Réjean Tremblay vient de mettre le doigt sur le plus grand danger qui menace le Canadien de Montréal
Ses propos, que vous pouvez voir en intégral à la fin de l'article, sont tout simplement cinglants.
Depuis des semaines, tout le Québec applaudit Kent Hughes.
Les contrats de Lane Hutson.
D’Ivan Demidov.
De Juraj Slafkovsky.
De Cole Caufield.
Aujourd’hui, le Canadien possède, selon le modèle de The Athletic, la deuxième meilleure structure salariale de toute la LNH. Le club économiserait près de 240 millions de dollars par rapport à la véritable valeur de ses joueurs.
Sur papier, c’est du génie.
Dans la vraie vie?
Réjean Tremblay croit que Kent Hughes est peut-être en train de préparer… sa propre catastrophe.
« Y a pas un agent qui puisse être fier de s’être fait enfirouaper par un ancien agent. »
Ouch. Réjean n’attaque pas les contrats.
Il attaque le rêve qui a permis de les signer.
Selon lui, Kent Hughes aurait convaincu ses jeunes vedettes d’accepter beaucoup moins d’argent en leur vendant exactement le même discours.
« Faites un sacrifice aujourd’hui… et nous allons gagner ensemble la Coupe Stanley. »
C’est ce rêve qui aurait convaincu Lane Hutson de laisser une fortune sur la table.
C’est ce rêve qui aurait convaincu Ivan Demidov.
Juraj Slafkovsky.
Cole Caufield.
Tous auraient accepté d’être payés bien en dessous de ce que le nouveau marché est en train de démontrer.
Et c’est là où Réjean voit le danger.
Parce qu’un sacrifice n’a de valeur que s’il mène quelque part.
Si le Canadien soulève la Coupe Stanley?
Tout le monde oubliera les millions perdus.
Mais si Montréal plafonne…
Si l’équipe demeure incapable d’aller chercher le fameux deuxième centre.
Si Kent Hughes refuse encore d’ajouter le leader robuste que plusieurs réclament.
Si la reconstruction s’enlise…
Le discours risque de changer très vite.
Réjean Tremblay est catégorique.
« Pas de Coupe… amenez les millions. »
Cette phrase résume toute sa pensée.
Selon lui, la patience des joueurs n’est pas infinie.
Encore moins celle de leurs agents.
Il rappelle d’ailleurs une vérité historique que plusieurs semblent oublier.
Même Guy Lafleur avait fini par dénoncer le fait qu’il se faisait sous-payer.
Pourquoi les vedettes d’aujourd’hui réagiraient-elles différemment?
Le problème, selon Réjean, dépasse même les joueurs.
Il parle des agents.
Il parle des familles.
Il parle de tous ceux qui voient aujourd’hui exploser les contrats de Connor Bedard, Macklin Celebrini, Leo Carlsson… pendant que les jeunes vedettes du Canadien regardent les chiffres défiler.
Comment un agent peut-il célébrer un contrat lorsqu’il voit qu’un joueur comparable signe presque le double quelques mois plus tard?
Comment convaincre un client qu’il a pris la bonne décision?
Voilà pourquoi Réjean croit que la pression ne fera qu’augmenter.
Et les exemples s’accumulent déjà.
Lane Hutson pourrait devenir la plus grande aubaine de l’histoire moderne de la LNH.
Selon The Athletic, sa valeur réelle atteindrait déjà 22,5 millions de dollars par saison, alors qu’il touchera 8,85 millions pendant huit ans.
Ivan Demidov gagnera environ la moitié du salaire de Macklin Celebrini.
Cole Caufield est aujourd’hui payé comme un ailier régulier alors que plusieurs le voient produire bien davantage.
Même Juraj Slafkovsky risque de regarder les prochains contrats avec une colère noire.
Les écarts deviennent gigantesques.
Le paradoxe est fait peur
Plus Kent Hughes négocie bien…
Plus il augmente le risque de créer un malaise si les résultats ne suivent pas.
Car ces contrats représentent des sacrifices bien réels.
Et lorsqu’un joueur accepte de laisser des dizaines de millions sur la table, il s’attend naturellement à ce que la direction fasse sa part du travail.
Réjean le dit sans détour.
Kent Hughes doit maintenant transformer ces économies en une équipe capable de gagner immédiatement.
Sinon, ces contrats deviendront un sujet de frustration plutôt qu’une source de fierté.
« Si le Canadien est le moindrement empêtré dans le classement en janvier, ça va commencer à chiâler et à babouner dans le vestiaire, au Septième et dans les gros bureaux des agents. »
Le chroniqueur lance aussi une autre flèche.
Selon lui, le Canadien ne se serait même pas amélioré pendant l’été.
« Hughes doit gagner pour que ses arnaques passent… et il ne fait rien pour y arriver. »
« Il est utopique de croire que le Canadien s’est amélioré pendant l’été. Y a toujours pas de deuxième centre. »
Pendant ce temps, les rivaux de l’Association de l’Est continuent, eux, de progresser.
Comme il l’écrit :
« Le hockey, c’est comme la bicyclette. Pour rester debout, il faut avancer. Si tu restes stationnaire, tu te casses la gueule. »
Voilà ce qui nourrit son inquiétude.
Au fond, Réjean Tremblay ne critique pas les rabais consentis par les jeunes vedettes.
Il critique le fait que le Canadien pourrait profiter de ces rabais… sans leur offrir, en retour, une équipe capable de gagner.
Et si ce scénario se produit…
Les 240 millions de dollars d’économies vantés aujourd’hui pourraient rapidement devenir le plus gros sujet de discorde à l’intérieur de l’organisation.
Parce qu’à un certain moment, les joueurs n’accepteront plus de se faire dire qu’ils doivent se sacrifier.
Ils demanderont simplement ce qu’ils auraient toujours pu obtenir ailleurs.
Et c’est précisément le scénario que Réjean Tremblay voit se dessiner si Kent Hughes ne transforme pas rapidement ses « vols » contractuels… en Coupe Stanley.

