Il y a des années comme ça où tout s’effondre.
Pour Mario Lemieux, 2025 aura été cette année-là. Une véritable descente aux enfers, sur le plan des affaires, de l’influence, et surtout, de l’héritage.
L’homme qui a sauvé les Penguins de Pittsburgh en 1999, transformé une dette en empire, et qui rêvait de reprendre les rênes de l’organisation pour une dernière danse avec Sidney Crosby… vient de tout perdre.
Et ce n’est pas qu’une défaite. C’est la fin d’une ère. Car tout ce qui faisait de Mario Lemieux une figure intouchable, son flair, sa loyauté, son réseau, son aura, vient de s’évaporer sous ses yeux.
C’est désormais officiel : les Penguins de Pittsburgh seront rachetés par la Hoffmann Family of Companies pour une somme avoisinant 1,75 milliard de dollars.
Cette famille d’affaires, basée en Floride, avec plus de 200 entreprises dans 30 pays, a mis la main sur l’une des franchises les plus iconiques de la LNH.
Le portefeuille de la Hoffmann Family est d’une ampleur complètement folle. Bien au-delà de l’agriculture ou de l’aviation, les Hoffmann contrôlent aujourd’hui plus de 200 entreprises réparties dans huit secteurs clés : agriculture, aviation et transport, services financiers, hôtellerie et divertissement, manufacturier, marine, immobilier commercial et résidentiel, ainsi que médias et marketing.
Leur holding, qui emploie plus de 17 000 personnes dans 30 pays, possède des actifs allant de vignobles en Californie à des chaînes de journaux locaux dans le Midwest américain, en passant par des lignes de transport maritime, des hôtels-boutiques, des chocolateries, des usines de plasturgie (changer les plastiques en produits finis), et plus encore.
Contrairement à Mario Lemieux, qui agissait souvent seul dans ses coups d’éclat financiers, les Hoffmann opèrent comme un conglomérat structuré, capable de générer des liens entre tous leurs investissements.
Leur acquisition des Penguins n’est pas un geste romantique, c’est un calcul froid et sans pitié, issu de la même stratégie : racheter des actifs établis et les rentabiliser à long terme.
Pour Mario Lemieux, c’est une gifle. Il avait tenté de racheter l’équipe qu’il avait lui-même sauvée en 1999, misant sur son passé glorieux et sur son lien émotionnel avec l’organisation.
Mais face à Fenway Sports Group, le groupe impitoyable qui possède Liverpool et les Red Sox de Boston, le mythe Lemieux ne valait pas grand-chose. Il a offert bien en dessous du prix demandé. Un « lowball » classique. Un coup de poker comme en 1999.
Mais cette fois, Fenway n’est pas en faillite comme les Penguins de l'époque. Fenway est riche. Très riche. Et Fenway a dit non.
On peut les comprendre.
En novembre 2021, Mario Lemieux a vendu la majorité de ses parts des Penguins de Pittsburgh au groupe Fenway Sports pour une somme estimée à environ 900 millions de dollars US.
De cette vente, Lemieux aurait personnellement encaissé près de 350 millions, tout en conservant une participation minoritaire symbolique.
Or, en 2025, voyant la valeur des franchises de la LNH exploser avec des ventes à 1,75 voire 2 milliards $ (comme pour Tampa Bay).
Le fait d'avoir présenté au Fenway Group une offre bien en dessous du prix de marché a été perçue comme une hautement irrespectueuse par Fenway, surtout venant d’un homme qui avait déjà profité d’une valorisation avantageuse lors de la vente initiale.
Le geste a été mal reçu dans les hautes sphères du groupe, qui ont rapidement fermé la porte à tout retour de Lemieux dans le cercle décisionnel.
Ce faux pas a non seulement ruiné ses chances de redevenir propriétaire, mais il a aussi anéanti son influence dans l’organisation.
La famille Hoffmann n’a pas le glamour de Lemieux. Pas de chandail retiré. Pas de numéro 66 dans les gradins. Mais ils ont le chéquier. Et l’intelligence stratégique. Dirigée par David Hoffmann, un self-made man évalué à près de 2 milliards $ US, la famille contrôle un réseau trop puissant, de l’Illinois à la Suisse.
