Un directeur général en difficulté ne téléphone jamais à ses confrères pour leur offrir un cadeau.
Il téléphone parce qu’il cherche une porte de sortie… et les 31 autres DG le savent parfaitement.
Pat Verbeek vient de découvrir à quel point une offre hostile peut transformer un été en véritable casse-tête.
Les Ducks ont égalé l’offre complètement folle de cinq ans et 90 millions de dollars déposée à Leo Carlsson, soit 18 millions par saison pour conserver leur jeune joueur de centre.
Anaheim a protégé son joyau, mais le coup a secoué les plans financiers de l’organisation et Verbeek doit maintenant regarder son alignement avec une calculatrice dans les mains.
Les Ducks possèdent encore un peu plus de neuf millions de dollars d’espace sous le plafond salarial selon les projections actuelles.
Sur papier, personne n’est à la rue.
Le problème se trouve dans la suite du plan.
Cutter Gauthier devra être payé, d’autres décisions approchent et l’organisation vient d’ajouter une dépense de 18 millions par année qu’elle n’avait certainement pas envie d’avaler de cette façon.
Voilà pourquoi les téléphones commencent à chauffer.
Rick Dhaliwal a affirmé que les Ducks cherchent à déplacer certains joueurs afin de pouvoir régler le dossier Gauthier.
Plus intéressant encore, Anaheim aurait communiqué avec Vancouver pour savoir si les Canucks étaient intéressés à prendre Frank Vatrano.
Dhaliwal est même allé plus loin en affirmant que Verbeek risque de devoir ajouter des éléments intéressants afin de convaincre une équipe de lui enlever certains contrats.
À Montréal, une telle information mérite au minimum un appel.
Sauf qu’on va se dire les vraies affaires… Frank Vatrano n’est probablement pas le nom qui ferait courir Kent Hughes jusqu’à son téléphone.
Vatrano a 32 ans et son salaire compte pour 4,5 millions de dollars sur la masse.
Le joueur qui avait inscrit 37 buts en 2023-2024 n’est plus dans la même situation aujourd’hui.

Après une autre saison de 21 buts, sa production a chuté et son utilisation a fondu. Cinq buts, moins de douze minutes de temps de glace moyen et un rôle limité sur l’avantage numérique… le vétéran a perdu beaucoup de lustre en peu de temps.
Kent Hughes n’a aucune raison de rendre service à Pat Verbeek simplement pour absorber un contrat dont Anaheim cherche maintenant à se débarrasser.
Le Canadien n’est plus une équipe en reconstruction prête à ramasser n’importe quel salaire en échange d’un choix lointain.
Alors, si Verbeek appelle à l’aide, Hughes peut très bien écouter… mais la discussion risque de devenir inconfortable assez rapidement.
Le nom de Troy Terry représente exactement le genre de joueur qui change la nature d’une conversation.
À 28 ans, l’ailier droit vient de récolter 57 points en seulement 61 matchs, dont 19 buts et 38 passes.
Il a ensuite ajouté 11 points en 12 rencontres éliminatoires.

Depuis sa saison de 37 buts en 2021-2022, Terry s’est installé comme un véritable attaquant offensif dans la LNH et son contrat de sept millions de dollars par année demeure en vigueur jusqu’en 2030.
Oui, sa situation médicale commande de la prudence.
Terry est actuellement sur la liste des blessés avec un problème à la hanche et son retour n’est pas immédiat.
Son contrat contient également une liste de dix équipes auxquelles il peut refuser d’être échangé.
Personne ne prétend que Verbeek va déposer Terry dans une boîte, ajouter Vatrano et expédier le tout à Montréal avec un petit ruban rouge.
Le rapport de force vient toutefois de changer.
Quelques jours plus tôt, Anaheim contrôlait complètement son été.
Aujourd’hui, Carlsson occupe 18 millions de dollars sur la masse, Gauthier attend son prochain contrat et le DG des Ducks appelle déjà ailleurs afin de trouver une destination à Vatrano.
Chaque équipe qui reçoit ce coup de téléphone comprend immédiatement la même chose : Pat Verbeek veut bouger.
Kent Hughes a bâti une bonne partie de sa réputation en attendant précisément ce genre de moment.
Sean Monahan est arrivé à Montréal avec un choix de première ronde parce que Calgary avait besoin d’air.
Alex Newhook a été acquis lorsque le Colorado devait prendre des décisions financières.
Le DG du Canadien n’a jamais caché son plaisir à profiter des problèmes des autres.
Alors, non, Frank Vatrano n’est probablement pas le gros morceau qui fait rêver Montréal. Il représente plutôt la preuve qu’une porte vient de s’ouvrir à Anaheim.
Si Pat Verbeek veut réellement de l’aide, Kent Hughes peut lui en offrir.
Le prix de l’aide, par contre… pourrait commencer par un nom beaucoup plus intéressant.
Troy Terry.
À suivre…
