Ça sent la fin pour Jonathan Huberdeau

Ça sent la fin pour Jonathan Huberdeau

David Garel
Le 2026-08-26

Le cauchemar de Jonathan Huberdeau ne finit plus.

Alors que la saison 2026-2027 est maintenant à nos portes, le Québécois se retrouve dans une situation qui paraît presque impossible à renverser.

Sa dernière saison s’est terminée avec une blessure à la hanche nécessitant une intervention chirurgicale et, pendant que les Flames de Calgary se préparent à une autre campagne qui risque de les ramener vers le bas du classement, Huberdeau doit maintenant tenter de reconstruire sa carrière dans l’un des environnements les moins favorables imaginables pour un joueur qui gagne 10,5 millions de dollars par année.

Il lui reste encore plusieurs années à son contrat. Mais selon ce qui circule, il est en méforme physique complète.

Gras… comme un voleur…

Huberdeau est lié aux Flames jusqu’à la fin de la saison 2030-2031. Son contrat de huit ans et 84 millions de dollars, signé après son incroyable saison de 115 points avec la Floride, devait être le symbole d’une nouvelle ère à Calgary. Il devait devenir le joueur autour duquel les Flames allaient construire leur avenir.

Quelques mois plus tard, tout s’est écroulé.

Huberdeau a été échangé.

Matthew Tkachuk est parti en Floride.

Et depuis, l’histoire est devenue l’un des plus gros cauchemars contractuels de la LNH.

Parce que pendant que Huberdeau tentait de retrouver son niveau à Calgary, les Panthers ont gagné deux Coupes Stanley avec Tkachuk.

Difficile d’écrire un scénario plus cruel.

À Calgary, Huberdeau n’a jamais retrouvé le joueur qui avait explosé avec 115 points. Il n’a jamais dépassé 62 points depuis son arrivée. La production offensive a chuté, la confiance a diminué et le contrat qui semblait justifiable au moment de sa signature est maintenant devenu pratiquement impossible à déplacer.

Et voilà qu’une nouvelle couche vient de s’ajouter. Il ne s’est jamais remis de son opération. Vous le trouviez lent et pesant? Il est encore pire après un été où, en tant que nouveau papa, il a oublié le gym.

Autour de lui, rien ne va plus.

Les Flames sont dans une reconstruction qui pourrait les amener à accumuler les défaites afin de maximiser leurs chances au prochain repêchage. Huberdeau, lui, a 33 ans et est attaché à un contrat de 10,5 millions de dollars jusqu’en 2031.

Les Flames ne peuvent pas simplement décider de l’échanger. Quelle équipe voudrait absorber 10,5 millions de dollars par année jusqu’en 2031 pour un joueur qui sort d’une opération à la hanche et qui n’a plus produit à la hauteur de son contrat?

Pour réussir à le déplacer, Calgary devrait probablement retenir une partie importante du salaire et ajouter des actifs.

Huberdeau est devenu prisonnier de son propre contrat.

Et ce qui rend la situation encore plus difficile, c’est que son passé en Floride refuse de disparaître.

Depuis son départ, chaque mauvaise séquence ravive la comparaison avec Tkachuk.

Les Panthers ont gagné.

Tkachuk est devenu une figure centrale de leur équipe.

Huberdeau, lui, est devenu le symbole de l’échec.

Même cette fameuse histoire de soirée dans un club de danseuses avant un match éliminatoire en 2022 continue de lui coller à la peau.

Des médias de Tampa avaient rapporté à l’époque que plusieurs joueurs des Panthers avaient été vus dans un établissement de ce genre avant un match contre le Lightning, et Huberdeau avait été associé à cette soirée en tant que leader du groupe.

Les Panthers venaient de connaître une saison complètement folle, terminant au premier rang de la LNH avec une fiche de 58-16-6 et remportant le trophée des Présidents. Huberdeau avait connu la meilleure saison offensive de sa carrière avec 115 points.

Mais en séries, tout s’était rapidement compliqué. Après avoir éliminé les Capitals de Washington au premier tour, la Floride affrontait le Lightning de Tampa Bay en deuxième ronde et s’était retrouvée au bord de l’élimination après trois défaites consécutives.

Le troisième match, disputé le 22 mai 2022 à Tampa, s’était soldé par une défaite de 5-1. Le quatrième match devait avoir lieu le lendemain soir, le 23 mai, et les Panthers n’avaient donc plus droit à l’erreur.

C’est dans la nuit suivant cette troisième défaite que l’histoire a explosé. Pat Donovan et Aaron Jacobson, animateurs de l’émission The Pat and Aaron Show sur 95.3 WDAE à Tampa, ont rapporté que plusieurs joueurs des Panthers avaient été vus dans un club de danseuses de Tampa et qu’ils y seraient restés jusqu’aux petites heures du matin, autour de 3 h.

L’information a rapidement circulé dans les médias sportifs américains, notamment parce que la soirée se déroulait quelques heures seulement avant un match sans lendemain. Les animateurs présentaient leur information comme provenant de sources et de personnes qui auraient vu les joueurs sur place.

Le détail qui a rendu l’histoire encore plus explosive, c’est évidemment le contexte. Les Panthers étaient menés 3-0 dans leur série contre le Lightning, venaient de perdre le troisième match par quatre buts et se retrouvaient à quelques heures d’une élimination.

Pour une équipe qui venait de dominer toute la saison régulière, voir circuler une histoire de joueurs faisant la fête jusqu’à 3 h du matin avant un match éliminatoire était catastrophique pour l’image de l’organisation. Le lendemain, Tampa Bay a effectivement éliminé la Floride avec une victoire de 2-0, complétant le balayage.

Mais il faut aussi raconter l’autre côté de l’histoire. Andrew Brunette, qui était alors l’entraîneur-chef des Panthers, a catégoriquement contesté le reportage lorsqu’il a été questionné à ce sujet avant le quatrième match. Il a demandé aux journalistes de vérifier leurs sources et a affirmé que la sortie rapportée n’avait pas eu lieu comme on le prétendait.

Quelques heures plus tard, le journaliste Andy Slater a affirmé avoir vérifié l’information auprès de ses propres sources dans le milieu des clubs de danseuses et a maintenu que le reportage était exact. La controverse est donc restée basée sur des témoignages contradictoires plutôt que sur une confirmation officielle de l’organisation ou des joueurs.

Depuis, cette histoire est ressortie pratiquement chaque fois que sa carrière connaissait une mauvaise passe.

C’est devenu une caricature.

Quelle tristesse.

Car au-delà des 10,5 millions de dollars, des critiques et des comparaisons, il y a un homme qui vient de subir une opération et qui doit maintenant regarder son équipe poursuivre sa route sans lui.

Il y a une famille derrière lui.

Il y a une vie loin de la patinoire.

La réalité? Ça sent la fin pour le Québécois.

La fin de sa carrière. La fin de sa dignité…