Choix de première ronde gâché: Gleb Pugachyov sort de son silence

Choix de première ronde gâché: Gleb Pugachyov sort de son silence

David Garel
Le 2026-09-17

Gleb Pugachyov fait parler de lui pour toutes les mauvaises raisons depuis le début de la saison. Le choix de premier tour du Canadien, sélectionné au 26e rang en juin, n’a encore rien cassé en Russie. Il a même donné l’impression d’être désintéressé et en manque de rythme, avant de se blesser dès son premier match de la saison dans la MHL.

Et maintenant, il sort du silence.

Dans une entrevue accordée à Daria Tuboltseva, de RG Media, Pugachyov a répondu aux questions sur son été, sa transformation physique, son début de saison difficile, sa commotion cérébrale et son objectif de retourner rapidement avec le Torpedo de Nijni Novgorod dans la KHL.

Et surtout, il refuse de laisser entendre que les 33 livres qu’il a ajoutées à son physique sont responsables de ses difficultés.

Pugachyov pesait environ 187 livres il y a un an. Il est maintenant autour de 220 livres selon son entrevue avec Tuboltseva.

Le Canadien le répertoriait déjà à 224 livres au moment de son repêchage, alors que le reportage de RG Media parle plutôt d’environ 220 livres actuellement. Peu importe le chiffre exact, le changement physique est énorme.

Et c’est précisément ce qui avait commencé à inquiéter certains recruteurs.

Pugachyov est un gros ailier de 6 pieds 3 pouces, mais il a décidé de transformer complètement son corps pendant la dernière année.

Après deux semaines de repos à la fin de la saison, il a recommencé à s’entraîner, puis il a travaillé pendant environ un mois après le repêchage, particulièrement dans le gymnase. Il affirme avoir ajouté entre 9 et 11 livres simplement pendant l’été.

Son explication est simple.

« J’ai pris de la masse et amélioré ma condition physique. Il y a un an, je pesais seulement 187 livres, donc ça fait 33 livres en un an. Je me sens bien. »

Pugachyov ne regrette pas son choix.

Il avait d’ailleurs déjà expliqué que les joueurs plus imposants doivent travailler particulièrement fort leur coup de patin, leur mobilité et leur coordination. Mais aujourd’hui, il ne croit pas que les kilos supplémentaires le ralentissent.

« Je pense qu’il y a une différence, mais c’est plus facile pour moi comme ça. »

Sur la glace, certains avaient justement l’impression de voir un joueur plus lourd, moins explosif et moins impliqué. Les critiques ont rapidement commencé à parler de sa condition physique, de son langage corporel et de son manque apparent d’intérêt.

Pugachyov, lui, présente une tout autre réalité.

Il explique même qu’il peut perdre jusqu’à neuf livres pendant un seul match simplement à cause de la perte de liquide.

« Parfois, je perds environ neuf livres pendant un match. Je perds beaucoup d’eau. Ensuite, je les reprends. »

Il dit compenser ces pertes avec des boissons sportives et des suppléments qui lui sont prescrits.

Et il assure que l’entraînement constant ne constitue pas une charge mentale pour lui.

« J’ai toujours aimé m’entraîner. Parfois, mon corps et ma tête sont fatigués et ont besoin de décrocher. Mais une seule journée de repos me suffit. Dès le deuxième jour, je ne sais déjà plus quoi faire sans hockey. Et l’été, c’est agréable de combiner l’entraînement avec des soirées entre amis. »

Ce discours-là contraste évidemment avec l’image qui commençait à se développer autour de lui à Montréal.

Parce qu’on parle quand même d’un joueur repêché au premier tour par le Canadien, un joueur qui avait été sélectionné pour son mélange de taille, de puissance et d’habiletés offensives. Montréal avait même monté de deux positions au premier tour pour aller le chercher au 26e rang.

Le principal intéressé avait même affirmé que s'il se battait contre Tom Wilson, il le détruirait. Les fans du CH ont commencé à s'exciter après cette déclaration arrogante.

Mais son début de saison russe n’a rien eu d’un conte de fées.

Pugachyov a passé la préparation avec le Torpedo dans la KHL, avant d’être envoyé dans la MHL avec le Chaika. Et il affirme ne pas avoir été déçu de cette décision.

