Pendant que toute l’attention est tournée vers les interminables rumeurs entourant Kirill Marchenko, un autre nom commence tranquillement à faire son chemin dans les bureaux du Canadien... et des Blue Jackets...
LJ Mooney.
Depuis que les discussions entre le Canadien de Montréal et les Blue Jackets de Columbus se sont intensifiées autour de l'attaquant de puissance russes, plusieurs recruteurs tentent de deviner quelles pièces Kent Hughes serait prêt à sacrifier.
Selon ce qui circule dans le milieu, le nom de LJ Mooney ferait partie des jeunes joueurs qui intéresseraient énormément Columbus dans un éventuel montage de transaction.
Ce n’est pas surprenant. Les Blue Jackets cherchent à rajeunir leur organisation avec des joueurs explosifs, compétitifs et dotés d’un plafond offensif élevé. Mooney coche toutes ces cases.
Son profil fait saliver plusieurs organisations de la LNH, et Columbus ferait partie des équipes qui apprécieraient énormément son potentiel. Voilà pourquoi certains croient que son nom aurait pu être évoqué dans différents scénarios de « package deal » impliquant Marchenko.
Et plus on découvre son histoire, plus une chose saute aux yeux : le Canadien n’a peut-être pas simplement repêché un petit attaquant explosif en quatrième ronde.
Il a peut-être déniché un phénomène.
Le genre de joueur qui fait mentir tous les recruteurs parce qu’il refuse d’accepter les limites que son gabarit est censé lui imposer.
Son histoire commence dans une rue sans issue de West Mifflin, en banlieue de Pittsburgh.
Là-bas, les voisins ont donné un surnom au terrain partagé entre les familles Mooney et Cooley.
« The Compound. »
Un véritable laboratoire de hockey.
Deux familles.
Des dizaines d’années de hockey.
Des séances d’entraînement quotidiennes.
Des matchs de hockey bottine jusqu’au coucher du soleil.
Des heures passées à tirer des rondelles.
Et au milieu de tout ça…
Logan Cooley.
Puis son jeune cousin.
LJ Mooney.
Chez les Mooney, le hockey n’est pas un sport.
C’est une religion.
Son père, John, a joué au hockey universitaire et dans les ligues mineures professionnelles. Son oncle Tom a été capitaine à Notre Dame. Ses sœurs ont toutes joué au hockey universitaire. Du côté des Cooley, le père de Logan a lui aussi joué dans la NCAA et chez les professionnels mineurs.
LJ Mooney est né avec des patins aux pieds.
Pendant des années, son père réunissait tous les enfants de la famille à 6 h 30 du matin, tous les jours de l’été.
Patin.
Gym.
Repas.
Hockey bottine.
Golf.
Retour sur la glace.
Puis on recommençait le lendemain.
C’est dans cette routine infernale que le jeune Mooney s’est construit.
Au début, il suivait simplement les plus vieux.
Puis il est devenu le meilleur joueur de sa génération à Pittsburgh.
Ensuite le meilleur de l’État.
Puis l’un des meilleurs joueurs de toute sa catégorie d’âge aux États-Unis.
Comme Logan Cooley avant lui.
Son ancien entraîneur Kevin Muller résume parfaitement le phénomène.
Il était parfois 15 centimètres plus petit que tous les autres…
Mais il dominait quand même les matchs.
Selon lui, sa vitesse est tout simplement élite.
Sa capacité à éviter les mises en échec est exceptionnelle.
Et ses mains sont « d’un autre monde ».
Muller raconte même qu’il lui arrivait de taper sur l’épaule de Mooney lorsqu’il avait besoin d’un but.
« Hé… on a besoin d’un but. »
La réponse revenait toujours.
« Je m’en occupe, coach. »
Puis quelques instants plus tard…
Il le faisait.
Ce n’est pas seulement son talent qui impressionne tous ceux qui l’ont côtoyé.
C’est sa compétitivité.
Son entraîneur affirme qu’aux exercices de patinage punitifs, LJ transformait la punition en défi personnel.
Il terminait souvent une zone et demie devant tous ses coéquipiers.
Son père ne croit d’ailleurs pas une seconde que son gabarit constitue un problème.
Sa philosophie est simple.
Tout le monde mesure la grandeur.
Tout le monde mesure le poids.
Mais selon lui, personne ne mesure le cœur.