Dans le sport, ils ne sont pas des touristes. En 2019, ils ont acheté les Everblades de la Floride (ECHL) et leur aréna.
Résultat? Trois Coupes Kelly consécutives. Une transformation réussie, des profits, ce qui est rare pour une équipe de la ECHL, et des gradins pleins.
Cette famille prend un actif, le pressent, et le rendent profitable.
Ils voient les Penguins comme un produit, pas comme une religion.
Et c’est ce qui inquiète toute la ville de Pittsburgh.
Jusqu’ici, Mario Lemieux conservait une aura. Il restait l’homme de confiance. Celui qui protégeait Sidney Crosby.
Mais avec l’arrivée des Hoffmann, tout ça disparaît.
Lemieux est évincé du cercle.
Lemieux n’aura plus son mot à dire.
Lemieux est officiellement OUT.
Et dans les couloirs du PPG Paints Arena, le respect laisse place à la panique. Car tout le monde sait ce que cela signifie pour Crosby. Le lien père-fils est rompu.
Comme si ce revers sportif ne suffisait pas, le fiasco immobilier de Lemieux à Mont-Tremblant est venu enfoncer le clou d’une année catastrophique.
Son fameux Château Fleur de Lys, une demeure monumentale évaluée à plus de 21,9 millions $, reste invendu depuis plus de deux ans. Une propriété spectaculaire avec 17 foyers, 6 chambres, 9 salles de bain, un cinéma maison, un spa, un ascenseur, posée au bord du lac Tremblant, sur un terrain de plus de 228 000 pieds carrés.
Mais rien n’y fait. Les agents immobiliers sont formels : le château est “doomed”. Il a été trop longtemps sur le marché.
Son prix absurde (21 999 066 $, un clin d’œil au numéro 66) fait fuir les acheteurs. Et l’agent immobilier de Lemieux refuse obstinément de réviser la stratégie. Résultat : le bien est contaminé. Invendable.
Et tout cela pendant qu’un autre manoir à Tremblant, au 730, chemin Thomas-Robert, a été vendu pour 28,5 millions de dollars dans une transaction record: le plus grand coup immobilier de l’histoire de la région.
Dur coup pour l'orgueil.
L’échec à Pittsburgh. Le fiasco à Tremblant. La perte d’influence dans la LNH. Pour Mario Lemieux, 2025 est l’année de l’éffondrement. Celle où son aura d’homme d’affaires invincible a disparu.
Et pourtant, il n’est pas n’importe qui.
En 1999 :
Il attendait 32,5 millions $ en paiements différés.
Il a proposé un plan de sauvetage : convertir 20 millions $ en actions, encaisser seulement 5 M$, et effacer le reste.
Résultat : il devient proprio d’une équipe moribonde… qui gagne trois Coupes Stanley.
Mais le marché a changé. Lemieux, non.
Et le requin s’est heurté à plus gros que lui.
Pourquoi c’est bon pour Montréal?
Parce que Mario Lemieux aurait protégé Sidney Crosby jusqu’au bout.
Parce que s’il avait racheté les Penguins, le rêve de voir Crosby finir sa carrière à Montréal aurait disparu.
Mais avec les Hoffmann, c’est autre chose. Ils n’ont aucun attachement émotif. Crosby, c’est un actif. Un joueur de 38 ans, qui coûte 8,7 millions $ par saison.
Et si Crosby refuse une reconstruction?
Et s’il demande un échange?
Ils vont écouter. Ils vont bouger.
Et Kent Hughes le sait.
Le DG du Canadien ne sacrifiera pas Reinbacher, Hage ou Engström. Mais si Crosby impose Montréal comme destination, le prix à payer sera modeste. Beck, Roy, un ou deux choix, un choix de 1ère ronde protégé? D'autres éléments?
Et soudain, le rêve devient réaliste.
Pour Pittsburgh, c’est un choc émotionnel.
Pour Montréal, c’est une fenêtre d’espoir.
Si cela arrive, l’histoire retiendra que le plus grand échec de Mario Lemieux aura été la plus grande chance du Canadien.
Car dans le chaos de 2025, le roi de Pittsburgh est tombé. Et Montréal se prépare à accueillir... son prince...