Cauchemar à Ottawa : Brady Tkachuk se fait crucifier par une journaliste en direct

Cauchemar à Ottawa : Brady Tkachuk se fait crucifier par une journaliste en direct

Par André Soueidan le 2026-02-28

La médaille d’or encore brillante.

Les photos encore fraîches.

Et puis… Ottawa.

Pas de tapis rouge.

Pas de parade.

Pas de standing ovation.

Des micros. Des caméras. Une journaliste. Et des questions qui coupent.

Brady Tkachuk venait de vivre le sommet absolu d’une carrière. Champion olympique. Buts importants. Leadership assumé. Fierté nationale.

Puis le retour à la réalité.

Parce qu’au Canada, surtout dans la capitale fédérale, on ne laisse rien passer.

La séquence du vestiaire a tourné en boucle. Les joueurs américains au téléphone avec Donald Trump. Une blague sur l’équipe féminine. Des rires. Un moment de célébration.

Sauf qu’une célébration, ça devient politique très vite quand le président polarise autant.

Devant les médias à Ottawa, la question est tombée.

Pourquoi avoir ri?

Tkachuk a d’abord tenté d’apaiser le jeu.

« Elles savent que nous les avons soutenues tout au long du tournoi. »

Respect. Unité. Souvenirs partagés.

Même discours que Jake Sanderson.

Même ligne défensive.

Mais la journaliste n’a pas lâché.

Si vous avez autant de respect, pourquoi ces images?

Et là, la phrase qui fait mal.

« Je n’ai pas vraiment de réponse. »

Silence.

On sent le poids.

« Honnêtement, c’était un tourbillon de moment. On ne contrôle pas ce que quelqu’un va dire. »

Un tourbillon.

Pris de court.

« J’ai été un peu pris au dépourvu. »

Voilà.

Pris au dépourvu.

Sauf que le public, lui, ne l’était pas.

Les images sont claires.

Les rires sont clairs.

Et à Ottawa, ville politique par excellence, ça frappe différemment.

Parce que Brady Tkachuk ne joue pas à Phoenix. Il ne joue pas à Dallas. Il ne joue pas dans un État solidement républicain.

Il joue au Canada.

Dans la capitale.

Dans un pays où le climat politique est plus nuancé, plus critique envers Donald Trump, plus sensible aux enjeux entourant les femmes dans le sport.

Et ça, il ne peut pas l’ignorer.

Ce qui rend la scène encore plus lourde, c’est le contexte.

La blague du président sur le fait qu’il « serait obligé » d’inviter l’équipe féminine.

Les joueuses qui déclinent l’invitation.

Hilary Knight qui parle d’une remarque « de mauvais goût ».

Et pendant ce temps, les images des gars qui rient circulent encore.

Et comme si ce n’était pas suffisant, le cauchemar a pris une tournure encore plus surréaliste lorsqu’une vidéo trafiquée par intelligence artificielle, publiée sur le compte TikTok officiel de la Maison-Blanche, a commencé à circuler.

Dans ce clip modifié, une voix falsifiée attribuée à Brady Tkachuk insultait les Canadiens. Faux. Totalement fabriqué.

Devant les médias d’Ottawa, il a dû se défendre :

« Je ne dirais jamais ça. Ce n’est pas qui je suis. » Il a aussi nié être la voix entendue crier « Fermez la frontière nord » durant l’appel avec Trump. « Si vous regardez la vidéo, ce n’est pas ma voix et ce n’est pas quelque chose que je dirais. Je joue ici et j’ai tout donné pour cette ville. »

Là, on ne parle plus d’un rire mal interprété. On parle d’un joueur pris dans une tempête politique, instrumentalisé malgré lui, forcé de protéger sa réputation dans la capitale du pays qu’il représente la moitié de l’année.

À Ottawa, on a voulu comprendre.

Pas humilier.

Comprendre.

Mais comprendre, ça implique poser les vraies questions.

Et Tkachuk a encaissé.

Sans arrogance.

Sans attaque.

Sans fuite.

Juste un joueur qui réalise que le vestiaire olympique n’est pas une bulle étanche.

Que ce qui se dit là-bas résonne ici.

Qu’un rire peut coûter plus cher qu’un revirement en prolongation.

Ce n’est pas juste une histoire de politique.

C’est une histoire de rôle public.

Quand tu es capitaine d’une équipe canadienne.

Quand tu portes un « C » dans une ville où la moitié des partisans travaillent pour le gouvernement fédéral.

Quand tu représentes un marché sensible aux débats sociaux.

Chaque geste compte.

Chaque sourire compte.

Chaque rire compte.

Le plus ironique dans tout ça?

Brady Tkachuk vient de réaliser un exploit que peu d’athlètes vivront dans leur vie.

Et pourtant, on parle davantage d’un appel téléphonique que d’une médaille d’or.

C’est dur.

C’est même un peu absurde.

Mais c’est la réalité moderne.

Réseaux sociaux.

Clips viraux.

Politique omniprésente.

Et des figures publiques qui ne peuvent plus séparer totalement le sport du reste.

Le cauchemar n’est pas d’avoir ri.

Le cauchemar, c’est d’avoir ri au mauvais moment, au mauvais endroit, avec la mauvaise personne… quand tu joues dans la capitale d’un pays qui ne voit pas les choses de la même façon.

Brady Tkachuk a patiné fort sur la glace toute sa carrière.

À Ottawa, cette semaine, il a dû patiner fort devant les micros.

Et ça, parfois, c’est plus difficile qu’une finale olympique.

Ouch...