Et à ses yeux, c’est justement le cœur qui fait toute la différence.
Cette mentalité explique pourquoi Mooney n’a jamais fui le jeu physique.
Au contraire.
Même contre des adversaires beaucoup plus gros que lui, il frappait.
Il provoquait.
Il allait récupérer les rondelles.
Il refusait de reculer.
Aujourd’hui, il mesure officiellement 5 pieds 8 pouces.
Mais il n’est plus le jeune adolescent frêle que plusieurs avaient vu au programme américain.
Il affirme avoir gagné énormément de masse musculaire cet été.
« J’ai pris beaucoup de poids… mais je me sens toujours aussi rapide. Je me sens plus physique. »
Voilà exactement ce que le Canadien voulait entendre.
Parce que personne n’a jamais remis son talent offensif en question.
La seule interrogation concernait son physique.
Et visiblement, il est déjà en train d’y répondre.
Même au Minnesota, il a surpris tout le monde.
À sa première saison universitaire, il a récolté 30 points en 34 matchs, terminant deuxième meilleur pointeur de son équipe et premier pour les mentions d’aide.
Pas mal pour un joueur qui, il y a quelques années encore, était considéré comme trop petit pour espérer devenir un véritable espoir de la LNH.
Son entraîneur au Programme national américain, Nick Fohr, est lui aussi catégorique.
Selon lui, la qualité la plus sous-estimée de Mooney demeure sa capacité à changer de direction.
Il parle d’une mobilité « élite, élite ».
Ajoutez à cela son intelligence, ses mains et sa créativité…
Et vous obtenez un joueur capable de faire basculer un match à lui seul.
Même le sélectionneur américain Adam Nightingale est tombé sous son charme.
Il le décrit comme un joueur extrêmement rusé.
Rapide.
Insaisissable.
Capable de rendre tous ses coéquipiers meilleurs.
Mais ce qui l’impressionne le plus, c’est son travail sans la rondelle.
Selon lui, on ne donne pas suffisamment de crédit à Mooney pour sa façon de récupérer les rondelles grâce à son intelligence et à sa vitesse.
Voilà exactement le genre de détail que les organisations gagnantes adorent.
Puis il y a Logan Cooley.
Impossible de raconter l’histoire de LJ sans parler de son cousin.
Encore aujourd’hui, Logan le transporte régulièrement en voiture lorsqu’ils s’entraînent ensemble durant l’été.
Les deux sont inséparables.
Le jeune attaquant du Canadien affirme admirer la façon dont Cooley travaille.
Selon lui, chaque entraînement est traité comme un véritable match.
Il le regarde.
Il apprend.
Il copie.
Son objectif est clair.
Suivre exactement le même chemin.
Et maintenant que Montréal possède ses droits, le Canadien pourrait bien avoir mis la main sur beaucoup plus qu’un simple choix de quatrième ronde.
Pendant que tout le monde rêve à Marchenko…
Pendant que toute la planète hockey ne parle que de Demidov…
Le Canadien développe peut-être, tranquillement, un autre petit prodige.
Et si LJ Mooney poursuit la progression qu’il affiche depuis son enfance…
Le vol du repêchage 2026 ne sera peut-être pas un choix de première ronde.
Il pourrait très bien porter le numéro du quatrième tour.
Reste à voir s'il va porter l'uniforme du CH, des Blue Jackets ou d'une autre équipe.
C’est probablement le plus beau compliment qu’on puisse faire au jeune espoir du Canadien. Il y a quelques semaines encore, plusieurs partisans des Blue Jackets et de la LNH en entier connaissaient à peine son nom.
Aujourd’hui, il serait déjà suffisamment convoité pour alimenter les discussions entourant un attaquant établi comme Kirill Marchenko.
Voilà qui en dit long sur la perception de sa valeur à travers la Ligue nationale. Kent Hughes devra maintenant répondre à une question fondamentale : jusqu’où est-il prêt à aller pour améliorer immédiatement son équipe?
Parce qu’abandonner un jeune joueur aussi talentueux que LJ Mooney pourrait permettre d’obtenir un joueur d’impact dès aujourd’hui… mais pourrait aussi devenir une décision que le Canadien regrettera pendant très longtemps si ce « petit prodige » atteint finalement le potentiel que plusieurs lui prêtent.
