David Perron vient de trouver une nouvelle destination pour poursuivre sa carrière: il signe un contrat de 850 000 dollars avec les Stars de Dallas.
Mais derrière cette signature avec les Stars de Dallas, il y a une histoire qui fait mal au cœur. L’attaquant québécois s’apprête à disputer sa 20e saison dans la LNH, une longévité remarquable pour un joueur qui a traversé plusieurs organisations sans jamais avoir réalisé son plus grand rêve : porter le chandail du Canadien de Montréal.
Il aurait voulu terminer sa carrière chez lui, devant les siens, dans l’uniforme de l’équipe qu’il a toujours rêvé de représenter.
Montréal a eu plusieurs occasions de lui ouvrir la porte. Kent Hughes ne l’a jamais fait. Aujourd’hui, Perron poursuit sa route à Dallas, rejeté à vie par Montréal.
Perron n’a jamais caché son attachement au Canadien. Originaire de Sherbrooke, il a grandi avec ce rêve de jouer à Montréal, et il avait même expliqué à quel point les matchs contre le Tricolore lui faisaient vivre des émotions particulières.
Lorsqu’il évoluait à Détroit, il avait confié à BPM Sports :
« J’ai toujours rêvé de jouer à Montréal. Ce serait un rêve qui se réalise. Quand je joue à Détroit, je n’ai pas la même nervosité que quand je joue à Montréal. Si ça n’arrive pas en tant que joueur, ça arrivera probablement plus tard. »
Tout était dit. Perron ne cherchait pas simplement un nouveau contrat ou une dernière occasion d’allonger sa carrière.
Il voulait vivre quelque chose de personnel, un rêve qu’il traînait depuis son enfance. Il voulait pouvoir jouer pour le Canadien, rentrer au Québec après les saisons, profiter de sa famille et ne plus avoir l’impression de passer sa vie à faire ses valises entre deux villes américaines.
Avec sa conjointe Vanessa, il avait même acheté une propriété au bord du lac Memphrémagog pour 2,375 millions de dollars.
Le couple avait investi dans un endroit où il pouvait se retrouver, loin du rythme effréné de la vie d’un joueur professionnel. Le Québec était devenu bien davantage qu’une destination estivale : c’était le lieu où Perron voulait construire la suite de sa vie.
Il avait expliqué à quel point cette maison lui permettait de décrocher après la saison.
« De mon côté, j’ai besoin de décrocher et de revenir à Sherbrooke, dès que la saison est terminée. D’avoir notre maison au lac Memphrémagog, ça nous permet d’être dans notre petite bulle », avait-il confié.
Son attachement à la région était profond. Il voulait retrouver ses parents, sa famille et une routine plus normale après des mois passés sur les routes.
« J’ai ma vie d’hiver, durant laquelle je joue au hockey, et ma vie d’été, durant laquelle j’ai l’impression d’avoir une vie comme celle de tout le monde », avait-il expliqué.
Perron était prêt à rapprocher ces deux mondes. Il avait même résumé sa déception en une phrase qui en disait long sur son état d’esprit :
« J’étais prêt à combiner ma vie de hockey à ma vie québécoise. Mais Montréal ne m’a montré aucun signe. »
Voilà le véritable drame dans cette histoire : Perron voulait Montréal, mais Montréal ne voulait pas de lui.
Le plus frustrant, c’est que cette histoire ne date pas d’hier. Perron avait déjà été associé au Canadien à différentes étapes de sa carrière, notamment lorsqu’il était au sommet de son art.
Sous Marc Bergevin, la porte ne s’était pas ouverte. Puis Kent Hughes a eu à son tour l’occasion de s’intéresser au Québécois. Là encore, rien ne s’est concrétisé.
Pendant ce temps, les partisans du Canadien pouvaient légitimement se demander pourquoi une équipe qui cherche à ajouter du caractère, de l’expérience et de la production offensive ne voulait pas considérer un joueur qui connaissait déjà les exigences du hockey professionnel et qui aurait eu une motivation immense à Montréal.
Perron ne demandait pas nécessairement qu’on lui déroule le tapis rouge. Il voulait simplement avoir sa chance.
Entre donner 3,6 M$ à Kirby Dach ou des peanuts à David Perron, Hughes a privilégié le lâche de l'Alberta.
Et maintenant, voilà le Québécois qui s’apprête à disputer sa 20e saison dans la LNH avec les Stars de Dallas.
Il faut reconnaître le mérite de l’attaquant. Traverser deux décennies dans une ligue aussi exigeante témoigne d’une remarquable capacité d’adaptation, d’une discipline professionnelle et d’un amour du hockey qui ne s’est jamais démenti.
À ce stade de sa carrière, chaque saison représente une réussite en soi. Perron peut être fier du parcours accompl.
Dallas représente d’ailleurs une destination qui peut avoir beaucoup de sens pour lui sur le plan sportif. Les Stars sont une organisation ambitieuse, et Perron peut y apporter son expérience, son intelligence du jeu et sa capacité à contribuer offensivement en vue de gagner la Coupe Stanley.
Et qui sait? Peut-être qu’un jour, après sa carrière, il aura l’occasion de se rapprocher encore davantage du Québec qu’il aime tant.
En tant que coach?
Mais comme joueur, le grand rêve ne se réalisera jamais.