« Honnêtement, je n’étais pas fâché. Si on te renvoie dans une ligue inférieure, ça veut dire que tu dois ajouter quelque chose, travailler sur quelque chose. Ici, j’ai beaucoup de temps de glace, je peux en faire davantage et montrer ce que je suis capable de faire. »

Il s’agit déjà de sa troisième saison dans la MHL. Il affirme que son expérience lui permet maintenant de jouer avec davantage de confiance, autant sur la glace que dans le vestiaire.

« C’est déjà beaucoup plus facile. Tu joues différents rôles, tu fais différentes choses. »

Mais son objectif demeure très clair : retourner dans la KHL et gagner sa place avec le Torpedo.

« Je sais moi-même que je peux jouer calmement au niveau de la KHL, rien ne m’en empêche. Je dois simplement travailler. »

Et puis est arrivée la commotion.

Le 7 septembre, lors de son premier match de la saison avec le Chaika contre l’Irbis, Pugachyov a été lourdement frappé par-derrière alors qu’il bataillait pour une rondelle. Ses genoux étaient fléchis au moment de l’impact et il est tombé tête première dans la bande. Il est resté étendu quelques instants, mais a tout de même tenté de terminer la rencontre.

Dans son entrevue avec Tuboltseva, il raconte lui-même ce qui s’est passé.

« J’allais en zone offensive, ça s’est transformé en mauvais jeu. Je ne sais pas si c’était une mise en échec sale ou non, mais il y a eu une pénalité. Je me suis blessé, maintenant je récupère. Je voulais me prouver, mais j’étais déjà dans le brouillard. J’ai quand même essayé de terminer le match. »

Il s’agissait, selon lui, de sa première commotion cérébrale.

Et maintenant, il doit respecter le protocole.

Le Torpedo a confirmé qu’il était de retour dans l’entourage de l’organisation et qu’il était protégé pendant sa récupération. Aucun échéancier précis n’a été donné. Pugachyov a toutefois indiqué à Tuboltseva qu’il recommençait doucement à travailler au gymnase et qu’il s’attendait à avoir besoin d’au moins une semaine supplémentaire de récupération au moment de l’entrevue.

« Je veux évidemment jouer, c’est le début de la saison, l’an dernier aussi je me suis blessé, et maintenant encore. Mais c’est normal, c’est le chemin. Il faut passer à travers. »

Il faut également rappeler qu’il devait initialement venir à Montréal pour le camp de développement du Canadien, mais que son voyage ne s’est jamais concrétisé pour une raison administrative.

« Le visa a été approuvé, mais ils n’ont pas réussi à l’apposer dans le passeport à temps. Maintenant, je l’ai déjà, donc tout va bien. »

Malgré son absence à Montréal, Pugachyov affirme être demeuré en contact avec l’organisation, notamment avec Nikolai Bobrov, directeur du dépistage amateur du Canadien.

« Je suis toujours en contact avec Bobrov, donc tout va bien. »

Il a également constaté rapidement l’attention qui accompagne le fait d’être repêché par Montréal.

« À Montréal, les partisans sont très bruyants, comme je l’ai déjà remarqué, et les médias sont très présents. Ils me surveillent. Le club s’intéresse aussi à moi. »

Et contrairement à ce que certains pourraient croire, il suit attentivement la progression du Canadien depuis la Russie.

Son enthousiasme est même assez impressionnant.

« C’est une équipe très jeune, cool et intense. La dernière saison a montré qu’elle atteignait un niveau élevé. Il y a beaucoup de talent. Je pense qu’au cours des cinq prochaines années, ils vont certainement gagner la Coupe. J’en suis convaincu. »

Pugachyov aime particulièrement regarder Juraj Slafkovský.

Et sa raison est assez révélatrice de ce qu’il veut devenir.

« J’aime Slafkovský : il est gros, fort et talentueux, comme moi. J’aime aussi Nichushkin et Rantanen. »

Voilà donc le vrai dossier Pugachyov. On le traite déjà de flop et le pauvre doit déjà faire une sortie publique pour jurer qu'il est le futur Tom Wilson du CH.

Il reste maintenant à le prouver.

Parce que le choix de premier tour du Canadien ne peut pas seulement être un monstre physique de 6 pieds 3 pouces. Il doit devenir un joueur capable d’utiliser cette masse sans perdre la vitesse, la mobilité et l’intensité qui avaient justement séduit Montréal au moment du repêchage.

La Centrale de recrutement le décrivait comme un gros ailier capable de protéger la rondelle, de gagner des batailles, de créer de l’offensive et de patiner efficacement à haute vitesse.

Aujourd'hui, on dirait un gars de 4e trio en méforme physique.

À lui de se réveiller.