Nick Bobrov monte au front: le Canadien envoie un message clair concernant Alexander Zharovsky.
Pendant des jours, les rumeurs se sont multipliées. Chaque fois que le nom d’un gros joueur devenait disponible, celui d’Alexander Zharovsky apparaissait quelque part sur les réseaux sociaux.
Certains allaient même jusqu’à affirmer que le jeune Russe aurait été proposé aux Maple Leafs de Toronto pour Matthew Knies en compagnie de Bryce Pickford et deux choix de 1re ronde.
Nick Bobrov, a envoyé promener les rumeurs.
Le Canadien de Montréal ne protège pas seulement Alexander Zharovsky. Il investit déjà énormément dans son développement.
Fait rarissime, c’est le directeur du recrutement lui-même qui est sorti publiquement pour répondre.
Quand un dirigeant parle aussi ouvertement d’un espoir, ce n’est jamais un hasard.
D’abord, Bobrov a confirmé que Zharovsky est déjà pleinement intégré au quotidien de l’organisation montréalaise.
« Alexander Zharovsky travaille présentement à Montréal avec Ivan Demidov. Ils sautent sur la glace deux fois par jour. Ivan a même les clés de la patinoire. C’est lui qui supervise présentement le projet. Alexander travaille autant sur la glace qu’à l’extérieur de la glace. »
On ne parle pas d’un simple camp de développement de quelques jours. On parle d’un jeune espoir que le Canadien accueille à Brossard pendant plusieurs semaines, à qui l’organisation donne accès à ses installations, à ses entraîneurs, à ses ressources, à ses heures de glace et à toute sa structure de développement.
Ce genre d’investissement, une équipe ne le fait pas pour un joueur qu’elle envisage d’inclure dans la prochaine transaction venue.
Le passage le plus cinglant survient toutefois lorsque Bobrov décrit la relation entre Zharovsky et Ivan Demidov.
« Ivan est un mentor. Un professeur. Une référence pour Alexander. Je pense qu’il va réussir parce qu’il s’entraîne avec Ivan. Il est impossible de ne pas travailler quand on est avec lui. »
Depuis l’arrivée de Demidov, tout le monde parle de son talent offensif. Bobrov, lui, insiste sur tout autre chose. Son éthique de travail.
Il va même encore plus loin.
« Ivan inspire tout le monde. Il travaille même trop fort. »
Selon Bobrov, même les entraîneurs de l’organisation, qui devraient normalement profiter de leurs vacances après les séries éliminatoires, se retrouvent à revenir au travail parce que Demidov veut poursuivre ses entraînements.
« Nous avons même des entraîneurs qui devraient être en vacances après les séries. Mais Ivan leur dit qu’il faut s’entraîner deux fois par jour. Je pense que Zharovsky va comprendre exactement ce qu’il faut faire pour réussir dans la LNH. »
Le Canadien est en train de placer Zharovsky dans l’environnement idéal. Il apprend directement d’un joueur qui vit déjà comme un professionnel de la LNH avant même d’avoir disputé une saison complète à Montréal.
Pour un jeune Russe qui rêve de traverser l’Atlantique, il est difficile d’imaginer un meilleur professeur.
Bobrov ne cache d’ailleurs rien des qualités de son jeune attaquant.
« Il possède des mains exceptionnelles. Il comprend très bien le jeu. Son talent est immense. »
Mais il refuse aussi de vendre du rêve.
« Pour la LNH, il doit devenir plus fort physiquement. On s'en occupe. »
Le Canadien refuse de brûler les étapes.
Le plan est clair.
Retour dans la KHL.
Une autre saison importante.
Développement physique.
Puis, arrivée à Montréal.
Surtout, aucune transaction. Zharovsky est à Montréal pour y rester,
Bobrov l’explique sans détour.
« Il est avec nous pour de bon. Nous espérons qu’il connaîtra une excellente saison dans la KHL. Il a déjà démontré ce qu’il est capable de faire. Maintenant, il doit gagner en force, devenir plus mature physiquement et montrer un hockey encore meilleur. Après cette saison, nous espérons qu’il sera prêt. »
Ce n’est pas le discours d’une organisation qui prépare une transaction.
C’est celui d’une organisation qui prépare l’avenir.
Un autre passage mérite toute l’attention des partisans.
Depuis plusieurs semaines, certains affirment que le Canadien pourrait promettre une place à certains jeunes afin de les convaincre de signer rapidement.
Bobrov ferme complètement cette porte.
« Nous ne pouvons garantir une place à personne. Nous ne l’avons pas garantie à Lane Hutson. Nous ne l’avons pas garantie à Ivan Demidov. Ils ont accepté cette réalité. Ils savaient qu’ils devaient venir gagner leur poste. Ce sera la même chose pour Alexander. Tout ce qu'on peut lui dire, c'est qu'on ne va pas l'échanger. On va l'attendre. »
Encore une fois, le message est clair comme de l'eau de roche.
À Montréal, personne ne reçoit de traitement de faveur.
Même les plus grands talents doivent gagner leur place.
Lane Hutson l’a fait.
Ivan Demidov le fait.
Alexander Zharovsky devra suivre exactement le même chemin.
Voilà une philosophie qui en dit long sur la culture que Kent Hughes, Jeff Gorton et Nick Bobrov tentent d’installer depuis maintenant plusieurs années.
Depuis le début de l’été, plusieurs rumeurs ont associé Zharovsky à Toronto.
Pourtant, tout ce qui sort maintenant de l’organisation raconte exactement l’histoire inverse.
On lui ouvre les portes de Brossard.
On lui offre un encadrement quotidien.
On investit des ressources importantes dans son développement.
On lui permet de travailler directement avec celui qui représente probablement le futur visage de la concession.
On construit déjà une chimie naturelle avec Demidov avant même son arrivée officielle dans la LNH.
Pourquoi investir autant dans un joueur destiné à quitter quelques jours plus tard?
La logique ne tient tout simplement pas.
Plus on écoute Bobrov, plus une conclusion s’impose.
Alexander Zharovsky fait partie des plans.
Le Canadien ne voit pas seulement un jeune talent offensif.
Il voit un joueur capable, un jour, d’évoluer aux côtés d’Ivan Demidov.
Le duo travaille déjà ensemble.
Il développe déjà des automatismes.
Il partage déjà le même quotidien.
Cette préparation n’a rien d’improvisé.
Elle est planifiée.
Et cela explique probablement pourquoi selon Bobrov, le Canadien refuse catégoriquement d’inclure Zharovsky dans ses discussions pour les gros dossiers de l’été.
Même dans un marché où les prix explosent, certaines pièces demeurent beaucoup trop importantes pour être sacrifiées.
Pendant que les rumeurs continuent d’envahir les réseaux sociaux, Nick Bobrov a choisi de sortir publiquement.
Le Canadien ne prépare pas le départ d’Alexander Zharovsky.
Il prépare son arrivée.
