Transaction Montréal-Caroline: la panique des Hurricanes ressentie chez le CH

Transaction Montréal-Caroline: la panique des Hurricanes ressentie chez le CH

Par David Garel le 2026-01-03

Les Hurricanes de la Caroline ont contacté le Canadien de Montréal sur le marché des transaction.

Le DG Eric Tulsky a sombré dans un état d’urgence absolu : Pyotr Kochetkov, qui avait une blessure chronique ignorée pendant des mois, vient d’être opéré et ne rejouera pas cette saison, laissant une organisation supposément construite pour la Coupe Stanley dans un désespoir absolu.

Pendant que les dirigeants affirmaient encore en octobre que tout irait bien, que Brandon Bussi serait un bon complément, qu’Andersen allait retrouver sa forme, le château de cartes s’est effondré sous leurs yeux.

Depuis plusieurs semaines, tout ce qui devait inquiéter les Hurricanes s’est matérialisé en même temps. Frederik Andersen, dont on disait qu’il avait enfin retrouvé sa santé, est tombé dans le pire trou statistique de sa carrière, au point où chaque tir semble une menace existentielle.

Le vétéran qui devait stabiliser l'organisation se retrouve à afficher un pourcentage d’arrêts digne d’une équipe qui lutte pour sortir de la cave.

Il n’a pas gagné depuis près de deux mois, accumule des performances où la nervosité est évidente, et l’équipe, par moments, ne semble même plus oser se replier, tant la confiance envers leur vétéran s’est évaporée.

Pendant ce temps, Bussi, miracle improbable de la ligue américaine, a enchaîée les victoires, mais les dirigeants savent qu’il est impossible de faire reposer un aspirant à la Coupe sur un gardien de 27 ans de la ligue américaine qui n’a que 15 matchs d’expérience en LNH.

Les Hurricanes avancent avec un filet en papier mâché, un noyau offensif explosif, une défense solide, mais un seul point faible qui pourrait tout réduire à néant.

Et c’est là que le téléphone a sonné à Montréal.

Parce que lorsque la Caroline cherche un gardien, elle ne magasine pas chez les pauvres.

Elle appelle là où le déséquilibre est criant, là où trois gardiens se battent pour deux filets, là où l’urgence interne du Canadien pourrait faire naître une ouverture.

L’appel, nous le savons maintenant, a eu lieu : un coup de téléphone direct pour savoir ce que le Canadien est prêt à faire avec Samuel Montembeault et Jakub Dobeš.

La Caroline sait exactement ce qui se passe à Montréal. Ils savent que Fowler est l’avenir. Ils savent que Montembeault joue sa survie, qu’il a rebondi à Sunrise, qu’il pourrait redevenir un gardien fiable dans un marché moins toxique que Montréal.

Ils savent surtout que Dobeš est exempté de ballottage, et qu’un jeune gardien de 6 pieds 4, puissant, prometteur, pourrait redevenir un projet à long terme dans un environnement où un entraîneur de gardiens structure enfin sa technique plutôt que de la déformer.

Et ils savent quelque chose que plusieurs clubs de la LNH ont remarqué : le ménage à trois du Canadien va exploser. I

Montréal devra en sacrifier un. La Caroline, elle, a perdu un gardien pour la saison, en a un autre qui s’écroule mentalement, et un miracle temporaire qui est revenu sur terre.

Leur urgence est totale. Leur marge d’erreur est zéro. Leur plafond salarial, lui, est gigantesque : treize millions de dollars de marge, assez pour absorber un gardien et lancer une véritable opération sauvetage.

Les dirigeants des Hurricanes ont évalué toutes les options. St. Louis serait prêt à laisser partir Jordan Binnington, mais l’homme est instable et ses performances sont pires que celles d’Andersen.

Vancouver pourrait laisser aller Thatcher Demko, mais le prix serait astronomique, impliquant peut-être même un Svechnikov et d'autres éléments.

Ce qu’il reste vraiment? Montréal.

Et Montréal, pour la première fois depuis longtemps, se retrouve au centre du marché des gardiens.

Les Hurricanes ont vu le match de Dobeš contre eux. Ils ont vu ses hésitations, ses pertes de repères, ses lectures tardives, mais ils ont aussi vu son physique, ses séquences de hauts et de bas (ses hauts sont très hauts, ses bas sont très bas).

Ils savent qu’il pourrait redevenir ce gardien calme et compact qu’il était en début de saison lorsqu’il travaillait avec le bon entraîneur.

Ils ont aussi vu Montembeault. Ils ont vu un gardien qui sait voler des matchs, qui a gagné un championnat du monde avec le Canada, qui comprend la pression et qui, dans un marché plus stable, pourrait redevenir ce qu’il était l’an dernier.

Ce n’est pas un hasard s’ils ont demandé son prix. Parce qu’un duo Bussi–Montembeault pourrait parfaitement fonctionner pour une équipe qui n’a pas besoin d’un Carey Price, mais seulement d’un gardien stable pour compléter sa machine.

Alors Montréal se retrouve devant un choix qui ne pardonne pas. Si Montembeault connaît un autre bon match, il reste.

Dobeš devient la logique du marché : un gardien jeune, contrôlable, exempté de ballottage, avec une valeur réelle, particulièrement dans un contexte où les équipes comme la Caroline, Vegas (effondrement de Carter Hart, blessure d'Adin Hill), Edmonton (blessure de Tristan Jarry) ou l’Utah cherchent tous des solutions devant le filet.

Mais si Montembeault faiblit, c’est lui qui redevient l’option naturelle à échanger, une décision douloureuse, mais compréhensible pour une organisation qui ne peut plus gaspiller de saisons à protéger trois gardiens.

En réalité, la question n’est plus de savoir si la Caroline veut transiger.

La question est de savoir si Montréal acceptera de bouger maintenant ou si le CH attendra un dernier verdict sur ses propres gardiens avant de toucher à une structure déjà si fragile.

Les Hurricanes veulent payer avec des choix au repêchage. Mais le CH a-t-il vraiment besoin de sélections de repêchage.?

La fenêtre s'ouvre pour le CH. Si on transige Montembeault ou Dobes, le pari doit en valoir le coup.

Ce n'est pas un choix de 2e ronde qui va convaincre Kent Hughes.