener ceux qui utilisent le mot congédiement à outrance :

« Si, au bout du compte, je ne suis pas le bon gars, alors je ne suis pas le bon gars. Ça ne m’inquiète pas. J’ai confiance dans le fait que je fais tout ce que je peux pour gagner le respect de tout le monde, jour après jour. »

Boum. St-Louis sait que son emploi n’est pas garanti éternellement. Il sait que le Canadien entre dans une période où les résultats pèseront de plus en plus lourd dans l’évaluation de son travail.

Pourtant, il refuse de se laisser déstabiliser par les questions sur son avenir. Il ne contrôle pas ce que la direction pense de lui, car il sait que ce sont ses chums à la vie, à la mort et qu’il ne sera jamais trahi par Kent Hughes et Jeff Gorton.

Il ne contrôle pas les critiques des médias et il ne contrôle pas la durée de son mandat. Ce qu’il contrôle, c’est son travail quotidien.

Et il ne s’arrête pas là.

« Est-ce que ça nous permet de continuer à avancer? Est-ce que ça me permet de rester en poste plus longtemps? Je ne le sais pas, mais je ne m’inquiète pas de ça. Je suis en paix avec les efforts que je fournis et l’attitude que j’apporte chaque jour. »

Voilà le véritable message de Martin St-Louis. Il entend les critiques de Lajoie, mais il refuse de vivre en fonction de celles-ci.

Il ne prétend pas avoir une garantie d’emploi et ne cherche pas à convaincre tout le monde qu’il est intouchable. Il affirme plutôt qu’il fait ce qu’il croit nécessaire pour être un meilleur entraîneur et aider son équipe à progresser.

Clairement, St-Louis voulait rejeter Lajoie et TVA Sports… avec classe…

On ne peut pas en dire autant de l’animateur déchu de TVA Sports.

Lajoie ne s’est pas contenté de critiquer quelques décisions tactiques. Son message touche directement à l’identité de Martin St-Louis comme entraîneur.

À ses yeux, le Canadien ne peut plus se permettre de fonctionner comme une équipe en reconstruction où chaque erreur devient une occasion d’apprentissage et où la confiance accordée aux joueurs semble parfois prendre le dessus sur les conséquences de leurs décisions.

Lajoie estime que St-Louis doit évoluer. Il doit conserver ses qualités de pédagogue, mais devenir beaucoup plus ferme lorsque la situation l’exige.

L’indiscipline, les problèmes des unités spéciales et les erreurs qui se répètent ne peuvent pas être éternellement expliqués par le développement du groupe. À un certain moment, l’entraîneur doit envoyer un message clair, quitte à mécontenter certains joueurs.

Le reproche est cinglant : St-Louis a prouvé qu’il pouvait enseigner le hockey et aider ses jeunes joueurs à progresser, mais est-il capable de diriger une équipe jusqu’à la Coupe Stanley? Est-il un entraîneur gagnant ou un pédagogue qui accompagne ses joueurs sans toujours leur imposer les conséquences nécessaires?

Dans la tête de Lajoie, St-Louis était, est et sera à jamais un coach pee-wee.

Quel manque de respect.

St-Louis ne serait pas un entraîneur qui fait progresser ses joueurs, alors que le CH a besoin d’un entraîneur capable de les pousser à gagner lorsque les enjeux deviennent importants.

La réponse de St-Louis est parfaite. Il ne s’est pas lancé dans une longue justification de ses méthodes. Il n’a pas cherché à régler ses comptes avec ses détracteurs. Il n’a pas promis qu’il allait changer radicalement son approche pour faire taire les critiques.

Il a plutôt expliqué qu’il allait continuer à travailler, à essayer d’être la meilleure version de lui-même et à aider son groupe à atteindre ses objectifs.

Il ne va jamais laisser les critiques dicter sa façon de travailler et refuse de se laisser gouverner par elles.

Sa déclaration est une façon de dire qu’il accepte toutes les possibilités. Il a des centaines de millions en banque, il est un membre du Temple de la renommée du hockey, toutes les équipes le voudraient…

Bref, s’il est congédié, il sera quand même heureux.

Cette sérénité peut être interprétée de plusieurs façons. Certains y verront la confiance et l’arrogance d’un entraîneur qui croit en son travail.

D’autres pourront se demander si cette attitude traduit une distance face à la pression grandissante qui accompagne les attentes à Montréal.

Mais St-Louis ne modifiera jamais son discours pour les Lajoie de ce monde.

Jean-Charles Lajoie a lancé son avertissement. Martin St-Louis lui répond à sa manière.

Mais si le coach veut démontrer qu’il est bel et bien l’homme capable de conduire le Canadien jusqu’à la Coupe Stanley, il devra finir par répondre à la question de Jean-Charles Lajoie là où ça compte vraiment : sur la patinoire.