Lane Hutson va retrouver son frère Cole ce soir à Washington, mais une autre histoire risque de lui trotter dans la tête : celle de l’argent qu’il aurait pu gagner en attendant un peu avant de signer son contrat avec le Canadien de Montréal.
Alex DeBrincat vient de faire exploser le marché en s’entendant avec les Red Wings de Détroit sur une prolongation de sept ans évaluée à 13 millions de dollars par saison.
Une entente de 91 millions de dollars américains qui donne une tout autre dimension au contrat de huit ans et 70,8 millions signé par Hutson avec Montréal.
Treize millions par année pour DeBrincat. Huit millions et 850 000 dollars pour Hutson. Voilà un écart de 4,15 millions de dollars par saison entre un attaquant de 28 ans et un défenseur de 22 ans qui vient de connaître deux saisons remarquables avec le Canadien et qui est déjà l'un des favoris pour remporter le trophée Norris cette année.
Sur huit ans, la différence représente 33,2 millions de dollars, en utilisant simplement le salaire annuel de DeBrincat comme point de comparaison.
Lorsqu’on regarde la progression de Hutson et l’évolution des salaires dans la LNH, on comprend à quel point le jeune défenseur n’a pas laissé une fortune sur la table.
Hutson a accepté une prolongation de huit ans à 8,85 millions de dollars par saison en octobre 2025, avant même d’entamer la saison 2025-2026. Le Canadien a ainsi verrouillé son défenseur jusqu’en 2034, en lui offrant une sécurité financière considérable à un âge où sa carrière ne fait que commencer.
À l’époque, cette entente avait été présentée comme une excellente affaire pour les deux parties : Montréal protégeait son avenir, tandis que le joueur s’assurait une stabilité financière à long terme avec des énormes bonis à la signature.
Aujourd’hui, les chiffres donnent mal au coeur pour Hutson.
66 points à sa saison recrue, 78 points en 82 rencontres lors de la campagne suivante. Il est devenu un élément central de l’attaque et de la dérense montréalaise. On parle peut-être du meilleur défenseur de l'histoire du Canadien de Montréal.
Pendant ce temps, DeBrincat s’apprête à toucher 13 millions de dollars par saison à partir de 2027-2028. Son contrat représente une reconnaissance importante de sa valeur offensive, lui qui a déjà marqué près de 300 buts dans la LNH.
Mais on parle d'un buteur unidimensionnel. Si le marché est prêt à offrir de telles sommes à un attaquant de premier plan, mais qui n'est pas un centre, combien vaudrait Hutson s’il avait attendu avant de signer?
20 millions de dollars? Non.
22,5 millions de dollars par saison.
Vous avez bien lu. Ce n’est pas une erreur de frappe. C’est la valeur que le modèle statistique de Dom Luszczyszyn, de The Athletic, attribue à Lane Hutson en fonction de sa production et de son impact sur la glace. Voici maintenant le tableau qui donne envie au défenseur de s’arracher les cheveux quand on regarde le contrat signé avec le Canadien. (voir la suite de l'article après le tableau)

Valeur estimée de Lane Hutson : 22,5 M$ par saison
Contrat signé avec Montréal : 8,85 M$ par saison
Différence : 13,65 M$ par saison
Valeur théorique sur huit ans : 180 M$
Montant total de son contrat : 70,8 M$
Écart théorique sur huit ans : 109,2 M$
Plus de 109 millions de dollars d’écart. Une somme qui donne la nausée.
Kent Hughes doit tellement être crampé. Cette entente va devenir le contrat le plus ridicule de l'histoire de la LNH.
L'agent de Hutson, Sean Coffey, a privilégié la sécurité d’un contrat à long terme plutôt que de miser sur une progression encore plus spectaculaire de sa valeur, alors qu'il savait très bien que le plafond salarial allait exploser.
Le duel de ce soir entre Lane et Cole Hutson ajoute une autre dimension catastrophique à cette saga financière.
Pour la première fois de leur carrière dans la LNH, les deux frères vont s’affronter. Le cadet a lui aussi démontré des qualités offensives intéressantes et va devenir un défenseur important dans la Ligue nationale.
Or, Cole pourrait avoir une occasion que son frère n’aura plus : négocier son prochain contrat en connaissant les nouvelles références salariales du marché.
L’été 2027 vera Cole Hutson signer un pont d'or à Washington et obtiendra une rémunération supérieure à celle de Lane, alors qu'il est bien moins talentueux.
Les recruteurs parlent déjà de 10 millions de dollars par saison minimum.
Imaginez la frustration de Lane. Même s'il nous dira le contraire, il va sauter une coche intérieur en voyant son petit frère lui donner une leçpn financière, alors qu'il est bien moins talentueux que lui.
Ce n’est pas une erreur de la part de Hutson, mais bien de son agent qui a commis une bourde historique.
Kent Hughes la meilleure affaire de l'histoire de la LNH.
Lane Hutson, lui, passe à l'histoire... pour les mauvaises raisons...
