Le calendrier avance et Anthony Mantha est toujours libre comme l’air.
Pour un attaquant de 31 ans qui vient de marquer 33 buts et d’amasser 64 points en 81 matchs avec Pittsburgh, le silence commence à devenir difficile à ignorer.
Surtout à Montréal, où son nom refuse de disparaître.
Depuis plusieurs jours, une information circule autour du Canadien.
Kent Hughes aurait déposé une offre de deux ans avoisinant les 10 millions de dollars au grand ailier québécois. Mantha, lui, chercherait davantage de sécurité et viserait un contrat plus long.
Le problème pour son clan, c’est que nous sommes maintenant rendus au 12 juillet… et que le marché n’a toujours pas répondu à ses attentes.
Le bras de fer commence tranquillement à tourner en faveur de Kent Hughes.
Mantha avait pourtant toutes les raisons de tester sa valeur.
Sa dernière saison a complètement relancé sa carrière.
Après des passages plus difficiles à Washington, Vegas et Calgary, l’attaquant de Longueuil a explosé avec les Penguins.
Ses 33 buts représentent un sommet personnel dans la LNH, tout comme ses 64 points.

À 6 pieds 5 pouces et plus de 230 livres, un ailier capable de produire à ce rythme ne devrait normalement pas attendre près de deux semaines après l’ouverture du marché des joueurs autonomes pour connaître sa prochaine destination.
Pourtant, Mantha attend.
La santé demeure forcément au centre des préoccupations.
Kent Hughes semble avoir compris exactement où se trouvait la limite.
Une offre de deux ans permettrait au Canadien de profiter immédiatement du physique et du tir de Mantha sans enfermer l’organisation dans un contrat qui pourrait devenir encombrant au moment où les jeunes joueurs du club commenceront à coûter plus cher.
Pour Mantha, l’équation est différente.
Après avoir encaissé près de 38 millions de dollars américains au cours de sa carrière, il cherche vraisemblablement à transformer sa grosse saison à Pittsburgh en une dernière entente importante.
Sauf que le téléphone ne semble pas sonner comme prévu.
Chaque journée qui passe enlève un peu de pouvoir au joueur et en redonne aux directeurs généraux.
Les formations qui avaient de l’argent à dépenser ont avancé dans leurs plans. Des postes se remplissent. Des masses salariales se resserrent.
Le nombre de destinations capables d’offrir à Mantha le rôle, l’argent et la durée qu’il recherche ne peut que diminuer.
Pendant ce temps, l’offre liée au Canadien reste dans le décor.
C’est ce qui rend la stratégie de Kent Hughes aussi intéressante. Le directeur général n’a aucune raison de courir après Mantha.
Montréal possède de l’espace sous le plafond salarial, cherche encore du renfort offensif et pourrait lui offrir une place réelle dans son top-6. Ivan Demidov a besoin de joueurs capables de terminer des jeux.
Mantha vient d’inscrire 33 buts. Le mariage est facile à imaginer.
Mais Hughes n’a pas besoin de sauver Anthony Mantha de son propre marché.
Le Québécois voulait de la stabilité. Le marché, jusqu’ici, ne semble pas prêt à lui donner les quatre années qu’il convoite.
Montréal aurait mis deux ans sur la table à un salaire sérieux, puis aurait laissé le temps faire son travail.
Une méthode froide, certes, mais terriblement efficace lorsque le joueur en face réalise que ses options ne se multiplient plus.
La comparaison avec le baseball, évoquée ailleurs dimanche matin, mérite d’ailleurs qu’on s’y attarde.
Lorsqu’un joueur rate le contrat à long terme qu’il espérait, une autre stratégie apparaît souvent : accepter beaucoup d’argent sur une courte période, performer et retourner sur le marché.
Dans le cas de Mantha, Montréal deviendrait alors une vitrine presque parfaite.
Jouer au Québec, devant sa famille, dans une équipe en ascension, avec une possibilité de produire auprès des meilleurs jeunes talents offensifs du Canadien… difficile de trouver un meilleur endroit pour tenter de prouver que ses 33 buts à Pittsburgh n’étaient pas un accident de parcours.
La pression a donc changé de camp.
Au début du marché, Anthony Mantha pouvait attendre qu’une équipe réponde à ses demandes.
Douze jours plus tard, Kent Hughes peut regarder l’horloge avancer sans modifier son plan.
Plus Mantha attend, plus cette fameuse offre de deux ans prend une autre couleur.
Hier, elle pouvait paraître insuffisante.
Aujourd’hui, elle ressemble de plus en plus à une porte encore ouverte.
Kent Hughes n’a même pas besoin de pousser Anthony Mantha à l’intérieur… le marché est peut-être en train de le faire à sa place.
Ouch…
