Les amateurs de hockey aiment encore voir deux poids lourds jeter les gants et régler leurs comptes sur la glace.
Nicolas Deslauriers et Tanner Jeannot, deux des boxeurs les plus dangereux de la LNH, ont offert exactement ce genre de spectacle.
Une véritable bagarre de rue.
Tanner Jeannot and Nicolas Deslauriers have a lengthy heavyweight tilt 😳 https://t.co/FEzNF1hBol
— Sportsnet (@Sportsnet) October 28, 2026
À Boston comme en Caroline, le hockey physique conserve sa place.
Les organisations ne demandent pas nécessairement à ces joueurs de se battre chaque soir, mais elles savent ce qu’ils peuvent apporter lorsque la tension monte.
Pendant ce temps, à Montréal, Arber Xhekaj regarde tout ça de loin.
Le Shérif est encore puni par Martin St-Louis. Après avoir vu son temps de glace fondre lors de la Classique héritage, le défenseur a été retiré de la formation du Canadien ce soir contre les Blues.
Adam Engström prend sa place, et Xhekaj doit regarder ses coéquipiers depuis les gradins. Pour un joueur dont l’identité repose en partie sur son jeu physique, la situation devient difficile à accepter.
Xhekaj doit lui aussi améliorer certains aspects de son jeu et démontrer qu’il peut contribuer dans une ligue où la mobilité et les sorties de zone sont devenues essentielles.
Mais il y a une différence entre demander à un joueur de progresser et lui donner constamment l’impression que sa présence est devenue indésirable.
Xhekaj ne peut pas démontrer ce qu’il vaut lorsqu’il est assis dans les gradins. Il ne peut pas non plus imposer sa présence physique lorsqu’il ne reçoit pas de temps de jeu.
-Ailleurs dans la LNH, des joueurs au profil physique sont encore utilisés pour ce qu’ils peuvent apporter.
À Montréal, le Shérif se retrouve à regarder les autres depuis les gradins, alors que son nom est associé depuis longtemps à la robustesse et à la protection de ses coéquipiers.
Et qu’on ne se trompe pas : Xhekaj n’est pas obligé de se battre à chaque rencontre pour justifier sa place. Il doit d’abord être un défenseur capable de jouer au hockey.
Mais si le Canadien veut conserver un joueur avec son profil, il doit aussi lui permettre de retrouver un rôle dans lequel ses qualités peuvent servir à l’équipe.
Depuis le début de la saison, le Shérif n’a pas eu l’occasion de faire parler ses poings comme il en avait l’habitude. Pendant que les amateurs regardent des combats entre des poids lourds comme Deslauriers et Jeannot, Xhekaj doit se demander ce que le Canadien attend réellement de lui.
Veut-on qu’il soit un défenseur physique capable de défendre ses coéquipiers, ou veut-on qu’il devienne un défenseur plus mobile, quitte à réduire considérablement ce qui faisait sa particularité?
Le Canadien doit être clair avec lui. On ne peut pas lui reprocher de ne pas imposer sa présence physique tout en le laissant dans les gradins. Si St-Louis estime qu’Engström est une meilleure option, qu’il assume ce choix.
Mais l’organisation doit aussi se demander si elle ne devrait pas échanger Xhekaj, quitte à le mépriser.
Le plus inquiétant, c’est ce que cette situation pourrait provoquer à long terme. Xhekaj est encore jeune, et il a le temps de faire évoluer son jeu. Mais s’il finit par croire qu’il n’aura jamais une véritable chance de s’imposer sousMartin St-Louis, il va demander un nouveau départ ailleurs.
Si le Canadien ne veut plus de ce profil, il doit finir par prendre une décision claire. Si l’organisation croit encore en Xhekaj, elle doit lui donner les moyens de retrouver sa place.
Parce qu’à force de regarder les autres jeter les gants pendant qu’il est envoyé dans les gradins, le Shérif pourrait finir par vouloir exercer son métier sous d’autres couleurs.
Ça serait tellement triste.
