L'annonce de Pierre LeBrun enflamme le Québec.
Depuis cette semaine, les partisans des Canadiens de Montréal rêvent à Dylan Larkin. C’est facile de comprendre pourquoi. Un capitaine. Un centre établi. Un joueur qui produit autour de 70 points par saison. Un joueur capable de s’installer immédiatement derrière Nick Suzuki et de transformer complètement le visage de l’attaque montréalaise.
Mais voilà que Pierre LeBrun vient pratiquement de refroidir tout le monde.
Selon lui, les Canadiens vont surveiller l’évolution du dossier Dylan Larkin, mais Nico Hischier représente le meilleur scénario possible pour Montréal. Il ajoute qu’il ne fait aucun doute que l’organisation surveille ce dossier de très près.
Quand Pierre LeBrun avance quelque chose de ce genre, il ne parle pas dans le vide.
Il suit les directeurs généraux.
Il parle aux agents.
Il connaît les dossiers actifs.
Et lorsqu’il affirme que Nico Hischier représente le meilleur fit pour les Canadiens de Montréal, il envoie indirectement un message très clair : oubliez peut-être Dylan Larkin.
Plus on analyse la situation, plus l’idée d’amener Larkin à Montréal devient compliquée.
Elliotte Friedman a déjà refroidi plusieurs rumeurs en affirmant qu’il n’existait pas de véritable indication que Larkin souhaitait absolument venir jouer au Canada.
Ajoutez à cela une clause de protection importante, un directeur général (Steve Yzerman) reconnu pour être l’un des négociateurs les plus coriaces de toute la LNH et un rival de division... et soudainement le dossier devient extrêmement difficile.
Pourquoi Steve Yzerman aiderait-il directement les Canadiens de Montréal?
Pourquoi accepterait-il de voir son capitaine devenir la pièce manquante d’une équipe qui pourrait lui faire mal pendant les prochaines années?
LeBrun croit qu’Yzerman préférerait envoyer Larkin pratiquement n’importe où (Dallas, Minnesota et Tampa Bay sont les trois favoris) ailleurs avant de le voir débarquer au Centre Bell.
Voilà pourquoi le dossier Nico Hischier prend autant d’importance.
Contrairement à Larkin, Hischier correspond parfaitement à la fenêtre actuelle des Canadiens de Montréal.
À 27 ans, il est en plein dans les meilleures années de sa carrière.
Il est suffisamment jeune pour accompagner Ivan Demidov pendant plusieurs saisons.
Il est suffisamment expérimenté pour aider immédiatement Nick Suzuki.
Il est suffisamment complet pour répondre exactement à ce que recherche Martin St-Louis.
Le Suisse ne se limite pas à produire offensivement.
Il joue dans toutes les situations.
Il affronte les meilleurs trios adverses.
Il tue des pénalités.
Il gagne des mises au jeu importantes.
Il peut être utilisé dans les dernières minutes d’un match serré.
Et il se débrouille en français, un gros plus au Québec.
Depuis des années, les Canadiens cherchent un joueur capable de partager le poids que porte Suzuki.
Hischier représente probablement l’une des rares options réalistes capables d’accomplir cette mission immédiatement.
C’est pourquoi les propos de Pierre LeBrun résonnent autant.
Ils arrivent au moment exact où plusieurs autres pistes commencent à se refermer.
Robert Thomas n'est plus disponible à Saint-Louis.
Le nouveau DG Alex Steen a envoyé plusieurs signaux indiquant qu’il souhaite construire autour de son centre vedette.
Larkin demeure un dossier tellement complexe.
Et pendant ce temps, le nom d’Hischier continue de revenir constamment à Montréal.
La conséquence est simple.
Si Nico Hischier devient réellement la cible numéro un de Kent Hughes, quelqu’un devra quitter Montréal.
Et ce quelqu’un ressemble de plus en plus à Michael Hage.
C’est probablement la partie la plus difficile à accepter pour les partisans.
On ne parle pas simplement d’un espoir de qualité.
On parle d’un jeune joueur dont l’histoire est profondément liée aux Canadiens de Montréal.
On parle du fils d’un partisan passionné du Tricolore qui est tragiquement décédé dans incident de natation.
On parle d’un jeune homme qui a souvent expliqué ce que représentait Montréal pour lui et pour sa famille.
On parle d’un joueur que plusieurs imaginaient déjà comme le futur centre numéro deux de l’organisation.
Mais les émotions ne dirigent pas les transactions.
Les directeurs généraux sont payés pour améliorer leur équipe.
Et la réalité actuelle est brutale. Le CH doit profiter de sa fenêtre maintenant.
Ivan Demidov, Lane Hutson, Nick Suzuki, Cole Caufield, Noah Dobson et Juraj Slafkovsky sont prêts maintenant.
Les Canadiens de Montréal veulent gagner maintenant.
Michael Hage devient vulnérable.
Même si son potentiel demeure énorme, personne ne peut garantir qu’il deviendra un jour aussi complet ou aussi efficace que Nico Hischier.
Le CH n'est même pas assuré qu'il est un véritable centre.
Son retour dans la NCAA a d’ailleurs alimenté plusieurs discussions à travers la ligue. Hage a plusieurs faiblesses.
Pas assez physique, pas assez bon aux mises au jeu, parfois trop soft ou pas assez intelligent défensivement.
Certains recruteurs voient toujours un énorme potentiel offensif.
D’autres se demandent combien de temps il faudra avant qu’il soit réellement prêt à devenir un centre top-6 dans la LNH.
Pendant ce temps, Hischier est déjà ce joueur.
Du côté du New Jersey, David Reinbacher n’est pas la priorité.
Les Devils possèdent déjà Dougie Hamilton, Brett Pesce, Simon Nemec et Jonathan Kovacevic du côté droit de leur défense.
Même lorsque les rumeurs entouraient Reinbacher, on le répétait sans cesse: leur besoin principal n’était pas un autre défenseur droitier.
Un jeune centre offensif avec un énorme potentiel?
Là, la discussion change complètement.
Voilà pourquoi les propos de Pierre LeBrun sont aussi importants.
En une seule intervention, il vient peut-être de résumer tout l’été des Canadiens de Montréal.
Dylan Larkin demeure une possibilité... impossible...
Nico Hischier est la véritable cible.
Et si Pierre LeBrun a raison, Michael Hage pourrait être beaucoup plus près du New Jersey que plusieurs partisans sont prêts à l’admettre.
Lorsqu’une organisation croit qu’un joueur peut l’aider immédiatement à franchir une étape vers la Coupe Stanley, le potentiel finit souvent par céder sa place à la certitude.
Et aujourd’hui, pour Kent Hughes, Nico Hischier représente exactement cela : une certitude.
