Ce soir, le Centre Bell a parlé plus fort que les conférences de presse, plus fort que les statistiques, plus fort que les débats radiophoniques.
Le message du Québec n’avait rien d’ambigu. Il était cinglant, limpide, presque cruel : Montréal a choisi son gardien. Montréal a choisi Jakub Dobeš. Montréal tourne la page sur Samuel Montembeault.
L’ovation n’a pas été normale.
Elle n’a pas été polie.
Elle n’a pas été protocolaire.
Elle a été tellement intense. Électrique. Sauvage. Presque libératrice.
Une ovation debout d’une intensité qu’on réserve habituellement aux soirs d’adieux… ou aux soirs où un nouveau héros s’impose.
32 arrêts sur 34 tirs.
Un taux d’efficacité de .941.
Des séquences où il a littéralement volé Vegas.
Jakub Dobes with a fantastic pad save on a back door chance pic.twitter.com/qo03LMio7M
— Matt Drake (@DrakeMT) January 28, 2026
La victoire de 3-2 en prolongation lui appartient:
6-0-1 à ses 7 derniers matchs. Invaincu en temps réglementaire en 2026:
jakub dobeš hasn’t lost in the year 2026. pic.twitter.com/MRjmFWqTM8
— ¹⁴ eliza (@suzukicult) January 28, 2026
On voit le portrait exact d’un gardien qui vient d’arracher son filet à deux mains.
À la fin du match, lorsque l’annonceur a nommé Jakub Dobeš comme deuxième étoile, la foule a réagi comme s’il avait été la première.
On n’avait pas entendu une telle clameur pour un gardien du Canadien depuis des lunes. Une ovation d’un public qui, à sa manière, lançait un message politique au club : le filet, c’est lui.
La différence avec Montembeault était brutale.
Le Québécois a quitté la patinoire comme un gars qui est rejeté par sa propre province. Il n’a rien fait ce soir, ni mal ni bien, mais tout le monde savait que c’était un match où il ne pouvait que perdre.
Chaque arrêt de Dobeš l’enfonçait un peu plus. Chaque réaction de la foule le condamnait un peu davantage.
Le Centre Bell a tranché.
Dobeš est devenu, aux yeux du public, le nouveau numéro un. Pas officiel. Pas reconnu par St-Louis. Mais adopté par 21 000 personnes d’un seul souffle.
Et ce n’est pas juste la foule.
Sur la glace, l’équipe jouait comme si elle savait que son gardien allait faire les arrêts. Ça change tout : le tempo, la relance, la confiance. Montréal a joué un match d’équipe avec un gardien qui donnait l’impression que rien ne passerait.
Sans lui, le CH n’arrive jamais au but de Jake Evans.
Jake Evans, le joueur le plus sous-estimé du club, s’est transformé en marqueur d’élite pour un instant. Une percée magnifique, un tir précis, et une explosion de joie qui a fait oublier vingt minutes de tension.
Mais la vraie star émotionnelle du match, la mémoire que les partisans ramèneront chez eux, c’est la performance de Dobeš.
Sa meilleure sortie dans la LNH.
Son premier statement game.
Son premier moment où il a dominé la scène, où tout tournait autour de lui.
Pendant ce temps, Montembeault doit avaler cette réalité :
Le Centre Bell vient de lui envoyer un message que personne ne veut entendre.
Pas après une carrière passée à se battre pour une chance.
Pas après avoir sauvé l’équipe dans des moments sombres.
Pas après avoir porté les couleurs du Québec.
Mais le hockey ne pardonne pas.
La foule encore moins.
Et mardi soir, l’ovation n’était pas un simple applaudissement :
C’était un changement de régime.
