Acquisition d’un défenseur mobile: Kent Hughes continue d’ignorer la folie du marché

Acquisition d’un défenseur mobile: Kent Hughes continue d’ignorer la folie du marché

André Soueidan
Le 2026-06-27
canadiens

Pendant que la grande majorité des partisans du Canadien de Montréal surveillaient obsessivement le marché des transactions en espérant enfin voir Kent Hughes frapper un grand coup pour aller chercher un deuxième centre, le directeur général montréalais a encore une fois choisi une direction complètement différente.

Et plus le repêchage avance, plus on commence sérieusement à comprendre où l’organisation veut s’en aller.

Le Canadien vient de bouger à nouveau sur le plancher du repêchage, non pas pour avancer… mais bien pour reculer.

Après avoir échangé son 103e choix afin de reculer dans l’ordre de sélection et accumuler des actifs supplémentaires, Montréal a finalement utilisé son 117e choix au total pour mettre la main sur le défenseur Brayden Klimpke des Blades de Saskatoon dans la WHL.

Un autre défenseur.

Et ce n’est certainement pas un hasard.

À première vue, Klimpke n’est peut-être pas le nom qui va faire exploser les réseaux sociaux à Montréal aujourd’hui. On ne parle pas ici d’un attaquant électrisant ou d’un joueur offensif spectaculaire qui fait lever les foules.

Mais lorsqu’on regarde son profil en profondeur, on comprend rapidement pourquoi le Canadien a décidé de miser sur lui.

Le jeune défenseur gaucher de six pieds possède probablement l’un des profils les plus intrigants parmi les joueurs repêchés plus tard aujourd’hui.

Sa progression au cours de la dernière année a impressionné énormément de recruteurs.

Après une première saison correcte dans la WHL avec 26 points, Klimpke a littéralement explosé offensivement cette année avec une récolte de 47 points en 68 matchs.

Mais les statistiques racontent seulement une partie de l’histoire.

À seulement 17 ans, il a été nommé assistant-capitaine des Blades de Saskatoon.

Un détail extrêmement révélateur.

On parle ici d’une ligue junior où le leadership se mérite difficilement, surtout lorsqu’un joueur n’est même pas encore majeur.

En séries éliminatoires, son entraîneur lui faisait confiance pendant près de 30 minutes par rencontre, souvent face aux meilleurs trios adverses.

Sa mobilité impressionne.

Sa lecture du jeu impressionne.

Sa capacité à transporter la rondelle sous pression attire énormément l’attention.

Et surtout…

Son intelligence défensive saute immédiatement aux yeux.

Ce qui devient fascinant en observant ce repêchage du Canadien, c’est qu’on commence tranquillement à comprendre l’obsession actuelle de l’organisation.

Montréal veut accumuler des défenseurs.

Beaucoup de défenseurs.

Des défenseurs capables éventuellement de neutraliser l’adversaire.

Et honnêtement, ce n’est probablement pas étranger à ce qu’on vient de voir pendant les dernières séries éliminatoires.

Partout dans la Ligue nationale, les équipes encore debout étaient construites autour d’une même réalité.

Tu gagnes avec ta structure défensive.

Tu gagnes avec des défenseurs capables d’étouffer l’adversaire pendant soixante minutes.

Bien sûr, un joueur comme Lane Hutson demeure une pièce extrêmement importante de l’avenir du Canadien.

Mais Hutson représente une catégorie bien précise de défenseur offensif.

Pour gagner au mois de mai et juin, ça prend autre chose aussi.

Ça prend des joueurs capables de fermer le jeu.

De protéger un avantage.

De gagner des batailles physiques devant le filet.

Et clairement, Kent Hughes semble vouloir bâtir cette profondeur-là dès maintenant.

Mais attention.

C’est ici qu’il faut éviter un piège extrêmement dangereux.

Parce que l’histoire récente du Canadien nous a déjà démontré qu’il peut devenir catastrophique de repêcher uniquement en réaction aux tendances du moment.

Tout le monde se souvient encore de Marc Bergevin.

Après avoir vu Milan Lucic intimider complètement le Canadien pendant les séries contre Boston, l’organisation avait soudainement développé une obsession pour le format physique.

Résultat?

Michael McCarron.

Un choix directement influencé par ce que le Canadien croyait devoir imiter après avoir souffert contre les Bruins.

On connaît la suite.

Et c’est exactement pourquoi il faut demeurer prudent aujourd’hui.

Oui, les Hurricanes, les Panthers et les grosses puissances actuelles démontrent l’importance d’une brigade défensive robuste et structurée.

Mais repêcher aujourd’hui un joueur qui ne percera peut-être la Ligue nationale que dans quatre ou cinq ans en essayant de copier les tendances actuelles…

ça peut rapidement devenir une grave erreur.

La Ligue nationale change constamment.

Le hockey évolue beaucoup trop rapidement.

Et c’est exactement là que Kent Hughes devra demeurer fidèle à son plan.

Pour l’instant, une chose semble claire.

Le Canadien refuse complètement de paniquer.

Pas de transaction monstre.

Pas de sacrifice précipité.

Pas de réaction émotive face au chaos actuel du marché.

Montréal construit tranquillement.

Et avec Brayden Klimpke, le Canadien vient encore une fois de rappeler à tout le monde que cette reconstruction ne se fera jamais sous pression.

Même si toute la province réclame exactement le contraire.

À suivre…