Cauchemar pour Éric Raymond: Jakub Dobeš l'expose devant tout le monde

Cauchemar pour Éric Raymond: Jakub Dobeš l'expose devant tout le monde

Par David Garel le 2026-01-29

Jakub Dobeš n’a pas simplement gagné un match jeudi soir. Il a pris le filet du Canadien de Montréal.

Dans une victoire éclatante de 7-3 contre l’Avalanche du Colorado, la meilleure équipe de la Ligue nationale, le jeune gardien tchèque a livré une autre performance dominante, calme, structurée, et surtout révélatrice d’un changement profond.

Ce n’est plus un gardien qui survit à Montréal. C’est un gardien qui impose son rythme, qui contrôle son environnement, et qui semble enfin jouer avec une clarté mentale qu’on ne lui avait jamais vue aussi constamment.

Avec 26 arrêts, plusieurs séquences décisives en deuxième période et une sérénité contagieuse malgré l’atmosphère survoltée du Centre Bell, Dobeš a confirmé ce que plusieurs murmuraient déjà : il est présentement le gardien numéro un du Canadien de Montréal.

Et cette réalité est d’autant plus frappante qu’elle survient à peine quelques heures après le congédiement d’Éric Raymond.

Ouch. Destin cruel.

D’un côté, un entraîneur des gardiens congédié seul, en plein milieu de saison, un geste rarissime dans la Ligue nationale. De l’autre, un gardien transformé, qui parle ouvertement d’un nouveau souffle, d’une relation différente, et d’une approche plus humaine avec Marco Marciano.

Après le match, Dobeš n’a pas fui le sujet. Au contraire, il a livré des propos lourds de sens.

Il a d’abord expliqué son état d’esprit sur la glace :

« Je me sentais bien. Les gars ont très bien joué devant moi. Ce n’était pas un match parfait, mais on a trouvé une façon de gagner contre une très bonne équipe. Quand tu es gardien, tu dois rester concentré pendant soixante minutes. Le jeu va très vite. Si tu te laisses distraire, tu sors de ton match. »

Sur l’ambiance du Centre Bell, il a été clair :

« Ça donne de la confiance, mais je ne peux pas me permettre de regarder autour de moi. Mon travail, c’est de rester concentré sur la rondelle. J’essaie de profiter de l’énergie quelques secondes, puis je reviens dans mon jeu. »

Puis, inévitablement, la question du changement derrière le banc est arrivée. Dobeš n’a pas attaqué. Il n’a pas accusé. Mais il a dit beaucoup, justement par ce qu’il a choisi de mettre de l’avant.

« Je suis vraiment content que Marco soit ici. Il a fait un excellent travail avec moi dans le passé, et j’ai confiance qu’il va continuer à nous faire progresser. »

Quand on lui a demandé ce qu’il aimait chez Marco Marciano, sa réponse a été sans détour :

« On se connaît depuis longtemps. Il a joué un rôle énorme dans le gardien que je suis devenu. Beaucoup de choses qu’il m’a apprises quand j’avais 20 ou 21 ans me servent encore aujourd’hui. C’est quelqu’un de très intelligent. »

Et surtout, il a insisté sur un détail qui en dit long :

« Il me comprend très bien. Il me garde responsable, mais il le fait de la bonne façon. Il me dit de m’amuser, de garder les choses simples. Il ne veut pas surcharger mon esprit. Il veut juste que je joue. »

Et c’est précisément là que Jakub Dobeš expose Éric Raymond devant tout le monde, sans jamais le nommer, sans l’attaquer, sans régler de comptes publiquement.

Il l’expose par ce qu’il choisit de dire maintenant, et surtout par ce qu’il n’avait jamais dit avant. Il dresse le portrait inverse de ce qu’il vivait auparavant. Quand il affirme que Marciano va « prendre son cerveau » et qu'il va prendre le sien, que les deux vont se nourrir mutuellement, qu’ils vont se parler, échanger, ajuster, il décrit une relation intellectuelle et humaine qui manquait visiblement jusque-là.

Dobeš n’accuse pas Raymond d’avoir été mauvais. Il fait pire : il démontre publiquement que quelque chose n’allait pas.

Il révèle qu’il jouait avec trop de pensées, trop de pression interne, trop de rigidité mentale. Et quand un gardien dit, au lendemain d’un congédiement, qu’on lui enlève enfin du poids dans la tête, qu’on lui simplifie le jeu, qu’on lui redonne du plaisir, c’est une mise en accusation silencieuse mais dévastatrice.

Ouch.

Pendant des mois, Jakub Dobeš était perçu comme un gardien émotif, fragile, parfois débordé. Jeudi soir, il était préparé, méthodique, posé. On l’a vu répéter ses mouvements après chaque arrêt, refaire ses séquences techniques, se recentrer systématiquement. Rien n’était laissé au hasard. Chaque arrêt semblait le produit d’un travail précis, réfléchi, assumé.

C’est là que le malaise devient impossible à ignorer.

Parce que pendant que Dobeš s’impose, pendant qu’il parle de confiance, de plaisir et de simplicité, Éric Raymond regarde cette scène de l’extérieur. Congédié seul. Pointé implicitement. Effacé du portrait alors que le gardien qu’il encadrait explose littéralement sous une autre voix.

C’est cruel. Et c’est symbolique.

Pour Raymond et sa famille, la soirée de jeudi devait être un cauchemar. Voir le Canadien humilier l’Avalanche. Voir Dobeš devenir la vedette. Voir le Centre Bell scander son nom. Voir le nouveau coach récolter publiquement les fleurs. Tout cela, en silence.

Jakub Dobeš, lui, n’a rien demandé. Il a simplement répondu présent. Et dans ce marché impitoyable, c’est tout ce qui compte.

Le Canadien n’a peut-être pas réglé tous ses problèmes devant le filet. Mais une chose est claire : le filet appartient à Dobeš. Et le message envoyé, jeudi soir, était impossible à manquer.